L’adoption par l’Assemblée nationale de la mesure prévoyant la réclusion criminelle à perpétuité pour les auteurs des crimes les plus graves commis contre des enfants constitue une avancée importante (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Ce vote envoie un signal fort aux victimes, à leurs familles et à l’ensemble de la société : les violences sexuelles les plus graves commises contre les enfants ne peuvent plus être traitées comme des crimes ordinaires.
Nous nous réjouissons de cette première étape. Elle traduit une évolution attendue depuis longtemps par de nombreuses victimes, familles, associations et professionnels engagés dans la protection de l’enfance.
Pour autant, le parcours législatif n’est pas terminé. Le texte devra encore être examiné par le Sénat avant son adoption définitive. Nous appelons donc les sénateurs à confirmer cette avancée et à maintenir une réponse pénale à la hauteur de la gravité de ces crimes.
Cette mesure ne doit pas être opposée aux autres réformes indispensables. Les enfants victimes n’ont pas à choisir entre une justice plus ferme et davantage de moyens : ils ont besoin des deux.
Cette avancée doit s’accompagner d’un renforcement des moyens de la justice, des forces de l’ordre, des UAPED, de l’aide sociale à l’enfance, du repérage précoce, de la prévention, de l’accompagnement des victimes, du suivi socio-judiciaire des auteurs et du contrôle de l’honorabilité des personnes intervenant auprès des mineurs.
À l’heure où se prépare une loi intégrale de protection de l’enfance, nous espérons que cette dynamique se poursuivra afin de bâtir une politique globale, cohérente et ambitieuse, plaçant enfin les victimes au cœur des décisions.
Protéger les enfants, c’est prévenir les violences, mieux repérer les situations à risque, accompagner les victimes, mais aussi sanctionner avec la plus grande fermeté ceux qui détruisent leur vie.
Parce qu’une société qui protège réellement ses enfants est une société qui ne renonce ni à la prévention, ni à la justice.
