École Sainte-Marguerite : le parquet ordonne le classement sans suite des 11 plaintes pour agressions sexuelles sur mineurs

  • Publié le 30 juin 2026 à 03:00
École Sainte-Marguerite

Le parquet de Saint-Denis a indiqué à Imaz Press ce vendredi 26 juin 2026 avoir ordonné "le classement sans suite" de plaintes pour agressions sexuelles sur mineurs déposées par des parents de l' école primaire privée Sainte-Marguerite (Saint-Benoît). Les procédures avaient été engagés par les plaignants à l'encontre d'un homme employé par l'école en tant que jardinier. L'affaire avait été révélée en novembre 2025 (Photos : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Véronique Denizot, procureure de Saint-Denis, a indiqué par mail à Imaz Press que les parents doivent être accompagnés par l'ARAJUFA (Association réunionnaise de l'aide judiciaire aux familles). "Le défenseur des droits est saisi également," a-t-elle aussi précisé.

Selon nos informations, les parents n'auraient toujours pas été contacté par l'ARAJUFA.

- L'agent suspecté suspendu à titre conservatoire -

Selon nos informations - et alors que l'agent avait repris son poste de jardinier en février 2026 après un long arrêt maladie - l'homme suspecté d'agressions sexuelles sur des enfants de moins de 5 ans aurait été suspendu à titre conservatoire.

Lorsqu'il reprit son poste, la direction et l'Organisme de gestion de l'Enseignement catholique (OGEC) justifiait la décision par un mail envoyé aux parents, arguant la "présomption d'innocence en l'absence de décision judiciaire ou administrative".

Face au tollé provoqué par cette réintégration, la direction avait tenté de rassurer les parents en précisant que "l'organisation du travail de ce salarié a été strictement aménagée. Ses missions sont désormais exercées sans aucun contact avec les élèves ni les familles en dehors des heures d'ouverture de l'établissement".

Le 21 février, suite à cette décision de la direction, un collectif de parents en colère se monte.

- 11 plaintes déposées pour agressions sexuelles -

L'affaire est révélée en novembre 2025. Des parents et des élèves ont signalé des comportements jugés inappropriés d'un salarié de l'OGEC.

11 plaintes sont déposées par plusieurs familles de l'établissement privé de Saint-Benoît pour agressions sexuelles présumées sur mineurs. Le 20 novembre 2025, la procureure de la République de Saint-Denis, Véronique Denizot, avait annoncé sa "mise à pied".

Ce dernier a été entendu par les services de la gendarmerie. Selon nos informations, le salarié concerné conteste les faits qui lui sont reprochés.

- Trois enfants radiés de l'école Sainte-Marguerite -

L'affaire ne s'arrête pas là. Le 2 mars 2026, trois familles - dont les parents se sont offusqués de la réintégration de l'agent - ont reçu un courrier recommandé de la direction, leur annonçant la radiation de leur enfant au motif d'une "rupture de confiance durable".

Un courrier reçu le 2 mars, premier jour des vacances scolaires alors que le certificat de radiation a été émis le 23 février et le courrier le 26, date à laquelle les parents avaient rendez-vous avec la directrice et n'ont jamais eu vent oralement de la radiation de leur enfant.

Dans un document signé par la cheffe d'établissement, qu'Imaz Press a pu consulter, il est écrit que : "par la présente, je vous informe de ma décision de procéder à la radiation de votre enfant de notre établissement".

La direction poursuit et indique : "cette décision, que je sais sensible, repose sur le constat d'une rupture de confiance durable entre votre famille et l'équipe éducative. Or, le bon fonctionnement d'un établissement scolaire et l'accompagnement serein des élèves nécessitent une relation de confiance réciproque" […] Les conditions actuelles ne permettent malheureusement plus de garantir ce cadre indispensable".

Contacté à plusieurs reprises, le diocèse de La Réunion nous avait répondu "ne pas donner suite afin de ne pas alimenter la polémique". Le jeudi 26 mars 2026, il avait décidé de réagir par le biais d'un communiqué posté sur ses réseaux.

Philippe Brault, directeur diocésain de l'Enseignement catholique La Réunion-Mayotte écrit : "des allégations d'agressions sexuelles sur des enfants de l'école Sainte-Marguerite à Saint-Benoît ont profondément ébranlé la communauté de l'école et ont eu un écho médiatique important. Face à ces événements graves, la cheffe d'établissement en concertation avec le président de l'OGEC, les présidentes de l'APEL de l'établissement et académique, l'autorité de tutelle et la direction diocésaine de l'Enseignement catholique, a pris des décisions fortes, dont la radiation de trois familles dont les enfants ne sont pas directement concernés par cette affaire".

Le diocèse se défend d'avoir "face à des faits d'une gravité exceptionnelle", mis comme "priorité absolue, dès le premier instant, la protection des enfants et l'accompagnement de toutes les familles concernées".

- Les familles veulent faire entendre leurs voix -

Des familles qui comptent bien faire entendre leurs voix le 6 juillet devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis, lors d'une nouvelle mobilisation de l'association EPAA, après l'affaire Lyhanna.

"Il faut faire du bruit pour montrer l'ampleur de la situation et que les affaires ne soient pas effacées", indiquent des parents à Imaz Press.

Lire aussi - "Stop aux violences, place à l'enfance" : à Saint-Denis, les enfants prennent la parole

- Un millier de dossiers à réexaminer -

À ce jour, 1.325 dossiers de violences sexuelles sur mineurs doivent être réexaminés par les services de la Justice. Des plaintes déposées pour 718 d'entre-elles aux services de la police nationale et 607 aux services de la gendarmerie nationale.

Lire aussi - Crèche de Saint-Paul : une pétition lancée après le classement sans suite d'une enquête pour agressions sexuelles

ma.m/www.imazpress.com/[email protected]

guest
0 Commentaires