Tribune libre de la CGTR

Au cœur de la fracture sociale

  • Publié le 20 mai 2026 à 10:13
  • Actualisé le 20 mai 2026 à 10:26
Saint-Pierre : la CGTR Finances publiques dénonce un service public "de moins en moins accessible"

AU CŒUR DE LA FRACTURE SOCIALE : DERRIÈRE LES CHIFFRES, IL Y A DES VIES ! Le préfet et le gouvernement se focalisent sur les «lignes budgétaires», les «pourcentages de cofinancement» ou la «DGF» (Dotation Globale de Fonctionnement) afin de déshumaniser l'impact de leur décision arbitraire. (Photo : Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)

Ils jonglent avec le sigle “PEC” (Parcours Emploi Compétence) comme on joue avec des pions et transforment vies de famille et services du quotidien en de simples variables d'ajustement dans un tableur Excel !

Pour les décideurs, débattre d’une «baisse d'enveloppe» évite de regarder en face la réalité de la misère qu’ils imposent ex abrupto à des femmes, des hommes, des enfants, des familles réunionnaises.

DES ACRONYMES AFIN DE MASQUER LA DÉTRESSE
Le langage comme bouclier politique : Pour les décideurs (qu'ils soient à la Préfecture ou dans les ministères à Paris), il est beaucoup plus facile de débattre de la «baisse d'une enveloppe de contrats», de «gestion rationnelle» que de regarder en face la réalité d'une mère célibataire à qui ils retirent son seul revenu du jour au lendemain. Les sigles administratifs permettent aux décideurs de prendre de la distance avec le coût humain et de s’en laver les mains.

Dans ce jeu d'échecs institutionnel entre l'État et les collectivités locales à La Réunion (bataille actuelle entre les maires et l'État), les Travailleuses et les Travailleurs deviennent les premières victimes d'un bras de fer de pouvoir.

DERRIÈRE L'ESTIMATION DES 6 000 SUPPRESSIONS : LA RÉALITÉ CRUE
Derrière la suppression des milliers de contrats cette année, il y a des êtres humains :

Une majorité de femmes et de seniors : ces contrats bénéficient à des femmes et des hommes les plus éloignés du marché du travail traditionnel, souvent des mères isolées ou aux plus de 50 ans qui trouvent là, leur unique filet de sécurité.
La précarité érigée en système : Un contrat PEC, c'est généralement 21 heures par semaine payées au SMIC à des personnes qui vivent déjà sous le seuil de pauvreté, qui doivent jongler avec des trajets complexe, la garde des enfants et la recherche d'autres petites activités pour boucler les fins de mois.
L'angoisse des fins de mois et du renouvellement : Le drame absolu de ce système est psychologique aussi. Les Travailleurs vivent dans une incertitude permanente, suspendus tous les 6 ou 12 mois au bon vouloir d'une signature en mairie ou d'une décision de la préfecture pour savoir s'ils pourront continuer à payer leur loyer et nourrir leurs enfants.
L'ASPHYXIE DES STRUCTURES BENEFICIAIRES
Les structures qui emploient les travailleurs sous contrats "aidés" font partie des piliers de la vie quotidienne à La Réunion et elles se retrouvent aujourd'hui prises au piège.

Les écoles publiques au cœur de la tourmente : Ce sont ces travailleurs précaires qui préparent les repas dans les cantines, surveillent les enfants pendant la pause déjeuner et nettoient les classes. Les éliminer, c'est dégrader directement le service public du aux enfants réunionnais.
Le tissu associatif fragilisé : Associations d'aide aux victimes de violences, clubs de sport, associations de quartier, structures d'aide aux personnes âgées, chantiers de nettoyage des sentiers de randonnée... Toutes ces structures fonctionnent grâce aux travailleurs sous contrats "aidés" ; sans êtres humains, la population risque d'être privée de lien social indispensable.
Ne parler que du “PEC”, c'est refuser de voir que ce système maintient des milliers de Réunionnaises et de Réunionnais dans la dépendance et la pauvreté, tout en asservissant les services publics et les associations qui ne pourraient pas fonctionner sans cette main d'œuvre "à bas coût" car l'État refuse de les financer dignement. C'est toute l'ambiguïté de la manifestation de ce 20 mai 2026 : se battre pour sauver un système imparfait, parce que l'alternative immédiate est la misère pour les Travailleuses, les Travailleurs, des enfants, des familles à La Réunion, DES ÊTRES HUMAINS !

Contre la conséquence immédiate de la décision unilatérale du gouvernement : la misère,

EXIGEONS,

Des mesures transitoires face à la brutalité des suppressions de contrats.
La pérennisation des emplois sur les missions de service public.
le financement durable des services publics à La Réunion ;
Un plan de titularisation pour mettre fin à la précarité institutionnalisée.
un véritable plan de lutte contre le chômage et la précarité.
LA DIGNITÉ N'A PAS DE PRIX, LA PRÉCARITÉ A TROP DURÉ !

UNIS POUR NOS DROITS, UNIS POUR NOTRE AVENIR.

 

Vous en souhaitant bonne réception,

Salutations distinguées,

Corine RAMOUNE,

Secrétaire Générale du SGPCAR CGTR

Déléguée Syndicale à la CCIR

Fait à Saint-Denis, le 20 mai 2026

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