Sainte-Suzanne : pour un litige financier, trois hommes se vengent et incendient un garage

  • PubliĂ© le 29 aoĂ»t 2025 Ă  16:37
  • ActualisĂ© le 29 aoĂ»t 2025 Ă  16:40
Tribunal de saint-denis

Un simple litige de 975 euros a mené à un incendie criminel à Sainte-Suzanne, dans la nuit du 10 juin 2024. Trois hommes ont été jugés ce vendredi 29 août 2025 devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis. Le garage ELD Dépannage, lourdement touché, chiffre ses pertes à plus de 700.000 euros (Photo rb/www.imazpress.com).

Un diffĂ©rend de 975 euros aurait pu virer au drame. À Sainte-Suzanne, dans la nuit du 10 juin 2024, un garage et plusieurs vĂ©hicules ont Ă©tĂ© incendiĂ©s. Plus d’un an aprĂšs, ce vendredi 29 aoĂ»t 2025, trois hommes ont comparu devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis. Le procĂšs a mis en lumiĂšre une vengeance disproportionnĂ©e, des responsabilitĂ©s croisĂ©es et des prĂ©judices chiffrĂ©s Ă  plusieurs centaines de milliers d’euros.

Le gĂ©rant d’ELD DĂ©pannage n’en revient toujours pas : « s’il devait y avoir un incendie Ă  chaque fois qu’il y a un impayĂ©, l’üle de La RĂ©union serait dĂ©vastĂ©e », tonne son avocat Me Guillaume Mayer. Le prĂ©judice est colossal : trois dĂ©panneuses dĂ©truites, pour 425.000 euros, et un bĂątiment endommagĂ© Ă  hauteur de 275.000 euros. L’assurance n’a pas tout couvert, et l’activitĂ© a Ă©tĂ© paralysĂ©e.

- Deux silhouettes encapuchonnées escaladent le mur du garage -

Pourtant, Ă  l’origine, tout part d’un simple litige. Dominique S., 53 ans, estime avoir Ă©tĂ© flouĂ© de 975 euros. Au lieu de saisir la justice, il choisit de se venger. Le 10 juin 2024, peu avant 23 heures, deux silhouettes encapuchonnĂ©es escaladent le mur du garage. Un bidon d’essence, une vitre brisĂ©e Ă  coups de marteau, puis les flammes. L’incendie se propage vite Ă  des vĂ©hicules stationnĂ©s.

DerriĂšre Dominique S., deux jeunes : Christopher D., 21 ans, son beau-fils, et Mathieu M., 26 ans. Le premier reconnaĂźt avoir suivi son beau-pĂšre, sans rĂ©flĂ©chir : « je pensais qu’il s’agissait juste d’un vol », plaide-t-il. Le second, contactĂ© vers 22 heures ce soir-lĂ , assure n’avoir compris qu’au dernier moment la nature de la mission. « Il n’y a pas eu de dĂ©sistement, il n’a jamais reculĂ© », tranche la procureure VĂ©ronique Denizot.

Les enquĂȘteurs ont vite reliĂ© la voiture de Dominique S. aux faits : garĂ©e devant son lieu de travail, elle contenait encore le bidon d’essence. Des appels tĂ©lĂ©phoniques et la gĂ©olocalisation du portable de Mathieu M. ont fini de les confondre.

- "Sa dignité professionnelle a été bafouée"-

À la barre, les dĂ©fenseurs tentent d’attĂ©nuer la responsabilitĂ© de leurs clients. Me ValĂ©rie Yen-Pon dĂ©crit Christopher D. comme un jeune « influençable, manipulĂ© par son beau-pĂšre ». Me Fabian Gorce, conseil de Mathieu M., insiste : « il ne peut ĂȘtre sanctionnĂ© pour ce qui ne s’est pas produit, le feu est restĂ© circonscrit au garage ».

Face Ă  eux, Me George-AndrĂ© Hoarau, bĂątonnier, choisit une autre stratĂ©gie pour dĂ©fendre Dominique S. : « Mon client a Ă©tĂ© humiliĂ©. Il a travaillĂ© en pleine nuit pour le gĂ©rant, et n’a pas Ă©tĂ© payĂ©. C’est sa dignitĂ© professionnelle qui a Ă©tĂ© bafouĂ©e ».

La procureure dĂ©nonce un « dessein criminel », fruit d’une « colĂšre mal gĂ©rĂ©e », et s’étonne des propos « hallucinants » tenus par Dominique S. Ă  l’audience. Son casier est pourtant vierge, contrairement Ă  Christopher D., dĂ©jĂ  condamnĂ© Ă  plusieurs reprises pour violences et extorsions.

Le tribunal tranche : trois ans de prison pour chacun assorti de sursis probatoire différents. Ainsi, Dominique S. écope de 15 mois ferme, Christopher D. d' un an ferme et Mathieu M. de deux ans ferme. Des peines que les magistrats n'ont pas choisi d'aménager.

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1 Commentaires
Dubitatif toujours
Dubitatif toujours
8 mois

Pourquoi ne pas publier les noms des personnes, la chose étant jugée, il n'y a plus de présomption d'innocence et il n'y a pas d'appel (en tout cas, ce n'est pas dit dans l'article) ?