La décision du maire de Sainte-Suzanne validée par la direction du PCR de soutenir aux prochaines municipales un candidat extérieur aux rangs du Parti, ancien adversaire politique et cumulant plusieurs mandats - au détriment d’un communiste, constitue une profonde rupture avec les principes qui ont fondé le PCR.
Ce choix - qui tranche avec le cas de Jean-Yves Langenier au Port dont nous saluons le courage et la détermination - a suscité incompréhension, désarroi et colère à Sainte-Suzanne comme dans l’ensemble de l’ile, particulièrement au sein des militants et sympathisants du Parti.
Une réaction tout à fait légitime d’autant que Sainte-Suzanne est aujourd’hui la seule commune encore dirigée par le PCR, héritée d’une longue histoire de luttes et de résistances politiques. Les interventions de plusieurs de nos camarades pour alerter sur les conséquences de ce choix sont restées vaines.
Ce bouleversement est lourd de conséquences. Le Parti « historique » fondé par Paul Vergès en paie le prix fort. Des propos excessifs circulent, les dirigeants du Parti sont traités de « vendus ». Les militants sont injustement et sévèrement mis en cause et salis, alors qu’ils n’ont été ni consultés, ni associés à la réflexion et qu’ils en sont les premières victimes. Cela est inacceptable. Fidèles à l’engagement de Lucet Langenier, à la mémoire de Paul Vergès, et à celles et ceux Section de Saint-André qui ont fondé le PCR, nous exprimons et assumons notre profond désaccord avec cette orientation politique, cet effacement au profit d’une force hégémonique, signe annonciateur de la disparition du Parti. Si on voulait saborder le PCR, on ne s’y prendrait pas autrement.
L’effacement, l’asservissement, le reniement s’opposent aux principes moraux fondateurs du Parti de Paul Vergès, symbole de la résistance.
L’histoire nous enseigne que de 1959 à 1971, le PCR fut privé de toute mairie en raison de l’anticommunisme, de la répression et de la fraude institutionnalisée, des militants-es se sont battus-es inlassablement, parfois aux prix de de leur vie, ce qui a permis à notre Parti de rester debout, et aussi parce qu’il plaçait l’intérêt du peuple au- dessus de toute considération. Renier ce passé, est indigne d’un militant communiste, aurait dit Paul Vergès.
Cette analyse n’est ni une posture, ni une provocation. Elle se veut, sans prétention aucune, être tout simplement une alerte.
Jacky The-Seng et Paul Dennemont - Section PCR de Saint-André -
Membres de Comité Central
