Ce n’est pas une simple liquidation judiciaire. C’est un renoncement collectif, une trahison des plus fragiles et un échec politique dont les élus locaux, et tout particulièrement les conseillers généraux de Saint-André, portent une lourde responsabilité. (Photo d'ilustration Richard Bouhet / www.imazpress.com)
Le tribunal de Saint-Denis a prononcé, le 13 juillet 2026, la liquidation judiciaire de Soliha Réunion, acteur historique et unique opérateur de référence en matière d’amélioration de l’habitat pour les ménages réunionnais les plus démunis. L’association fermera définitivement ses portes le 23 juillet. Dix-huit salariés sont concernés, des centaines de familles accompagnées se retrouvent sans soutien technique ou financier, et des artisans locaux voient leurs activités fortement impactées.
- L'amélioration de l'habitat : un enjeu majeur de solidarité -
Dans un territoire où 24.000 habitations sont précaires ou insalubres, où des familles vivent dans des logements dégradés, Soliha était bien plus qu’une association. Elle jouait un rôle essentiel auprès de ménages modestes ne pouvant prétendre aux grandes opérations de construction neuve.
La disparition de Soliha signifie que :
• Les travaux de lutte contre l’habitat indigne (toitures, électricité, plomberie…) ne seront plus subventionnés ni accompagnés pour les familles aux revenus les plus faibles.
• L’adaptation des logements aux personnes âgées et en situation de handicap est brutalement interrompue.
• La rénovation énergétique, pourtant essentielle pour lutter contre la précarité énergétique, se retrouve sans opérateur de référence sur le terrain.
- Une situation qui appelle des réponses rapides -
À Saint-André, dans certaines résidences, les locataires dénoncent des logements dégradés (infiltrations, moisissures, murs fissurés). Soliha intervenait pour réaliser des diagnostics et accompagner les projets de réhabilitation. Sa disparition laisse aujourd'hui de nombreuses familles dans l'incertitude. Cette situation appelle une mobilisation de l'ensemble des acteurs concernés, notamment des conseillers départementaux de Saint-André.
- Nos propositions -
Face à ce scandale, cette catastrophe humaine et politique, nous demandons :
1. Un plan de reclassement immédiat pour les 18 salariés de Soliha et la reprise de leurs compétences par un nouvel opérateur public ou associatif.
2. Le déblocage en urgence de 10 millions d’euros dédiés à l’amélioration de l’habitat afin de financer les dossiers en attente et soutenir l’activité des artisans réunionnais.
3. L'élaboration d'un plan global en faveur du logement à La Réunion intégrant la lutte contre l'habitat insalubre et la réhabilitation des logements dégradés.
4. La création d'une cellule départementale de lutte contre l'habitat indigne dotée de moyens renforcés.
5. La généralisation des diagnostics de performance énergétique accompagnée d'un soutien aux ménages les plus modestes.
- Faire du logement une priorité durable -
Le logement est un enjeu majeur de santé publique, de dignité et de cohésion sociale. Les Réunionnaises et les Réunionnais les plus fragiles doivent pouvoir bénéficier d'un accompagnement adapté.
Dans les prochains mois, DLR présentera de nouvelles propositions sur la politique du logement à La Réunion. Les ateliers de réflexion qui seront engagés dès le mois de septembre permettront de formuler des propositions concrètes pour répondre durablement aux défis de l'habitat sur notre territoire.
