Une enquête a été ouverte pour blessures involontaires par conducteur après une "collision" entre une voiture de fonction, à bord de laquelle se trouvait l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, et une moto à Paris, a annoncé le parquet de Paris, vendredi 3 juillet 2026, confirmant une information de Mediapart.
Le motard est blessé gravement au niveau des testicules, précise à l’AFP une source proche du dossier.
Il "a indiqué être passé au vert et avoir été percuté par une voiture avec gyrophare arrivant par sa droite, qu’il avait vue trop tard", souligne le parquet, ajoutant qu’un témoin a indiqué que le véhicule était passé au rouge.
Le conducteur de la voiture, 53 ans, "a confirmé avoir fait usage du deux-tons", la sirène de la police, "et que la présence d’un camion avait pu restreindre la visibilité", poursuit-il.
Fin juin, après les révélations de Mediapart, l’ancien Premier ministre avait indiqué regretter "profondément" cet accident, sur le réseau social X.
Sollicité par l’AFP, l’entourage de Jean-Pierre Raffarin n’a pas souhaité faire de commentaire et indiqué: "La justice a été saisie et donc on va la laisser faire son travail".
- "Ils ne m’ont pas aidé" -
Dans une interview à Mediapart, Victor (prénom d’emprunt), 30 ans, dit ne pas se souvenir avoir entendu la sirène "sur le moment".
Ni le chauffeur, "ni M. Raffarin ne se sont souciés de moi. Ils ne m’ont pas aidé, ne m’ont pas parlé et n’ont pas pris de mes nouvelles", regrette-t-il.
D’après un témoin, cité par Mediapart, une fois la police sur place, "Jean-Pierre Raffarin est parti discrètement à pied (...) sans s’enquérir du blessé au sol".
A l’heure actuelle, M. Raffarin n’a ni vu, ni appelé la victime, indique une source proche du dossier.
"Je me suis rendu immédiatement à l’hôpital pour prendre des nouvelles et laisser mes coordonnées", s’est défendu l’ancien Premier ministre fin juin, sur X.
L’ancien sénateur de 77 ans s’est en effet rendu à l’hôpital, sans pouvoir le voir, et a laissé un mot, confirme Victor.
"Dans cette lettre, il incrimine complètement son chauffeuré, explique-t-il au média d’investigation.
"À la fin, il précise regretter tout cela et laisse son numéro de téléphone pour me proposer son aide si besoin. Pour moi, il a clairement agi après un conseil politique qui a dû lui être donné", pense le jeune homme, qui ne sait pas encore s’il y aura des conséquences sur sa fertilité.
- Question sur la voiture de fonction -
Me Matteo Bonaglia, avocat de Victor, n’a pas souhaité faire de commentaire à ce stade de l’enquête.
Il confirme néanmoins "avoir déposé une plainte quelques jours après l’accident, surtout pour solliciter la réalisation d’un certain nombre d’actes d’enquête" dont il redoutait "qu’ils ne soient pas réalisés à temps" et pour éviter "que les preuves dépérissent".
Cet accident soulève également la question de la voiture de fonction attribuée à Jean-Pierre Raffarin.
Depuis septembre et un décret du gouvernement supprimant les derniers avantages "à vie" des anciens Premiers ministres, M. Raffarin, à Matignon entre 2002 et 2005, ne pouvait plus bénéficier de l’usage d’un véhicule et d’un chauffeur.
Fin juin, Jean-Pierre Raffarin a expliqué qu’il en bénéficiait en lien avec sa "mission officielle temporaire et non-rémunérée quant aux relations sino-françaises", attribués par le Quai d’Orsay.
Sur les circonstances de l’accident, Victor affirme à Mediapart que, d’après les policiers, le conducteur "roulait à 60 km/h".
Jean-Pierre Raffarin a déclaré au média en ligne que le chauffeur a ralenti et activé le gyrophare "en raison d’une situation confuse au carrefour".
M. Raffarin a demandé à son chauffeur de l’actionner, selon une note du Quai, citée par Mediapart.
AFP

Il a été 1 er ministre. À la réunion on a des élus qui ont déjà fait la prison
Faudra m'expliquer en quoi un véhicule qui transporte un ancien premier ministre serait prioritaire... Ras le bol de ces avantages accordés avec les deniers publics à des anciens élus et qui ne se justifient aucunement compte-tenu de leur train de vie !