Les associations Mouv’enfants et Mouv’Marmay lancent une pétition et demandent la suspension d'un agent impliqué dans une enquête pour agressions sexuelles, une personne ayant fait l’objet d’une procédure concernant un enfant a repris ses fonctions au sein de la crèche Raharianne à Saint-Paul, "au contact direct de très jeunes enfants, à la suite d’un classement sans suite de la procédure". Les associations demandent : "l’application immédiate du principe de précaution dans cette situation, impliquant d'écarter cette personne" et "une transparence complète des autorités compétentes sur les mesures prises pour garantir leur sécurité". Nous publions, ci-dessous, le communiqué des associations signataires de la pétition (Photos d'illustration : Richard Bouhet.www/imazpress.com)
À Saint-Paul, une personne ayant fait l’objet d’une procédure concernant un enfant a repris ses fonctions au sein de la crèche Raharianne, au contact direct de très jeunes enfants, à la suite d’un classement sans suite.
Cette situation suscite une profonde inquiétude et soulève une question fondamentale :
Comment protéger les enfants lorsque subsistent des interrogations suffisamment importantes pour avoir conduit à une procédure, mais pas suffisamment caractérisées pour permettre des poursuites pénales ?
Il est essentiel de rappeler ce qu’est réellement un classement sans suite.
Contrairement à une idée largement répandue, un classement sans suite ne signifie pas que les faits n’ont pas existé.
Il ne signifie pas davantage qu’ils sont nécessairement faux.
Il signifie qu’à un instant donné, l’autorité judiciaire considère ne pas disposer d’éléments suffisants pour engager des poursuites ou caractériser une infraction devant une juridiction.
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Cette distinction est fondamentale : car lorsqu’il s’agit d’enfants, la question n’est pas seulement judiciaire. Elle est aussi et surtout celle de leur protection. Un classement sans suite répond à une question judiciaire. Il ne répond pas à lui seul à la question de la protection des enfants.
Chaque année en France, 160.000 enfants sont victimes de violences sexuelles, soit un enfant toutes les trois minutes.
La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE) a recueilli plus de 33.000 témoignages de victimes et formulé 82 préconisations pour mieux prévenir, protéger et réparer.
La CIIVISE s’est également rendue à La Réunion pour entendre les victimes, les familles et les professionnels.
Partout, le même constat est revenu : trop souvent, les institutions interviennent après le drame plutôt qu’avant. Trop souvent, les signaux d’alerte ne conduisent pas aux mesures de protection attendues. Trop souvent, les enfants continuent à porter seuls les conséquences de nos hésitations collectives.
C’est précisément pour éviter que de nouveaux enfants ne soient exposés à un risque que nous demandons aujourd’hui l’application du principe de précaution.
Notre démarche n’est pas de nous substituer à la justice.
Notre démarche n’est pas de remettre en cause la présomption d’innocence.
Notre démarche consiste à rappeler que lorsque des enfants de quelques mois ou quelques années sont concernés, leur sécurité doit constituer la priorité absolue.
- Une pétition citoyenne -
Face à cette situation, Mouv’Enfants et Mouv’Marmay, comité Mouv’Enfants, à la Réunion lancent aujourd’hui une pétition citoyenne afin d’exiger l’application immédiate du principe de précaution et la suspension de cette personne de toute fonction au contact direct d’enfants tant que toutes les garanties nécessaires à leur protection ne sont pas réunies.
Cette demande ne constitue pas une sanction. Elle constitue une mesure de protection.
Nous considérons qu’en matière de protection de l’enfance, le principe de précaution doit prévaloir sur toute autre considération.
Nous refusons d’attendre qu’un drame survienne pour agir.
Nous refusons que les enfants soient les victimes d’un système qui intervient trop souvent après coup.
Nous demandons :
• L’application immédiate du principe de précaution dans cette situation, impliquant la mise à l’écart de cette personne ;
• La suspension de toute fonction au contact direct d’enfants dans l’attente des garanties nécessaires à leur protection ;
• Une transparence complète des autorités compétentes sur les mesures mises en œuvre pour garantir la sécurité des enfants accueillis à la crèche Raharianne ;
• L’ouverture d’une réflexion nationale sur les mesures conservatoires applicables aux personnes exerçant auprès de mineurs ;
• Que la protection de l’enfance devienne enfin une véritable obligation de résultat.
Nous invitons l’ensemble des citoyennes et citoyens, des parents, des professionnels de l’enfance et des défenseurs des droits de l’enfant à signer et relayer massivement cette pétition.
Parce qu’il ne s’agit pas seulement de la situation de la crèche Raharianne.
Il s’agit d’un principe qui concerne l’ensemble de notre société.
Lorsqu’il existe un doute, celui-ci doit toujours profiter à la sécurité des enfants.
Nous ne demandons pas de condamner sans juger.
Nous demandons de protéger avant qu’il ne soit trop tard.
Parce qu’un enfant agressé est un enfant de trop.
Parce qu’un enfant non protégé est un échec collectif.
Parce que la protection des enfants ne peut pas être une promesse.
Elle doit devenir une obligation de résultat.
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