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Opération anti-drogues à Gillot : deux ans ferme pour la mère interpellée avec son bébé et 20 kilos de cannabis

  • Publié le 27 novembre 2025 à 15:05
Aéroport Roland Garros : opération coup de poing contre les trafics de drogue à Gillot, 100% des passagers contrôlés

(Actualisé) Les quatre personnes arrêtées lors de l’opération coup de poing menée le 2 octobre 2025 à l’aéroport Roland-Garros étaient jugées ce mercredi 27 novembre en comparution immédiate à Saint-Denis. Vingt kilos de résine de cannabis avaient été découverts dans une valise transportée par une jeune mère accompagnée de son bébé de trois mois. Le tribunal a prononcé des peines allant du sursis probatoire à trois ans de prison ferme (photo Sly/www.imazpress.com)

Le 2 octobre, policiers, gendarmes et douaniers avaient contrôlé plus de 500 passagers des vols AF648 et AF652. Quatre personnes avaient été interpellées, vingt kilos de cannabis saisis. "Nous envoyons un message clair aux trafiquants" déclarait alors la procureure Véronique Denizot.

Ce mercredi, les quatre protagonistes comparaissent pour trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis. 

Fatihou A., née en 1996 à Mayotte et résidant à Saint-Nazaire (44), est interpellée avec une valise contenant 20 kilos de résine de cannabis – pour une valeur marchande estimée à 302 700 euros. Elle voyageait avec son bébé de trois mois, qui a été confié à l’Aide sociale à l’enfance.

À la barre, elle affirme qu’elle ignorait totalement ce qu’elle transportait. Elle dit avoir récupéré la valise d’un inconnu, conformément aux instructions de son mari, Antonio A. Elle explique qu’elle ne s’est pas posé de questions, en pleine période de congé maternité, et qu’elle faisait confiance à son époux.

- Un mari qui ne peut que reconnaitre, un chauffeur qui parle de « pâte à chicha » -

Antonio A., né en 1993 et vivant également à Saint-Nazaire, prétend qu’un contact rencontré sur Snapchat lui a remis la valise et qu’il n’avait aucune idée de son contenu. Il refuse cependant de communiquer les codes de son téléphone au cours de l'enquête. Il n’a aucune ressource déclarée.

Raï M., né en 2000, dit avoir simplement servi de chauffeur, persuadé qu’il transportait de la « pâte à chicha ». La procureure souligne pourtant que le véhicule de location n’était pas à son nom, et surtout que le téléphone de son frère – basé en métropole – a borné au même endroit que celui de Fatihou A., près de l’hôtel Ibis d’Orly.

La perquisition menée à son domicile, qu’il partage avec son frère, révèle de nombreux tickets d’envoi d’argent liquide ainsi que des photographies de stupéfiants sur son téléphone. Il les décrit comme « une collection », une sorte de passion.

Naila A., née en 2006 au Port, dit travailler au noir et nie toute implication alors que les quatre prévenus ont un casier judiciaire vierge.

- Le parquet ferme la porte aux explications -

La procureure écarte fermement leurs versions. « Plus c’est gros, plus ça passe. Qui irait contrôler une mère avec un bébé ? », lance-t-elle, en soulignant que les réseaux cherchent constamment de nouveaux stratagèmes. Elle estime que Fatihou A. n’apporte aucune preuve de sa bonne foi et que son mari tente de la couvrir pour éviter qu’ils soient incarcérés ensemble, ce qui laisserait l’enfant placé à La Réunion. Elle ne croit pas davantage aux explications de Raï M. et Naila A.

Les douanes demandent également une condamnation solidaire au paiement de l’amende douanière correspondant à la valeur marchande de la marchandise, soit 302 700 euros.

Le ministère public requiert trois ans de prison ferme à l’encontre du couple. À l’encontre de Naila A., la procureure demande une peine de quatre ans d’emprisonnement assortie d’un mandat de dépôt. Concernant Raï M., dont les faits seraient requalifiés en complicité, elle sollicite une peine de deux ans d’emprisonnement dont un an assorti d’un sursis probatoire.

- "Un maillon instrumentalisé" -

Me Catherine Moissonnier, avocate de Fatihou A., soutient que sa cliente n’a été qu’un « maillon instrumentalisé », qu’elle a simplement suivi les consignes de son mari contre la promesse de 10.000 euros dont il se réclame et dont elle ignorait tout. Elle plaide la relaxe totale, faute d’intentionnalité.

Me Julien Baracco, pour Raï M., insiste sur le fait que son client croyait réellement transporter de la pâte à chicha et qu’aucun élément de l’enquête ne démontre qu’il a partcipé au trafic. Il demande sa relaxe. A son tour de plaider, Me Nicolas Normand affirme qu’Antonio A. ne doit pas écoper d’une peine disproportionnée.Enfin, Me Sébastien Navarro souligne que les investigations n’ont pas permis d’établir une participation consciente de Raï M. à un trafic de stupéfiants.

Après en avoir délibéré, le tribunal condamne finalement Fatihou A. à deux ans de prison ferme. Antonio A., le mari, écope de trois ans de prison ferme. Naila A. et Raï M. sont condamnés à trente-six mois de prison avec sursis probatoire. Ils devront travailler ou suivre une formation, s’acquitter des sommes dues au Trésor public et ne plus entrer en contact avec les co-prévenus.

Enfin, les quatre condamnés devront solidairement payer l’amende douanière de 302 700 euros.

is/www.imazpress.com/redac@ipreunion.com

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1 Commentaires
10 ans
10 ans
3 jours

Met 10 ans.
Totoche a zot.