Notre collectif vous sollicite pour un point d'étape sur la mise en œuvre du Pacte linguistique signé en novembre 2023 et sur les engagements pris par chacun des signataires. (Photo photo RB/www.imazpress.com)
Cette démarche s'inscrit dans le prolongement de notre courrier de mars 2024, par lequel nous appelions de nos vœux "un travail collectif transparent et démocratique sur la structuration d'une politique linguistique ambitieuse et volontariste en faveur de notre créole réunionnais".
1. L'Institut public du créole réunionnais
Après bientôt trois ans de travail, nous souhaiterions que les finalités de l'Institut soient précisées, en particulier sur les points suivants :
• son statut, ainsi que les communes et/ou intercommunalités appelées à s'y associer ;
• les priorités de ses travaux : aménagement de la langue, statut et usage de la langue ;
• la place réservée aux acteurs du Collectif qui œuvrent directement dans le domaine linguistique.
2. Transparence du Pacte : fonctionnement, moyens financiers et durée
Nous vous demandons de bien vouloir :
• nous communiquer la composition du comité scientifique (20 membres), le nombre de réunions effectivement tenues (le Pacte en prévoit deux par an) et nous indiquer s'il est possible d'accéder aux comptes rendus de ses travaux ;
• nous informer de la tenue de la "journée du pacte linguistique ouverte au grand public", censée dresser le bilan des actions et ouvrir des perspectives, ou, à défaut, des raisons de sa non-tenue ;
• nous indiquer si les "conventions financières annuelles", qui doivent préciser l'apport de chaque signataire, ont bien été établies et si elles sont consultables ; dans la négative, nous souhaiterions également en être informés ;
• nous éclairer sur les perspectives de renouvellement du Pacte en novembre 2026, celui-ci ayant été signé en 2023 pour une durée de trois ans renouvelable.
3. La place des acteurs de terrain
Notre Collectif reste convaincu qu'une politique linguistique volontariste et pertinente ne pourra se construire qu'avec l'ensemble des acteurs, institutionnels ou non, et réitère sa volonté d'être associé aux travaux. Or, malgré les déclarations et après trois ans passés à interpeller et à rencontrer les uns et les autres, nous éprouvons un sentiment de mise à l'écart et constatons un manque de volonté politique de faire travailler ensemble les forces vives linguistiques de notre île.
4. Les engagements en faveur de l'école
Dans ces conditions, il nous est difficile de comprendre, près de trois ans après le vote par la Région de la motion de décembre 2023 "Pour une école en harmonie avec notre société" et indépendamment de la poursuite du chantier engagé pour la création d'un organe public dédié à la langue réunionnaise, que les engagements pris n'aient toujours pas été tenus. Il s'agit du "Grand plan d'information sur l'enseignement de la langue, de la culture réunionnaises et de l'Histoire de La Réunion", ainsi que de l'identification d'un poste de référent de la politique linguistique et d'un chargé de mission.
Enfin, pour permettre une structuration ambitieuse et harmonieuse de l'enseignement du créole à l'école à la Réunion, une Convention État-Région pour l'enseignement et le développement de la langue et de la culture réunionnaises apparaît plus qu'urgente.
Depuis les premières luttes culturelles et linguistiques nous restons mobilisés et à l’approche de la Journée Internationale du créole, nous souhaitons un positionnement clair concernant toutes ces interrogations.
Nous vous prions d'agréer, Mesdames, Messieurs, l'expression de nos salutations distinguées.
Èk tout nout réspé
Kolèktif 20 an kréol dann lékol, droi bann marmay Larényon
Collectif 20 ans de créole à l’école et Droits des enfants réunionnais
