Alerte à la bombe à l'aéroport Roland-Garros : le mis en cause condamné à 36 mois de prison, dont 18 mois ferme pour menaces de mort

  • Publié le 5 juin 2026 à 19:10
Tribunal judiciare de Saint-denis

(Actualisé) Ce vendredi 5 juin 2026, comparait devant le tribunal de Champ-Fleuri (Saint-Denis), l'auteur d'alerte à la bombe visant l'aéroport Roland-Garros. Il a été condamné à 36 mois de prison, dont 18 mois ferme pour menaces de mort avec obligation de soins. Son maintien en détention a été acté. Le tribunal l'a toutefois relaxé sur les faits d'apologie du terrorisme. Le 26 juin 2025, l'homme avait adressé plusieurs courriels alarmants aux rédactions d'Imaz Press, de Radio Freedom et d'autres médias, annonçant un attentat imminent à l’arrivée du vol Air France AF648 et la menace de décapitation de personnes (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Dans la nuit du 25 au 26 juin 2025, plusieurs médias réunionnais reçoivent des e-mails inquiétants sur un projet d'attentat contre un avion d'Air France, mais aussi des photos de décapitations et de meurtres en pièces jointes.

L'auteur de ces envoies, menace les journalistes et les propriétaires des organes de presse si ses messages ne sont pas relayés.

En pleine nuit, l'un des journalistes prévient les forces de l'ordre.

Cette nuit là, la situation est immédiatement prise au sérieux. Tous les services, même les plus spéciaux, se lancent dans la traque du présumé terroriste. Grâce à son adresse IP, les forces de l'ordre parviennent à localiser son domicile à Saint-Pierre.

Le RAID est alors mobilisé et interpelle un jeune homme qui n'a rien d'un terroriste et encore moins du loup solitaire qui se radicalise tout seul avant un passage à l'acte. Placé en garde à vue, il est mis en examen pour apologie du terrorisme, menaces de mort et incarcéré.

- Déjà reconnu irresponsable pénalement en 2019 - 

Depuis son interpellation et sa garde à vue, Jordan G, né en 1995, n'est plus dans le cadre du terroriste, mais plus dans ses capacités cognitives que l'instruction s'oriente.

Déjà reconnu irresponsable pénalement en 2019 pour avoir aspergé d'essence une autre victime, le jeune homme présente des problèmes psychiatriques depuis très longtemps. Toute sa scolarité se passe en Cliss ou en Segpa. Il ne termine pas sa seconde année de CAP.

Il vit retranché chez lui, addict aux jeux vidéo puis aux films d'horreur avant de basculer sur des sites de violences ultimes comme des meurtres, des décapitations, etc. C'est comme cela qu'il se retrouve sur les sites djihadistes, dont ceux de Daesh.

Lorsque la Présidente l'interroge, le jeune homme, très certainement sous médicaments, est assez décousu dans ses explications. Oui, il regrette, il regrette beaucoup et on ne peut pas douter de sa parole immédiate. Mais le pourquoi reste une grande question.

Comme lors de sa garde à vue, de l'instruction et hier devant ses juges, il est incapable de dire pourquoi. "Je ne sais pas. "J'étais en colère." En colère de quoi, pourquoi, par rapport à quoi, aucune réponse. Et c'est cela qui est inquiétant. Les experts qui l'ont examiné à plusieurs reprises soulignent son impulsivité et sa capacité de passage à l'acte. "Je n'ai pas réfléchi, j'ai pété un plomb."

Un comportement, des dialogues, une personnalité qui inquiètent la procureure de la République.

Lors de longues réquisitions tendant à démontrer les qualifications d'apologie et de menaces de mort, la représentante de la société souligne aussi les déficiences du prévenu. Mais des déficiences qui ne doivent pas l'exonérer car les experts ne l'ont déclaré ni altéré, ni irresponsable. C'est en toute logique qu'elle requiert une peine lourde de 3 ans de prison, dont un en sursis probatoire avec obligations de soins et de travail.

C'est en toute logique que Me Carlet plaide sur la personnalité de son client. S'il ne réclame pas directement l’abolition, il la laisse sous-entendre lors de sa plaidoirie, tout en demandant une peine d'emprisonnement ferme qui couvre la détention.

- La rédaction d'Imaz Press, destinataire des menaces d'attentat -

Un premier mail a été reçu par notre rédaction le 26 juin 2025. L'auteur, qui se réclamait de l'Islam, annonçait la décapitation de deux voyageurs à l’arrivée du vol AF648. Il faisait également référence à une bombe posée "pour Allah", images choquantes à l’appui.

Une série de mails successifs, de plus en plus violents, a conduit les autorités à mobiliser en urgence les forces de sécurité dont le RAID.

L'auteur avait finalement été interpellé. Le 28 juin, il avait été placé en détention provisoire.

Dans les messages électroniques envoyés, la rédaction d'Imaz Press a été également visée. Deux autres médias, Antenne Réunion et Freedom, ont été concernés.

Aussitôt alertées, les autorités judiciaires et les services de police ont été saisis.

Dans un communiqué, le préfet de La Réunion avait indiqué que "malgré la faible crédibilité de ces menaces, le représentant de l'État a immédiatement mobilisé les forces de l’ordre (direction départementale de la police nationale de La Réunion, commandement de la gendarmerie de La Réunion et services de déminage) pour sécuriser l’aéroport et parer la menace, en lien avec les autorités aériennes".

Une enquête a été ouverte pour menace de crime, apologie du terrorisme et atteinte à la sûreté de l’État.

Si les deux autres médias se sont constitués partie civile, Imaz Press a fait le choix de ne pas porter plainte contre l'auteur des menaces.

Lire aussi - Il menace de décapiter deux personnes et de faire exploser l'aéroport, il est interpellé par la police

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