A 10 heures ce lundi 20 février 2012, aprÚs avoir levé les barrages sur les accÚs menant au Port, les transporteurs se sont installés aux abords de la SRPP (société réunionnaise des produits pétroliers), pourtant étroitement encadrée par des gendarmes mobiles. L'objectif est clairement de mettre la pression sur les pétroliers, puisque les transporteurs bloquent entiÚrement la circulation des camions-citerne. Un regroupement de transporteurs plus important est attendu. Devant la détermination des membres de la FNTR (fédération nationale des transports routiers), le cordon de sécurité des forces de l'ordre s'est renforcé. La situation s'annonce tendue. Jean-Hugues Ratenon, président de l'ARCP (alliance des Réunionnais contre la pauvreté) a rejoint les transporteurs. Il appelle à un grand rassemblement populaire pour ce lundi soir au Port.
MalgrĂ© le cordon de gendarmes mobiles qui encadre la SRPP, les transporteurs ont dĂ©cidĂ© de se poster aux abords afin de mettre la pression sur les pĂ©troliers. A 10h30, une trentaine de camions s'est manifestĂ©e aux alentours avec la ferme intention d'empĂȘcher la circulation des camions de la SRPP. Et le mouvement devrait se renforcer, puisque ce sont 400 camions qui sont attendus pour cette action. "On va se serrer, on va tous se coller les uns aux autres", annonce un transporteur.Jean-Bernard Caroupaye, prĂ©sident de la FNTR, s'est lui exprimĂ© sur cette action : "Nous avons face Ă nous des gens qui sont sourds, aveugles, muets". "Ce que nous faisons aujourd'hui est un message en direction du prĂ©fet. S'il ne nous entend pas, nous allons presser le bouton", prĂ©vient-il.
Il ajoute que "les camions resteront là tant que le préfet n'aura pas pris contact avec l'avocat de la FNTR, afin de lui faire part d'une proposition concernant la baisse du prix du carburant". "Nous serons là tant qu'il n'y aura pas reprise d'une table ronde, et tant que nos revendications ne seront pas entendues", assure Jean-Bernard Caroupaye.
Les transporteurs exigent plus largement que la SRPP elle-mĂȘme s'engage par Ă©crit Ă faire quelque chose en faveur de la baisse du prix des carburants.
A noter que l'origine de ce mouvement vient de la FNTR et non de l'IPR (intersyndicale des professionnels de la route). "Ce sont nous les véritables professionnels de la route, ce sont nous qui avons les plus gros engins, qui payons le plus et qui avons le plus à perdre", commente Jean-Bernard Caroupaye. Par ailleurs, "d'autres camarades nous ont rejoint", annonce-t-il en faisant allusion à Joël Mongin, l'ancien leader des transporteurs.
A 10h45, les camions sont parvenus à déjouer le cordon de sécurité des gendarmes mobiles, et sont arrivés quasiment à atteindre l'entrée de la SRPP, se retrouvant dans un face-à -face frontal avec les forces de l'ordre, dont les moyens se sont renforcés depuis.
Jean-Hugues Ratenon, de l'ARCP, a de son cĂŽtĂ© rejoint les transporteurs dans leur mouvement. Il appelle tous ceux qui ont quelque chose Ă dire contre la vie chĂšre Ă se rassembler ce lundi soir au Port, et annonce "des actions de communication" dĂšs ce mardi 21 fĂ©vrier. Des actions "au service de la population", qui "ne vont pas gĂȘner la circulation", mais qui "vont gĂȘner ceux qui pĂ©nalisent la population".











