Baster a 20 ans. C'est dans une explosion de rythme et un tourbillon d'accords de guitare que l'un des plus cĂ©lĂšbres groupes rĂ©unionnais a fĂȘtĂ© son anniversaire ce vendredi 9 mai 2003 dans un théùtre de Saint-Gilles plein Ă craquer. Moment de pur bonheur offert par Thierry Gauliris et les siens
Le concert s'est jouĂ© Ă guichet fermĂ©. Performance que Baster est quasiment le seul groupe local Ă pouvoir rĂ©aliser. La fĂȘte a Ă©tĂ© grandiose, Ă la mesure de ces deux dĂ©cennies d'aventure musicale faites de doutes, d'espoir, de travail et de talent.Pendant 3 heures Thierry Gauliris, le leader du groupe, le facĂ©tieux Nano, son dalon (ami en crĂ©ole rĂ©unionnais) son complice de toujours, Daniel, le guitariste prĂ©sent depuis le dĂ©but, Tatou le batteur, Didier le percussionniste et tous les autres s'en sont donnĂ©s Ă c?ur joie. Heureux de faire la fĂȘte et de partager leur bonheur. Avec le public bien sĂ»r, mais aussi avec toute une plĂ©iade d'invitĂ©s.
Magique Firmin viry
Alors le chantre DanyĂšl Waro et son insĂ©parable kayamb (instrument de musique traditionnel) est venu dire son maloya en chantant "Mon boushĂ© manzĂ©", l'un des titres les plus connus de Baster. Firmin Viry, magique avec son costume trois piĂšces, sa cravate, son chapeau, sa badine et ses pieds nus, a lancĂ© son trĂšs cĂ©lĂšbre "Valet, valet prĂȘte-moi ton fusil". Souvenir - Ă©tendard d'une Ă©poque pas si lointaine - c'Ă©tait il y a peine 30 ans -, oĂč le maloya Ă©tait interdit et oĂč Firmin Viry Ă©tait l'un des premiers Ă le jeter Ă la face d'un sociĂ©tĂ© dite bien pensante.
Il y a eu aussi Alain Joron, celui sans qui Baster ne serait pas. Animateur dans ce petit quartier dĂ©favorisĂ© de saint-Pierre, c'est lui qui a poussĂ© Thierry Gauliris et les autres Ă dire en musique leur dĂ©sespĂ©rance et leurs rĂȘves.
"Dann karo kan"
Gilbert Pounia, leader de Ziskakan, l'autre groupe emblématique de La Réunion, a chanté "Ti manzÚl", l'hymne à l'amour de Baster. Juste avant il a eu cette phrase "Na bon pé de zartis ki té i shant dann karo kan na 20 an de sa et zot lé la a swar, si la sÚne. Mi pense i fo di mersi Thierry (beaucoup des artistes qui chantaient dans les champs de cannes il y a 20 ans de cela, sont là ce soir. il faut en remercier Thierry en créole réunionnais)" . "Non i fo di mersi Gilbert (non il faut dire merci Gilbert)", a répondu visiblement ému Thierry Gauliris. Hommage du talent avec des mots allant bien au-delà leur simple prononcé. Car s'est effectivement une bonne partie de l'histoire culturelle contemporaine réunionnaise, de sa résistance et de son courage, qui a défilé vendredi soir sur la scÚne du théùtre de Saint-Gilles.
GĂąteau patate
Il y a bien eu bien d'autres invités. Any Grondin, de Ziskakan et sa fille Maya, Bernard Grondin de Ravan, Frédéric Joron de Ousanoussava, Guyto Gauliris, Jean-Claude ViadÚre, Valérie la danseuse - liane du groupe.
Et puis bien sĂ»r il y a eu Baster, les rois de la fĂȘte. C'est avec un accent particulier qu'ils ont chantĂ© les succĂšs enchaĂźnĂ©s en 20 ans de carriĂšre, de "Marmay lontan" Ă "Raskok" en passant par "Servis kabarĂ©","Domin", "Mang salĂ©"...
Il y a eu aussi le public, conquis, charmĂ©, de tous Ăąges : ne dit-on pas que lorsque l'on aime on a toujours 20 ans? Il a chantĂ©, dansĂ©, tapĂ© des mains, il a fait la fĂȘte.
Comme tous les anniversaires, le clou de la soirĂ©e a Ă©tĂ© le moment oĂč Thierry Gauliris a soufflĂ© les 20 bougies brillant au-dessus d'un Ă©norme gĂąteau... patate bien sĂ»r.
Que de plus? Peut-ĂȘtre tout simplement Ă dans 20 ans....
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