Tribune libre Solidarité Chagos

Pas de répit pour les Chagossiens

  • Publié le 15 avril 2026 à 17:01
  • Actualisé le 15 avril 2026 à 17:04
Chagos

Après plus de cinquante ans de lutte, à la suite de leur expulsion illégale de leur pays, les Chagossiens ont obtenu une victoire historique en 2019 devant la Cour internationale de Justice de La Haye. Dans un avis clair, la Cour a ordonné au Royaume-Uni de mettre fin à son administration de l’archipel des Chagos et de restituer ces territoires à la Maurice dans les plus brefs délais. Pourtant, sept ans plus tard, cette décision n’est toujours pas appliquée.

Longtemps, le gouvernement britannique a fait la sourde oreille. Puis, en 2022, dans un contexte international marqué par la guerre en Ukraine et les accusations portées contre la Russie de violation du droit international, le Royaume-Uni s’est retrouvé face à ses propres contradictions. Comment dénoncer la colonisation tout en la pratiquant ?
 
Un accord de principe a alors été annoncé entre Londres et Port-Louis en vue de la restitution des îles Chagos.
 
Mais si le gouvernement mauricien a rapidement affiché sa volonté d’avancer, le gouvernement britannique, lui, n’a cessé de repousser l’échéance, tout en multipliant les déclarations d’intention sans effets concrets.
 
Aujourd’hui, un nouveau blocage est annoncé. Le prétexte avancé : l’absence de soutien des États-Unis. Pourtant, ce soutien n’a jamais été constant dans ce dossier, y compris sous la présidence de Donald Trump, dont les positions ont oscillé au gré des intérêts stratégiques.
 
Que se passe-t-il réellement ? Les tensions internationales, notamment autour de l’Iran et du détroit d’Ormuz, servent-elles aujourd’hui de justification à un nouveau recul ?
 
Une chose est certaine : derrière les discours sur la démocratie et le droit international, certaines grandes puissances continuent d’agir selon une logique de domination, de contrôle stratégique et d’intérêts économiques.
 
Le peuple chagossien, lui, attend toujours justice.
 
Face à cela, notre responsabilité est claire. Nous ne pouvons pas rester silencieux. Nous devons continuer à informer, à mobiliser, à dénoncer ces injustices. Soutenir le droit au retour des Chagossiens, c’est défendre le respect du droit international, mais aussi une certaine idée de l’humanité, fondée sur la dignité, la justice et la paix.
 
Car tant que les Chagossiens ne seront pas revenus sur leur terre, le combat ne sera pas terminé.
 

 

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