Tribune libre de Jean-Hugues Ratenon

Plan pauvreté : un plan bien pauvre, sans ambition

  • Publié le 19 septembre 2023 à 13:13
  • Actualisé le 19 septembre 2023 à 13:15

Le gouvernement reste dans sa logique de toujours faire des économies sur les plus modestes, sur les plus pauvres. Il n’y a rien dans ce « plan » qui démontre que le gouvernement prend bien la mesure de la gravité de la pauvreté, de la grande pauvreté dans le pays. (Photo photo Sly/www.imazpress.com)

Les chiffres sont connus : 11Millions de français (17% de la population) vivent dans la pauvreté.  L’inflation prend à la gorge les classes populaires et moyennes. 52% ne peuvent pas consommer 3 repas par jour de manière régulière, 53% disent s’être privés pour que leurs enfants mangent à leur faim. 45% assure s'être retrouvé dans l'incapacité, absolue ou partielle, de payer certains actes médicaux : +6 points par rapport à 2022.

Les personnes inscrites aux distributions des Restos du cœur ont bondi cette année de +20 % par rapport à 2022. Au premier trimestre 2023, +9 % de la fréquentation des associations, épiceries solidaires et CCAS fournis par les banques alimentaires.

Selon la Fondation Abbé Pierre, 4,15Millions de français sont mal ou non logées. 15Millions de personnes sont exposés à la crise du logement qui inclut des ménages vivant en situation de surpeuplement ou soumis à la précarité énergétique.

Face à ce tableau noir, de la souffrance des gens, le gouvernement comme à son habitude parle du sujet pour donner l’impression de s’en préoccuper mais aucun signal fort n’est envoyé.

Pire, la Première ministre refuse toute nouvelle revalorisation des minimas sociaux et n’envisage pas une revalorisation du smic. Des mesures minimalistes, hypocrites, déjà annoncées ou mises en œuvre qui ont fait preuve de leur inefficacité.

De plus, dans le même temps, derrière un objectif affiché de simplification de l’accès aux droits sociaux, le gouvernement en profite pour baisser les prestations sociales ! En témoigne le montant net social inauguré en juillet 2023, qui opère une baisse de la prime d’activité et du RSA pour les bénéficiaires.

Comment ne pas s’élever aussi contre le projet de loi appelé improprement « plein emploi », en cours de discussion actuellement en commission des affaires sociales à l’Assemblée Nationale, qui fait au final non pas la chasse à l’emploi mais la chasse aux demandeurs d’emploi !

Dans le contexte social que nous connaissons, comment ce gouvernement a le toupet de fliquer les bénéficiaires du RSA, eux et leur famille, et de leur imposer 15h de travail obligatoire sinon l’allocation sera supprimée ! un véritable scandale.  

Tout le monde le sait mais le gouvernement feint de l’ignorer, la situation dans les Outre-Mer est 2 à 5 fois plus grave que celle dans l’hexagone.

Taux de pauvreté, taux de chômage, manque de logements, l’accès aux soins, l’inflation… tous les voyants sont au rouge.

Les différents territoires ont besoin de mesures spécifiques adaptées et concrètes pour répondre à l’urgence sociale. Avec ce gouvernement, on est loin d’en prendre le chemin.  

Jean Hugues Ratenon, député de la Réunion

 

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