Tribune libre de Linda Diblard

Violences sexistes et sexuelles : la Fédération CGTR Commerce Distribution et Services dénonce l’inaction et exige des actes immédiats

  • Publié le 3 juillet 2026 à 16:25
  • Actualisé le 3 juillet 2026 à 16:30
Drapeau CGTR

La Fédération CGTR Commerce Distribution et Services apporte son soutien à la famille de Lyhanna ainsi qu’aux femmes et aux enfants victimes de violences sexistes et sexuelles partout dans le monde. À La Réunion, les violences explosent, les protections manquent, et les secteurs féminisés sont en première ligne. L’inaction des pouvoirs publics et le laisser-faire des employeurs mettent chaque jour des travailleuses en danger. La Fédération CGTR Commerce Distribution et Services refuse de laisser cette situation perdurer. (Photo Photo richard bouhet/imazpress.com)

Des secteurs féminisés sacrifiés : la Fédération CGTR Commerce Distribution et Services accuse.

Les violences sexistes et sexuelles frappent de plein fouet les secteurs féminisés, en particulier l’aide à la personne, le commerce et les services.

Dans l’aide à la personne, les violences sont structurelles : interventions seules, dans des domiciles privés, sans témoin ni protection.

Les salariées subissent gestes déplacés, harcèlement, exhibitionnisme, agressions physiques.

Dans le commerce et les services, les violences sont massives, quotidiennes et banalisées sous couvert de “relation client”. Les salariées — caissières, vendeuses, hôtesses, serveuses — subissent remarques sexistes, drague insistante, gestes intrusifs, agressions dans les réserves, pressions hiérarchiques ou chantage aux horaires.

- Des chiffres qui imposent l’urgence - 

À La Réunion, où les violences intrafamiliales sont très élevées, cette exposition à la violence est aggravée par la précarité, les temps partiels imposés et la peur de perdre son emploi. La Fédération CGTR Commerce Distribution et Services dénonce des employeurs qui ne respectent pas leurs obligations légales, ne protègent pas leurs salariées et les laissent exposées.

La Fédération CGTR Commerce Distribution et Services accuse les directions de fermer les yeux, de tolérer l’intolérable et de laisser les travailleuses sans protection réelle.

• 2 ème département de France le plus touché par les violences conjugales
• 14,6 % de victimes pour 1 000 femmes
• Violences sexuelles sur mineurs :1500 victimes/ans
• 12,3 victimes par jour accueillies par les forces de l’ordre
• 4 501 victimes déclarées en 2024
• 20 féminicides en 10 ans

Sur ces violences, 64 % sont des violences physiques, 31 % des violences psychologiques, 5 % des violences sexuelles et 85 % des auteurs sont des hommes.

- Impunité et manque de moyens : la Fédération exige des comptes - 

94 % des affaires de viol sont classées sans suite. Les professionnel.les alertent depuis des années : l’État ne donne pas les moyens de prévenir, protéger, sanctionner. La chaîne institutionnelle est défaillante, notamment dans la protection des enfants. La Fédération
CGTR Commerce Distribution et Services exige que les pouvoirs publics cessent de se défausser et assument enfin leurs responsabilités.

La Fédération CGTR Commerce Distribution et Services soutient la loi intégrale contre les violences

La Fédération CGTR Commerce Distribution et Services appuie les 140 propositions élaborées par les associations, syndicats et juristes pour une loi intégrale contre les violences, et exige un renforcement immédiat des mesures concernant le travail, où les violences sont massives et trop souvent étouffées.

- Employeurs hors-la-loi : la Fédération exige des sanctions - 

• 80 % des employeurs n’ont pas de plan de prévention Violences Sexuelles et Sexistes au Travail
• Référent.es violences sans moyens
• Conseillers du salarié sans prérogatives adaptées

La Fédération CGTR Commerce Distribution et Services dénonce une faillite généralisée de la prévention et exige des sanctions contre les entreprises qui ne respectent pas la loi.

Mesures urgentes exigées :

• Sanctionner les entreprises sans plan Violences Sexuelles et Sexistes au Travail
• Donner des moyens aux référent.e.s des Violences Sexuelles et Sexistes
• Étendre les prérogatives des conseillers du salarié sur le sujet
• Créer des jours de congé rémunérés pour les victimes
• Recruter 2 000 inspecteur.trices du travail formé.es aux Violences Sexuelles et Sexistes
au Travail.

La Fédération CGTR Commerce Distribution et Services appelle à la mobilisation.

La Fédération CGTR Commerce Distribution et Services sera au plus près des femmes et des enfants victimes, et appelle les salarié·es, les citoyen.ne.s et les institutions à se mobiliser massivement pour que plus aucune femme ne soit exposée à la violence dans son travail, dans son foyer, dans sa vie, que plus aucun enfant ne soit exposé à la violence dans sa vie.

Nous ne laisserons plus les employeurs ni les pouvoirs publics détourner le regard.

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