L’Union des Femmes Réunionnaises salue avec gravité et détermination l’adoption à l’unanimité, par l’Assemblée nationale, de la proposition de loi, portée par la députée Karine Lebon que nous félicitons pour son courage et sa détermination, de réparation en faveur des femmes et des hommes connus sous le nom d’"enfants de la Creuse". (Photo sly/www.imazpress.com)
Ce vote unanime est l’aboutissement d’un long combat politique, associatif et mémoriel mené pendant plus d’un demi-siècle par l’Union des Femmes Réunionnaises. Notre organisation a été parmi les toutes premières à dénoncer publiquement cette politique d’arrachement, à soutenir les familles, à porter la parole des victimes et à exiger vérité et reconnaissance face au déni de l’État.
Par cette loi, la représentation nationale reconnaît enfin la responsabilité de l’État français dans une politique de déplacement forcé, de violences institutionnelles et de négation des droits fondamentaux qui a marqué durablement des milliers d’enfants réunionnais et leurs familles. Il s’agit d’une avancée majeure dans la reconnaissance d’un crime d’État longtemps nié, minimisé ou relégué au silence.
L’Union des Femmes Réunionnaises rappelle que derrière les chiffres, il y a des vies brisées : des enfances volées, des liens familiaux détruits, des identités niées. Beaucoup de ces enfants ont été exposées à des formes spécifiques de violences, d’exploitation et d’invisibilisation, dont les conséquences se font encore sentir aujourd’hui.
Cette loi de réparation n’efface ni la souffrance ni les décennies de silence imposé. Mais elle marque un tournant historique. Elle confirme la justesse d’un combat mené avec constance, souvent dans l’indifférence ou l’hostilité, et affirme que la République ne peut se construire sur l’oubli ni sur l’impunité.
L’Union des Femmes Réunionnaises restera pleinement mobilisée pour que cette loi soit effectivement appliquée, que les réparations soient à la hauteur du préjudice subi, et que la transmission de cette histoire soit assurée, notamment auprès des jeunes générations. En effet comment notre peuple dont l’humanité a été blessée par l’esclavage, l’engagisme, la déportation d’êtres humains, d’enfants, peut-il avancer vers une domounité reconnue à chacune et chacun de ses habitants si son Histoire n’est pas dite !
La justice mémorielle est une condition indispensable à la dignité des peuples et à l’égalité réelle. Après des années de lutte, la voix des "enfants de la Creuse" a enfin été entendue. Elle doit désormais être pleinement respectée.
