Jugé ce vendredi 16 janvier 2026 en comparution immédiate à délai différé, Ibrahim A., 22 ans, poursuivi pour apologie du terrorisme a été relaxé. C'est le 13 novembre 2025, date anniversaire des attentats du Bataclan, que le drapeau noir avait été affiché, un geste lourd de sens pour les magistrats. Le jeune homme âgé de 22 ans, jugé psychologiquement fragile, est défendu par Me Morgan Pouly. Il avait été présenté une première fois le mardi 2 décembre 2025 devant la chambre de l’instruction.
L’affaire débute lorsque les responsables de la mosquée du Port portent plainte après la découverte d’un drapeau noir, assimilé à un symbole de l’islam radical, accroché sur leur lieu de culte.
Interpellé, Ibrahim A. est entendu par les policiers. Sur ses réseaux sociaux, les enquêteurs découvrent de nombreux messages et images : drapeaux occidentaux en flammes, accusations de domination coloniale envers les pays musulmans, publications régulières laissant entrevoir une adhésion claire à des références radicales.
L'homme a finalement été jugé en comparution à délai différée ce vendredi 16 janvier 2026.
- Une altération du discernement retenue, mais un danger souligné par la cour -
Un psychiatre l’a examiné : il conclut à une altération du discernement au moment des faits. L’homme minimise son geste, affirme ne pas comprendre ce qu’on lui reproche. Mais pour l’avocate générale, cette altération renforce au contraire le risque : "Ses publications sont cohérentes, régulières, dépourvues d’ambiguïté sur sa manière de penser. Un déséquilibré cohérent dans sa radicalité peut passer à l’acte."
Elle insiste : Ibrahim A. n’offre "aucune garantie de représentation". Il vit chez sa mère, n’a pas de suivi structuré et présente des propos instables en audience. Les investigations sont encore en cours, dans l’attente du procès du 19 décembre.
- La défense plaide l’insertion, pas la dangerosité -
Pour Me Morgan Pouly, rien ne justifie une incarcération aussi lourde : "Il n’est pas dangereux sur le plan psychiatrique. Il n’a aucun casier, est totalement inconnu des services. On le place en cellule avec deux hommes qui n’ont rien à voir avec son profil."
L’avocat rappelle qu’Ibrahim A. bénéficie d’un contrat d’accompagnement jeune et travaille à l’obtention d’un CAP : "La détention le désorganise totalement. Une interdiction de paraître au Port et une obligation de soins peuvent protéger la société. La détention provisoire doit rester exceptionnelle."
Comme le veut la procédure, Ibrahim A. a eu la parole en dernier. Son intervention, longue et confuse, a laissé paraître la fragilité évoquée par l’expert psychiatre :
"Le drapeau noir c’était pour la paix. Je ne savais même pas que le 13 novembre y’avait eu des attentats. Je voulais que les musulmans soient unis sous un même drapeau parce qu’ils sont divisés. Rien à voir avec des terroristes ou je sais pas quoi."
Jugé psychologiquement fragile ce vendredi 16 janvier 2026, Ibrahim.A a été relaxé.
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