La protection des enfants en est une cause qui doit nous rassembler. "Après chaque drame, on s’émeut puis on oublie, jusqu’au prochain drame qui va nous choquer", lance Maître Brigitte Hoarau. "Parce que protéger les enfants est l’affaire de tous", elle appelle au rassemblement ce samedi 4 juillet à 9h30 au marché forain de Saint-Pierre. "Soyons nombreux à porter cette voix que les enfants ne peuvent pas toujours faire entendre eux-mêmes", poursuit-elle (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Chaque annĂ©e en France, près de 160.000 enfants sont victimes de violences sexuelles. Ă€ La RĂ©union, en 2024, 995 enfants ont Ă©tĂ© victimes d'atteintes sexuelles, dont 382 dans un cadre intrafamilial, et 158 viols ont Ă©tĂ© recensĂ©s, en hausse de 23%, selon la gendarmerie.Â
- Derrière les 995 victimes chaque année à La Réunion, des "vies brisées" -
Ces chiffres "rappellent une réalité quotidienne que nous préférerions ne jamais avoir à regarder parce que : derrière ces statistiques, il y a des visages, des vies brisées et des enfances volées", écrit Maître Brigitte Hoarau.
"Ils nous rappellent aussi que chaque enfant que nous croisons, à l’école, dans notre quartier, au sein de notre famille ou dans nos activités, peut être concerné par ce fléau, dans tous les liens, dans les familles, à l’école et à l’extérieur. Les violences faites aux enfants peuvent toucher n’importe quel milieu, n’importe quelle famille, n’importe quel territoire", poursuit-elle.
La mobilisation citoyenne en hommage à Lyhanna est née de cette volonté : "refuser le silence et faire de la protection de l’enfance une priorité absolue et elle doit continuer, car les violences continuent, les viols continuent, chaque jour, et les prédateurs demeurent impunis".
Par la suite, "les rassemblements du lundi soir reprendront dès le 07 septembre 2026 à 18 heures devant le tribunal de Saint-Pierre. Parce qu’aucun enfant ne devrait grandir dans la peur et subir l’indicible dans le silence, parce que nous avons besoin d’un cadre plus protecteur et que nos enfants soient écoutés par une justice dotée de moyens".
- Un combat en manque de moyens -
Dans le Sud de La Réunion, "ce combat est d’autant plus nécessaire que nous manquons cruellement d’associations qui accompagnent, défendent et protègent les victimes alors que les familles ne devraient jamais être seules face à leurs démarches ou à leur douleur", précise l'avocate.
"Nous avons besoin d’un engagement plus fort des pouvoirs publics, d’un soutien accru aux associations de terrain, d’une meilleure prévention et d’une véritable culture de la protection et non d’impunités et de classements sans suite", dit-elle.
Comme Imaz Press vous le rĂ©vĂ©lait ce mardi 30 juin 2026, le "classement sans suite" de 11 plaintes a Ă©tĂ© ordonnĂ© par le parquet dans l'affaire de l'Ă©cole primaire privĂ©e Sainte-Marguerite Ă Saint-BenoĂ®t. Un agent extĂ©rieur de l'Ă©cole – employĂ© comme jardinier -, Ă©tait visĂ© par ces plaintes pour agressions sexuelles sur 11 enfants de moins de 5 ans.Â
À Saint-Paul, une pétition a été lancée, demandant la suspension d'un agent impliqué dans une enquête pour agressions sexuelles, une personne ayant fait l’objet d’une procédure concernant un enfant qui avait repris ses fonctions au sein de la crèche Raharianne.
- Un millier de dossiers Ă rĂ©examinerÂ
À ce jour, 1.325 dossiers de violences sexuelles doivent être réexaminés par les services de la Justice. Des plaintes déposées pour 718 d'entre-elles aux services de la police nationale et 607 aux services de la gendarmerie nationale.
Dans les tribunaux de La Réunion, 1.417 affaires sont enregistrées. Pour le tribunal judiciaire de Saint-Denis, 733 dossiers sont en cours (461 plaintes côte police et 272 côté gendarmerie). 674 affaires sont enregistrées au parquet de Saint-Denis et envoyées en enquête.
Pour le ressort du sud du tribunal judiciaire de Saint-Pierre, 592 procédures dans les services d’enquête (257 plaintes côté police nationale et 335 côté gendarmerie nationale). 743 affaires sont enregistrées au parquet de Saint-Pierre et envoyées en enquête.
En cas d'urgence, le seul numéro à composer est celui de Police Secours.
Le 112, numéro d'urgence européen
Le 114 pour les personnes sourdes, malentendantes, aphasiques, dysphasiques
Vous pouvez signaler des faits de violences, directement auprès du commissariat ou de la gendarmerie la plus proche sur le www.servicepublic.fr/cmi Anonyme et gratuit, ce tchat est accessible 24h/24 et 7j/7 pour échanger avec des policiers ou des gendarmes spécialement formés aux violences sexistes et sexuelles.
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