Ce mercredi 25 février 2026 s'ouvre, pour trois jours, devant la Cour d'assises de La Réunion, le procès de Roland Gonthier accusé de pour meurtre sur conjoint. Présumé innocent de ce féminicide, le mis en cause a toujours nié les faits (Photo www.imazpress.com)
Le 12 février 2021 au petit matin, des personnes qui se promènent dans le secteur de l'Étang du Gol à Saint-Louis découvrent le corps sans vie d'une jeune femme.
Elle est à moitié dévêtue, seulement habillée d'une courte tunique. Mais surtout, elle ne porte pas de sous-vêtements. Les gendarmes sont immédiatement prévenus.
Sur place, à quelques dizaines de mètres du corps, ils découvrent un sac à main qui appartient à la victime. À l'intérieur, ils retrouvent des papiers au nom de Tafita Bodihaly dite Erminah, mais aussi son sous-vêtement.
- La jeune femme a été étranglée -
L'autopsie révèle que la jeune femme est décédée par strangulation et elle était déjà morte lorsqu'elle a été déposée dans l'eau. Le légiste constate aussi que la jeune femme a eu une relation sexuelle peu de temps avant sa mort. De plus, de l'ADN masculin est retrouvé.
Rapidement, les enquêteurs se tournent vers la vie privée de la jeune femme. Ils découvrent qu'elle a toujours eu des relations très tendues avec des compagnons officiels et qu'elle avait des relations tarifés grâce à l'intervention d'un rabatteur.
Les gendarmes de la section de recherche de Saint-Pierre l'interpellent ainsi que certains de ses compagnons. Ils seront rapidement mis hors de cause. Un autre homme est rapidement identifié. Roland Gonthier s'est même présenté de lui-même aux enquêteurs. Il explique qu'il a une relation en pointillé avec la victime et qu'il est très certainement le père du dernier enfant de la jeune femme.
Les gendarmes estiment que cet homme est impliqué d'une façon ou d'une autre dans la mort de la jeune femme. De plus, il ment à plusieurs reprises. La téléphonie et la géolocalisation de son téléphone portable l'incriminent.
- Placé sous contrôle judiciaire après un an de détention -
Des images de mauvaise qualité récupérées sur des caméras de vidéosurveillances montrent un Berlingo blanc à proximité des lieux de la découverte du corps. Or, Roland Gonthier possède ce type de véhicule mais omet d'en parler.
En juillet 2021, il est placé en garde à vue et mis en examen pour homicide volontaire par personne ayant été conjoint. Durant toute l'instruction et même encore aujourd'hui, le mis en cause nie les faits. L'instruction de l'affaire n'amènera pas beaucoup d'éléments de certitude. Après un an de détention, l'homme est remis en liberté et placé sous contrôle judiciaire.
Roland Gonthier, défendu par Maîtres Jean Jacques Morel et Nicolas Dyall, encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Ses deux avocats, quant à eux, plaideront très certainement l'acquittement. La famille de la victime sera représentée par Me Amel Khlifi-Ethève.
Le verdict est attendu ce vendredi.
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