Stupéfiants et contrefaçons : un trafic peut en cacher un autre

  • Publié le 10 juin 2026 à 02:58
tribunal saint-denis

Tout commence en décembre 2015 par une livraison pour le moins surprenante. Une habitante de La Possession reçoit un colis contenant un faux sac de marque Louis Vuitton. En fouillant l'accessoire, elle découvre plusieurs comprimés de drogue et décide de se rendre à la gendarmerie. (Photo d'illustration Richard Bouhet / www.imazpress.com)

Une première enquête est alors ouverte et permet l'interpellation d'un jeune homme. Celui-ci a été jugé par le tribunal correctionnel en février dernier. Mais les investigations ne s'arrêtent pas là. Intrigués par l'origine du faux sac, les enquêteurs poursuivent leurs recherches et remontent rapidement jusqu'à la demi-sœur du trafiquant présumé.

- De la contrefaçon achetée en région parisienne -

Interpellée puis placée en garde à vue, Murielle A., une Portoise de 35 ans, reconnaît les faits. Elle explique aux enquêteurs qu'elle se procure des sacs, baskets, tee-shirts et autres articles contrefaits sur les marchés de la région parisienne avant de les expédier à La Réunion en réalisant une marge pouvant atteindre deux à trois fois le prix d'achat. Elle admet également avoir effectué plusieurs voyages dans l'Hexagone pour s'approvisionner en marchandises contrefaites.

Absente à l'audience, la prévenue n'a pas pu répondre aux questions du président Molia.

- 3 mois de prison avec sursis et 5.000 euros d'amende requis -

"Ce sont des liens intéressants entre différents trafics", souligne la procureure Léa Filippi. "C'est à l'occasion d'une affaire de stupéfiants que ce trafic a été mis au jour. Elle utilise des méthodes similaires à celles des trafiquants de drogue", observe la magistrate.

Relevant que la prévenue est diplômée et "gagne bien sa vie", la procureure estime qu'elle a agi "uniquement par appât du gain". "Il faut lui adresser un avertissement fort", conclut-elle, avant de requérir trois mois de prison avec sursis ainsi qu'une amende de 5.000 euros.

"Dès son interpellation, elle a pleinement collaboré avec les enquêteurs. Il ne faut pas avoir fait de longues études pour comprendre que ce type de produits se revend beaucoup plus cher à La Réunion qu'en métropole. Elle a toujours reconnu les faits", plaide Me Chantal Laguerre.

L'avocate demande au tribunal de faire preuve de clémence en prononçant une peine plus modérée. Elle sollicite également la non-inscription de la condamnation au bulletin n°2 du casier judiciaire, sa cliente étant appelée à travailler prochainement pour la Commission européenne.

Murielle A. a été condamnée à 3 mois avec sursis et 5.000 euros d'amende.

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