Tribune libre de la FSU

Saint-Joseph : sans restauration scolaire, le droit à l'éducation est gravement compromis

  • Publié le 2 juillet 2026 à 06:04
manif FSU

La décision du maire de Saint-Joseph de suspendre le service de restauration scolaire à compter du 2 juillet, en raison de la fin des contrats Parcours Emploi Compétences (PEC), place de nombreuses familles dans une situation impossible et remet en cause, dans les faits, la continuité du service public d'éducation (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Les écoles ne sont pas officiellement fermées. Pourtant, pour de nombreux parents qui travaillent, l'absence de restauration scolaire signifie qu'ils ne pourront pas laisser leurs enfants à l'école toute la journée. Cette décision aura donc pour conséquence directe d'empêcher de nombreux élèves de suivre normalement leur scolarité, y compris à la veille des vacances.

La FSU Territoriale 974 et la FSU-SNUipp 974 dénoncent une situation qui pénalise une nouvelle fois les usagers du service public et les personnels, alors même que les difficultés étaient connues de longue date.

Depuis plusieurs mois, les conséquences de la fin des contrats PEC étaient connues. L'État comme les collectivités avaient la responsabilité de prendre les mesures nécessaires afin d'éviter que les élèves, les familles et les personnels ne soient confrontés à une telle situation.

Force est de constater que cette anticipation n'a pas été au rendez-vous.

La restauration scolaire n'est pas un service secondaire. Elle constitue une composante essentielle du fonctionnement des écoles. Elle permet aux enfants de suivre une journée complète de classe, garantit l'égalité entre les élèves, favorise leur réussite scolaire et représente, pour certains d'entre eux, l'accès au seul repas équilibré de la journée. Cette situation met également en lumière les limites d'un modèle reposant depuis des années sur des emplois précaires pour assurer des missions permanentes. L'accueil des élèves, la restauration scolaire, l'entretien des locaux, l'accompagnement des enfants et l'hygiène des établissements doivent être assurés par des personnels qualifiés bénéficiant d'emplois pérennes.

La FSU rappelle que la précarité de l'emploi ne peut constituer une politique publique durable.

Le recours massif aux contrats aidés a longtemps masqué le manque d'emplois statutaires dans les collectivités. Aujourd'hui, ce sont les élèves, les familles et les personnels qui en subissent les conséquences.

Face à cette situation, la FSU demande :
- que toutes les solutions soient immédiatement recherchées afin d'assurer la restauration scolaire et la continuité du service public jusqu'à la fin de l'année scolaire ;
- que l'État assume pleinement ses responsabilités en donnant aux collectivités les moyens d'assurer leurs missions ;
- que les collectivités anticipent les conséquences des évolutions annoncées afin que les élèves et les familles ne soient plus les variables d'ajustement ;
- qu'un véritable plan de création d'emplois statutaires soit engagé pour répondre durablement aux besoins des écoles et des services publics locaux.

La FSU 974 restera pleinement mobilisée aux côtés des personnels, des parents d'élèves et de tous les acteurs de l'école publique afin que le droit à l'éducation, la continuité du service public et la qualité des conditions d'accueil des élèves soient pleinement garantis.

Le service public mérite mieux que des solutions d'urgence. Les élèves et les personnels ont besoin de moyens pérennes, de personnels formés et d'une véritable volonté politique.

Clémence BENARD/Béchir BEN HAMOUDA Christian PICARD
FSU974 SNUIPP Secrétaire Départemental FSU TERRITORIALE

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