Tribune libre de Karine Lebon

Violences sexistes et sexuelles : en finir avec l'invibilisation des victimes

  • Publié le 24 juillet 2026 à 18:01
  • Actualisé le 24 juillet 2026 à 18:05
karine lebon , députée

Les violences sexuelles et sexistes semblent presque devenues banales. Pas un jour sans la dénonciation d’un professionnel exerçant auprès d’enfants ou sans un article sur des faits de violences conjugales. En France, on comptabilise un féminicide ou une tentative de féminicide toutes les 23 heures. Un enfant serait victime d’un viol ou d’une agression sexuelle toutes les 3 minutes. La réalité, c’est que notre société s’est habituée aux violences envers les femmes et les enfants. Ce phénomène systémique est profondément ancré, à l’échelle locale, nationale et mondiale. (Photo Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)

Avant de devenir députée, je militais contre les violences faites aux femmes et aux enfants au sein de l’Union des Femmes Réunionnaises. Cet engagement ne m’a jamais quittée. Après avoir participé à l’examen du projet de loi relatif à la protection de l’enfance et l’avoir voté, j’ai été désignée membre de la commission spéciale chargée d’examiner la proposition de loi apportant une réponse intégrale aux violences sexuelles et sexistes contre les femmes et les enfants.

Le texte sur la protection de l’enfance n’était pas celui que nous souhaitions. Plusieurs dispositions essentielles n’ont pas été retenues et de nombreuses attentes demeurent. Pourtant, j’ai fait le choix de le soutenir, parce que chaque mesure supplémentaire et chaque droit reconnu aux victimes constituent un progrès. Dans la situation politique actuelle, avancer pas à pas reste souvent la seule manière d’obtenir des résultats. Face aux violences sexistes et sexuelles, la France a besoin d’une réponse globale. Il est urgent d’améliorer la prévention auprès des plus jeunes, de mieux dépister les violences, de recueillir convenablement la parole des victimes, de former l’ensemble des professionnels et de renforcer les moyens de la justice. C’est l’ambition de cette proposition de loi.

À La Réunion, les affaires concernant la crèche Raharianne à Saint-Paul et l’école privée Sainte-Marguerite à Saint-Benoît révèlent l’étendue du travail qu’il reste à accomplir pour mieux prendre en compte la parole des victimes. Elles rappellent que ces violences peuvent survenir partout, y compris dans des lieux auxquels les familles confient ce qu’elles ont de plus précieux. Notre société a le devoir de ne pas étouffer la parole des victimes, de les croire et de les protéger.

À toutes les familles concernées, je veux redire mon soutien le plus total. Nou tyinbo, nou larg pa !

Karine Lebon, députée de La Réunion

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