La préfecture annonce une baisse drastique des PEC, 4.000 contrats prévus pour 2026, les maires sont en colère, le préfet s'agace

  • Publié le 5 mai 2026 à 16:02
  • Actualisé le 5 mai 2026 à 16:36
emplois verts

(Actualisé) Mauvaise surprise et mauvaise nouvelle pour les maires, invités ce mardi 5 mai 2026 en journée d’accueil à la préfecture. Le préfet Patrice Latron leur a annoncé une baisse drastique des contrats PEC (Parcours emploi compétences). 4.000 PEC sont prévus pour l'année 2026, dont 800 pour les communes, avec une prise en charge de l'Etat à hauteur de 40% du SMIC et pour une durée de six mois. Le chiffre était de 10.000 en 2025, avec un taux d’aide de l’État à hauteur de 50% et sur une durée de 10 mois, L'information, donné à Imaz Presse en cours de réunion, a soulevé l'indignation de la majorité des maires présents. Dans l'après-midi, des élus ont annoncé, "une grande mobilisation le 20 mai" contre cette baisse (Photo d'illustration Richard Bouhet/www.imazpress.com)

"C'est une catastrophe, une politique d'échec décidée par l'Etat", s'exclame auprès d'Imaz Press l'un des maires présent à la rencontre.

"Certaines communes vont devoir augmenter les impôts, cela aura des effets dévastateurs dans les foyers", se désole un autre élu.

L'explication du préfet disant que la restriction budgétaire a été décidée par le ministère des Finances, n'a absolument pas calmé la colère des maires.

"On va devoir diminuer les agents dans les écoles, diminuer l'entretien des espaces verts, c'est une vraie connerie", lance une maire.  

Selon nos informations, le préfet a semblé avoir été surpris et agacé par la position des maires. "Nous ne sommes pas là pour faire le procès de l'Etat", a martelé Patrice Latron. 

Alors que plusieurs maires lui faisaient remarquer que les contrats aidés sont aussi une manière d’aider les plus défavorisés en apportant un peu de mieux-être aux familles, le préfet a affirmé : “beaucoup de gens sont contre ces contrats aidés, ils s’en plaignent beaucoup, ils disent que c’est de l’assistanat“.

Surpris, des élus ont demandé au préfet d’où il tenait ces informations. Le représentant de l’État a répondu : “Je le vois tous les jours sur les réseaux sociaux.”

Cette matinée "d’accueil à la préfecture" a tourné au fiasco, alors que les élus ont refusé de participer à la photo de groupe qui était prévue à la fin de cette première réunion, et la quasi-totalité d'entre eux a refusé l'invitation à déjeuner de la préfecture.

- Une grande mobilisation le 20 mai contre la baisse des contrats aidés -

Une seconde réunion est prévue ce mardi après-midi, mais au mons huit maires n'y ont pas ne pas y assisté.

En lieu et place, ils se sont réuni pour décider d'un moyen d'action et de mobilisation contre cette baisse drastique. 

Ces élus ont ensuite tenu une conférence de presse dans le courant de l'après-midi. "On dit que les maires sont en colère, non nous sommes responsables et inquiets" a commenté Emmanuel Séraphin, maire de Saint-Paul et président du Terrioire de l'Ouest (T.O.).

"Le point crucial c'est l’éducation. Nos écoles concentrent le volet le plus important des PEC. C’est là où tout se cristallise dans l’ensemble des communes. Ce sont des contrats qui vont poser question demain" a t-t-ajouté.

"Il y a un état d’urgence, nous avons la volonté de mobiliser l’ensemble du monde éducatif, des collectivités. On ne peut pas accepter cette situation de fait. On lance une mobilisation pour le 20 mai avec l’ensemble des organisations qui gravitent autour de la questiona a aussi prévenu le maire saint-paulois.

- "Une décision dont les conséquences seront catastrophiques" -

Dans un courrier publié dans la foulée de cette rencontre, l'Association des maires de La Réunion détaille : "sur une enveloppe de 4000 contrats, soit un quart de la dotation nationale, 1700 sont attribués au Conseil Départemental, 250 sont consacrés à des emplois verts de la Région et 1000 au tissu associatif. Il reste donc seulement 800 contrats PEC pour les 24 communes et cinq intercommunalités de La Réunion. Des contrats de six mois, financés à seulement 40% par l’État".

Une décision "qui, dans un contexte budgétaire très contraint au plan national, s'impose aux maires de La Réunion sans aucune concertation", dénonce l'AMDR, par la voix de son président Serge Hoareau. "Une décision dont les conséquences seront catastrophiques. Les communes ayant déjà validé leur budget, nos marges de manœuvres sont nulles", ajoute-t-elle.

"D'abord pour les écoles municipales, puisque les contrats PEC sont essentiels dans l'accueil des enfants sur les temps périscolaires et pour la restauration scolaire. L'organisation de la rentrée 2026 semble d'ores et déjà compliquée, pour ne pas dire compromise. Idem en ce qui concerne l'entretien des espaces verts, enjeu crucial sur le plan environnemental comme sanitaire", détaille l'AMDR.

Cette décision "vient fragiliser un contexte social déjà vacillant et ébranlé par la flambée des prix du carburant", alerte-t-elle. "C'est un nouveau coup porté aux familles les plus fragiles ainsi qu'aux collectivités dans l’exercice de leur mission de service public."

L'AMDR assure entendre "défendre les communes et intercommunalités réunionnaises dans l'intérêt supérieur des Réunionnaises et des Réunionnais".

- Baisse drastique -

Le nombre de contrats PEC est en baisse constante ces dernières années. En 2025, l’enveloppe des PEC pour La Réunion, s’élevait en effet à 10.000 contrats avec un taux d’aide de l’État à hauteur de 50% du SMIC horaire brut et sur une durée de 10 mois et 21 heures par semaine. En 2024, 12.000 contrats avaient été accordés, avec une prise en charge de 60%, et une durée de contrat de 11 mois.

Cette baisse drastique n'est par ailleurs pas une suprise. La préfecture avait en effet annoncé le 24 mars 2025 qu'une baisse de participation à 43,3 % était prévue pour le reste de l'année 2025, et que la durée des contrats ne serait plus que de six mois.

Si l'Etat avait rétropédalé sur la question face à la levée de bouclier de l'ensemble des élus, et que l'arrêté préfectoral annonçant la baisse avait été abrogé, les autorités semblent désormais déterminées à bel et bien mettre en place cette mesure.

www.imazpress.com/[email protected]

guest
4 Commentaires
Didier
Didier
43 minutes

Voilà une indignation bien étonnante de la part de nos élus, de droite comme de gauche, qui ne voient aucun problème à ce que les fonds publics servent à arroser le patronat à fonds perdus (212 milliards par an au niveau national - loi d'exonération sociale pour le patronat d'Outre Mer) et à porter le budget de la programmation à plus de 430 milliards d'euros d'ici 2030 !

Avec tout ce fric, versé inutilement à des groupes d'intérêts privés n'ayant rien à voir avec l'intérêt général, combien de dizaines de milliers d'emplois en CDI et payés correctement n'aurait-on pas pu financer pour réduire le nombre de chômeurs, offrir une perspective de vie honorable à des dizaines de milliers de familles et soulager les difficultés à vivre des anciens, des personnes handicapées, des laissés pour compte de notre société ?

ZembroKaf
ZembroKaf
2 heures

les élections sont terminés .... les promesses "ti contrats" de la campagne vont faire grincer les dents !!!

HULK
HULK
3 heures

Les caisses sont vide, vous n'avez pas encore compris?.

Pom
Pom
3 heures

Pourquoi l'État paierait pour des emplois communaux ? Car c'est de cela qu'il s'agit. Trop facile ! dégraissez vos bureaux, baissez les effectifs de col blanc, baissez les indemnités des élus, et vous degagerez des moyens pour payer ces gens très utiles sur le terrain.