Tribune libre d'Audrey Bélim

Violences sexistes et sexuelles : une avancée législative qui doit se traduire par une protection réelle des femmes et des enfants

  • Publié le 14 octobre 2026 à 13:02
  • Actualisé le 14 octobre 2026 à 14:29
Audrey Belim

L'Assemblée nationale a adopté à l'unanimité, en première lecture, une proposition de loi transpartisane visant à renforcer la lutte contre les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants, portée à l'initiative de la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez (Photo d'illustration www.imazpress.com)

Cette adoption constitue une avancée importante, fruit d'un travail de longue haleine mené par les associations, les professionnels et les parlementaires engagés dans ce combat. Elle ouvre de nouvelles perspectives, notamment en matière de reconnaissance de l'inceste, d'enquêtes judiciaires et d'accompagnement des victimes.

Mais reconnaître davantage les violences ne suffit pas. Encore faut-il que notre droit permette d'y répondre avec toute la rapidité, la cohérence et l'efficacité qu'exige la protection des victimes.

À La Réunion, où les violences intrafamiliales atteignent des niveaux particulièrement préoccupants, cette exigence est d'autant plus forte. Le travail engagé sur notre territoire, notamment avec des associations comme Stop VIF 974, montre combien la continuité de l'accompagnement et l'articulation des interventions sont déterminantes pour éviter que les victimes ne se retrouvent seules face à leur parcours.

Une avancée législative ne doit pas seulement créer de nouveaux dispositifs. Elle doit aussi rendre plus effectifs ceux qui existent, lever les obstacles rencontrés par les victimes et permettre une réponse à la hauteur de l'urgence des situations.

Lors de l'examen de ce texte au Sénat, je serai particulièrement attentive à la portée concrète des mesures proposées, à leur articulation avec les dispositifs existants et aux moyens nécessaires à leur application, notamment dans les Outre-mer.

"Derrière chaque procédure, il y a une femme, un enfant, une vie à protéger et parfois à reconstruire. Notre responsabilité est de faire en sorte que la justice et la protection ne soient pas seulement des droits reconnus, mais des réalités vécues. C'est à cette exigence que devra répondre cette loi."

Audrey Bélim
Sénatrice de La Réunion
Secrétaire du Sénat

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