Ce mardi 5 mai 2026, lors d'une réunion convoquée en préfecture de La Réunion, les maires de l'ile ont appris, sans concertation préalable et sans aucun document préparatoire, la réduction massive du dispositif des Parcours Emploi Compétences (PEC) pour 2026. Pour la Ville de Saint-Leu, c'est une quasi-suppression desdits contrats PEC. Cette annonce, faite après le vote du budget communal 2026, constitue un choc majeur pour les services publics, les écoles et les familles réunionnaises (Photo d'illustration www.imazpress.com)
- Ce que l'État a annoncé -
Le dispositit des Parcours Emploi Compétences (PEC) constitue, pour les communes réunionnaises, le principal levier d'insertion professionnelle des personnes éloignées de T'emploi. Il assure, dans le même temps, le fonctionnement indispensable de nombreux services communaux de proximité : accompagnement scolaire, entretien des espaces publics, restauration scolaire, accueil du public.
Pour l'ensemble du territoire réunionnais, l'enveloppe 2026 serait ramenée de 10.000 contrats en 2025 à 4 000 en 2026. La prise en charge de l'État passerait de 50 % du SMIC horaire brut sur 10 mois à 40 % sur 6 mois seulement.
Sur les 4.000 contrats, les communes se verraient attribuer 8oo PEC au total. Cette annonce a été faite postérieurement au vote du budget communal 2026, rendant insincère, au sens organique du terme, le document budgétaire adopté par le Conseil municipal, qui avait intégré une enveloppe de PEC conforme aux années précédentes.
"On ne peut pas demander aux communes d'être en première ligne face aux urgences sociales, scolaires et territoriales, puis leur retirer brutalement les moyens d'agir. Cette méthode est inacceptable. Elle place les maires devant le fait accompli et les communes dans une impasse budgétaire et humaine" Karim, Juhoor
- Des conséquences directes sur les services publics et la rentrée scolaire -
Les contrats PEC ne sont pas une variable d'ajustement comptable. Ce sont des dispositifs d'insertion professionnelle qui permettent à des femmes et des hommes éloignés de l'emploi de retrouver une activité, un cadre, une formation et une perspective d'avenir.
Ils contribuent également, très concrètement, au fonctionnement quotidien des communes.
À Saint-Leu, comme dans toutes les communes réunionnaises, les agents en contrats PEC assurent des missions essentielles: accompagnement des élèves dans les écoles maternelles et élémentaires, entretien des espaces publics, restauration scolaire, accueil du public et services de proximité aux familles.
Cette décision intervient à moins de cinq mois de la rentrée scolaire 2026.
Les budgets communaux ont été préparés et votés sans connaissance de cette réduction. Elle remet en cause les équilibres financiers construits par les collectivités et fait peser une contrainte insupportable sur la continuité du service public local.
Des centaines de familles réunionnaises, déjà fragilisées, en subiront directement les conséquences.
"La Réunion ne peut pas être traitée comme une ligne budgétaire secondaire. Nos communes font face à des réalités sociales, éducatives et territoriales spécifiques. Les maires ne demandent pas un privilège : ils demandent le respect, la concertation et les moyens minimaux pour faire fonctionner les services publics essentiels" Karim Juhoor, maire de Saint-Leu
- Appel à la mobilisation : cinq exigences immédiates -
Karim Juhoor appelle à une mobilisation collective, immédiate et unitaire de l'ensemble des maires de La Réunion, au-delà de toute appartenance politique, et formule les cinq exigences suivantes :
1. La suspension immédiate de la décision de réduction des contrats PEC pour 2026 ;
2. La réunion d'urgence, sans délai, entre l'Etat, l'Association des maires de La Réunion, les parlementaires réunionnais, le Département, la Région, France Travail et les services concernés;
3. La notification officielle et transparente, commune par commune, des critères de répartition retenus par l'Etat;
4. La mise en place d'une période de transition permettant de sécuriser la prochaine rentrée scolaire dans des conditions dignes et anticipées ;
5. Le maintien d'un volume de contrats PEC compatible avec les besoins réels des communes réunionnaises.
Le Maire de Saint-Leu demande également que cette situation soit portée sans délai au plus haut niveau de l'État : Présidence de la République, Premier ministre, ministères des Outre-mer, du Travail, des Collectivités territoriales et du Budget.
La Ville de Saint-Leu se tient prête à engager, avec l'ensemble des communes concernées, toutes les démarches institutionnelles et politiques nécessaires pour obtenir le réexamen de cette décision.
- Cadre légal et réglementaire -
Les Parcours Emploi Compétences (PEC), régis par l'article L. 5134-19-1 du Code du travail, constituent le principal dispositif d'insertion professionnelle des personnes rencontrant des difficultés particulières d'accès à l'emploi. Ils s'inscrivent dans le cadre du Contrat Unique d'Insertion (CUI-CAE) et sont cofinancés par l'Etat, France Travail et les collectivités territoriales employeuses.
En 2025, la préfecture de La Réunion avait notifié une enveloppe de 10 000 PEC sur le territoire insulaire, avec une prise en charge de 50 % du SMIC horaire brut sur 10 mois.
L'annonce de 2026 représente une rupture de continuité sans précédent depuis la création du dispositif, affectant en priorité les territoires ultramarins déjà confrontés à des taux de chômage structurellement élevés.
Pour Saint-Leu, comme pour toutes les communes réunionnaises, l'enjeu est clair : défendre l'emploi, protéger les services publies de proximité et garantir une rentrée scolaire dans des conditions dignes, responsables et anticipées.
