Le PLR dénonce avec la plus grande fermeté la décision de supprimer 90 postes d’enseignants à La Réunion, dont 25 dans les écoles primaires et 65 dans les collèges et lycées (Photo : rb/www.imazpress.com)
Cette annonce est inacceptable. Elle intervient alors que notre territoire est marqué par de fortes inégalités sociales, un taux de pauvreté élevé, des classes surchargées et des besoins éducatifs spécifiques. Supprimer des postes ici, c’est aggraver les fractures existantes et condamner des milliers d’élèves à des conditions d’apprentissage dégradées.
Alors que La Réunion est l’un des territoires les plus jeunes de France, ce choix budgétaire traduit un mépris profond pour notre jeunesse et pour celles et ceux qui la forment.
Or les chiffres révèlent une réalité éducative préoccupante. Notre académie enregistre un taux de réussite au baccalauréat de l’ordre de 89,9 % en 2025, soit inférieur d’environ 1,9 point à la moyenne nationale (≈ 91,8 %). Par ailleurs, le taux de réussite au Diplôme National du Brevet est d’environ 83 – 86 %, ce qui reste fragile face aux enjeux scolaires locaux.
Ces résultats se déroulent dans un contexte socio-économique difficile : près de 4 Réunionnais sur 10 vivent sous le seuil de pauvreté, un niveau plus du double de la France hexagonale, et plus de la moitié des élèves sont scolarisés en réseaux d’éducation prioritaire (REP/REP+), où les défis d’apprentissage sont accrus. Ces données confirment que la réussite scolaire à La Réunion est encore pénalisée par des conditions sociales défavorables et des moyens éducatifs insuffisants.
Le décrochage scolaire et l’absence de qualification des jeunes à La Réunion constituent un défi majeur pour notre société. Selon une étude de l’Insee, 3.100 jeunes sont déscolarisés avant 18 ans, et 14.800 jeunes de 18 à 20 ans ont quitté le système scolaire tôt, souvent sans diplôme, dans un contexte où seuls 70 % poursuivent des études à 18 ans, contre 83 % en France hexagonale. Parmi ces jeunes sortis précocement, trois quarts sont sans emploi, traduisant de graves difficultés d’insertion professionnelle après la sortie de l’école.
De manière plus large, plus d’un jeune Réunionnais sur quatre (≈ 25 %) âgé de 20 à 24 ans est sorti du système scolaire sans qualification, soit un taux nettement plus élevé qu’en France hexagonale. Cette accumulation de sorties précoces sans diplôme alimente un phénomène social préoccupant : près d’un quart des jeunes de 15 à 29 ans sont ni en emploi, ni en formation, ni en études (NEET), et 40 % des NEET n’ont aucun diplôme qualifiant, réduisant fortement leurs chances de trouver un emploi stable et de devenir autonomes. L’illettrisme reste massivement présent à La Réunion, renforçant les inégalités éducatives et sociales. Selon les données de l’Insee, 12 % des Réunionnais âgés de 18 à 64 ans sont en situation d’illettrisme — soit trois fois plus qu’en France hexagonale (≈ 4 %), ce qui signifie des difficultés fortes en lecture, écriture et compréhension de textes simples.
L’éducation ne peut pas être la variable d’ajustement des politiques d’austérité.
Le PLR exige :
• le maintien intégral des 90 postes d’enseignants menacés,
• une dotation éducative adaptée aux réalités démographiques et sociales de La Réunion,
• un plan ambitieux de renforcement du service public d’éducation dans l’île.
Investir dans l’école, c’est investir dans l’avenir de La Réunion.
Nous appelons les personnels éducatifs, les parents d’élèves et l’ensemble de la population à se mobiliser pour défendre une école publique, égalitaire et émancipatrice.
La jeunesse réunionnaise mérite plus que des coupes budgétaires. Elle mérite des moyens, du respect et de l’avenir.
Pour La Réunion
