Le socialiste Henri Emmanuelli est arrivĂ© Ă La RĂ©union ce jeudi 28 avril 2005. L'ancien secrĂ©taire d'Ătat aux DOM-TOM, ex-secrĂ©taire national du PS et ex-prĂ©sident de l'AssemblĂ©e national, il est venu faire campagne pour le "non" au rĂ©fĂ©rendum sur la constitution europĂ©enne. En dĂ©licatesse avec la direction nationale du PS qui appelle Ă voter "oui", il est invitĂ© par Christophe Payet, dĂ©putĂ© socialiste de la 4Ăšme circonscription et le collectif rĂ©unionnais pour le "non"
"La constitution européenne telle qu'elle est rédigée est dangereuse pour notre économie, sur le plan des libertés et sur le plan social. Dire le contraire est monstrueux". Henri Emmanuelli n'a pas mùché ses mots à l'occasion de la premiÚre journée de son séjour à La Réunion. "Que la droite mente à la gauche, ce n'est pas étonnant, elle ne serait jamais majoritaire sans cela, mais que la gauche mente à la gauche, ce n'est pas acceptable" disait-il en ouverture du déjeuner-débat qu'il a eu avec les représentants des 17 organisations et partis politiques composant le collectif réunionnais pour le "non"."Erreur historique"
Ăgratignant au passage la direction nationale du parti socialiste qui fait campagne pour le "oui", Henri Emmanuelli rappelait "jusqu'Ă l'Ă©tĂ© dernier, le PS disait que le traitĂ© constitutionnel Ă©tait inacceptable en l'Ă©tat et posait 7 conditions pour sa ratification. Aucune de ces conditions n'a Ă©tĂ© prise en considĂ©ration. Pourtant, pour des raisons qui m'Ă©chappent, ce traitĂ© qui comportaient tous les dĂ©fauts s'est brusquement chargĂ© de bĂ©atitude". Il n'hĂ©sitait pas Ă affirmer: "j'estime (qu'en appelant Ă voter "oui" - ndlr) la social-dĂ©mocratie commet une erreur historique".
Argumentant son propos, l'ancien président de l'Assemblée nationale lançait
"Menace énorme"
"Cette constitution fixe des choix Ă©conomiques et sociaux qui vont ancrer l'Europe dans l'ultra libĂ©ralisme". Ainsi, le traitĂ© stipule "une concurrence libre et non faussĂ©e" et pour Henri Emmanuelli cela est synonyme de "menace Ă©norme sur le service public". De mĂȘme, dans "une Ă©conomie dĂ©jĂ fragilisĂ©e par les dĂ©localisations et la concurrence des pays d'Asie", un renforcement des libres Ă©changes dans tous les domaines de l'Ă©conomie, "des meubles Ă la haute technologie", serait "catastrophique".
Henri Emmanuelli rappelait aussi que la constitution europĂ©enne interdit les dĂ©ficits budgĂ©taires, les localisations ou encore l'harmonisation fiscale. "Je ne rĂȘve pas, je ne phantasme pas, nous allons vers une crise sociale grave, nous sommes sur le chemin d'une catastrophe" estimait-il.
"Assiette vide"
Concernant La RĂ©union plus particuliĂšrement, l'ancien secrĂ©taire d'Ătat aux D0M-TOM remarquait "l'expression "mesures spĂ©cifiques" a disparu du traitĂ©, quant aux fonds europĂ©ens allouĂ©s aux "objectifs 1" (La RĂ©union bĂ©nĂ©ficie de ce fonds - ndlr) leurs montants restent inchangĂ©s alors que l'Union europĂ©enne passe de 70 millions d'habitants Ă 125 millions". Un constat qui lui faisait commenter "c'est cela l'assiette bien remplie par l'Europe? Ceux qui disent cela soit ne savent pas compter soit confondent leur assiette avec celle des RĂ©unionnais". Allusion directe Ă la phrase du dĂ©putĂ© europĂ©en RĂ©unionnais Jean-Claude Fruteau (PS) qui affirmait rĂ©cemment "il faut voter oui car i donn pa in koud'piĂ© dann son zasiĂšt mangĂ© - on ne donne pas un coup de pied dans son assiette de manger" en crĂ©ole rĂ©unionnais".
Dans l'aprÚs-midi, Henri Emmanuelli a rencontré les syndicats. Il a ensuite participé à un meeting.
Vendredi, il sera dans le Sud, notamment à la Petite Ile, la ville du député-maire socialiste Christohpe Payet. Il tiendra ensuite un meeting à Saint-Louis.
