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Propos sexistes en campagne électorale : l'UFR dénonce une violence politique inacceptable

  • Publié le 28 janvier 2026 à 11:28
  • Actualisé le 28 janvier 2026 à 11:34
Femme et violence

L’Union des Femmes Réunionnaises condamne avec la plus grande fermeté les propos d’une violence inouïe, sexistes, obscènes et attentatoires à la dignité des femmes, tenus publiquement dans le cadre de la campagne électorale des élections municipales à Saint-Pierre. (Photo photo RB/www.imazpress.com)

Qu’un militant politique se permette d’adresser à une femme, engagée en politique, une injure à caractère sexuel relève non seulement de l’indignité, mais aussi d’une violence symbolique grave. Ces paroles ne sont ni une "provocation", ni une "maladresse", ni une anecdote de campagne : elles constituent une agression verbale sexiste, visant à humilier, intimider et faire taire.

Recourir à l’insulte sexuelle et à la dégradation publique des femmes est une stratégie de domination bien connue. Elle participe d’une culture politique archaïque et profondément misogyne, qui cherche à disqualifier les femmes non pas sur leurs idées ou leurs projets, mais en les réduisant à des objets sexuels. Ces pratiques banalisent les violences sexistes, invisibilisent les compétences des femmes et installent un climat de peur et de mépris incompatible avec toute exigence démocratique.

La campagne électorale devrait être un temps de confrontation d’idées, de débats de fond et de respect des personnes. Elle ne peut en aucun cas servir de tribune à des discours qui portent atteinte à l’intégrité morale des femmes, qui les rabaissent et les exposent à la violence symbolique. Ceux qui tiennent de tels propos ne déshonorent pas leurs adversaires : ils se disqualifient eux-mêmes et contribuent à la déshumanisation du débat public.

Nous rappelons avec force que le sexisme constitue une discrimination sanctionnée par la loi, et que les injures publiques à caractère sexuel peuvent relever du droit pénal. Le contexte politique ne saurait offrir une quelconque immunité à la violence verbale.

Face à ces faits, l’Union des Femmes Réunionnaises appelle :
• à des excuses publiques immédiates et sans ambiguïté de la part de l’auteur des propos, ainsi qu’à une prise de position claire des responsables politiques concernés ;
• à la vigilance et à la responsabilité des partis politiques, des institutions et des médias, qui ne peuvent ni relativiser ni banaliser de tels agissements ;
• à une campagne électorale respectueuse, digne, inclusive et conforme aux principes d’égalité entre les femmes et les hommes.

À La Réunion comme ailleurs, la démocratie ne se construira jamais sur l’humiliation des femmes. L’UFR restera pleinement mobilisée pour dénoncer toute dérive sexiste, soutenir les femmes victimes de violences politiques et défendre leur place légitime dans l’espace public, citoyen et démocratique.

Le 28 janvier 2026.

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