Tribune libre du collectif des professeurs déchirés

Mutation des enseignants, des CPE : La Réunion doit être entendue au même titre que la Guyane

  • Publié le 22 mai 2026 à 15:22
  • Actualisé le 22 mai 2026 à 15:25
La Région poursuit son combat pour les enseignants réunionnais

Ce vendredi 22 mai 2026, nous prenons acte de la décision prise en Guyane, permettant aux enseignants et CPE nouvellement titularisés puis affectés contre leur gré dans l’Hexagone de rester finalement sur leur territoire. Nous saluons cette décision qui constitue une avancée majeure, obtenue grâce à la mobilisation collective forte et "au travail mené en partenariat avec le recteur", selon les précisions apportées par le représentant syndical des enseignants guyanais.

Nous, enseignantes et enseignants, CPE de la Réunion exigeons qu’une égalité de traitement soit apportée au territoire et au corps des enseignants réunionnais.

Chaque année, des centaines d’enseignantes et d’enseignants réunionnais, des CPE sont contraints de quitter leur île pour exercer en Hexagone, parfois pendant de très longues années, malgré l’existence de besoins dans l’académie de La Réunion. Cette situation provoque des séparations familiales douloureuses, fragilise les parcours professionnels et alimente un profond sentiment d’injustice et d’abandon.

Une situation intenable que nous dénonçons chaque année et pour laquelle nous nous sommes mobilisés une fois encore en ce début du mois de mai.

Alors même que notre territoire connaît des mutations démographiques importantes, il est indispensable de mettre en œuvre une politique de ressources humaines adaptée aux réalités réunionnaises, conformément aux principes d’égalité réelle entre les territoires ultramarins et l’Hexagone.

Le collectif rappelle ses revendications principales :

- la transparence totale sur les critères d’affectation et les postes vacants ;
- une révision équitable des modalités de mutation ;
- une reconnaissance renforcée des centres d’intérêts matériels et moraux (CIMM) ;
- la création d’un véritable dispositif prioritaire de retour et de maintien des enseignants réunionnais sur leur territoire ;
- l’ouverture immédiate d’une concertation entre le rectorat, les représentants syndicaux, les collectifs d’enseignants et les élus locaux.

Nous refusons que les enseignants et les CPE réunionnais soient condamnés à l’exil administratif alors que des solutions existent et que des décisions concrètes viennent d’être prises dans un autre territoire ultramarin.

Ce qui est possible pour la Guyane doit désormais l’être pour La Réunion. Nous appelons l’Etat à faire preuve d’écoute, d’équité et de bon sens. Il ne peut y avoir de deux poids, deux mesures pour ces deux territoires ultramarins que ce sont la Guyane et La Réunion.

Nous appelons les pouvoirs publics, le rectorat de La Réunion et le ministère de l’Éducation nationale à engager sans délai des mesures concrètes permettant aux enseignants réunionnais affectés hors département de pouvoir enseigner, vivre et construire leur avenir sur leur territoire.

Parce qu’aucun enseignant, aucun CPE ne devrait avoir à choisir entre servir la République ou vivre auprès de sa famille.

Le collectif des professeurs déchirés

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