Etats-Unis

A la veille du scrutin, sprint de Trump pour déjouer les sondages

  • PubliĂ© le 2 novembre 2020 Ă  07:13
  • ActualisĂ© le 2 novembre 2020 Ă  09:16
Le président américain Donald Trump participe à un meeting de campagne Make America Great Again à Dubuque, dans l'Iowa, le 1er novembre 2020

A la veille de l'élection présidentielle américaine, Donald Trump jette lundi toutes ses forces dans la bataille avec l'espoir de faire mentir les sondages qui placent son rival démocrate Joe Biden en position de favori.

Dans une Amérique à fleur de peau, et dans le contexte anxiogÚne d'une épidémie de coronavirus en pleine recrudescence, l'ancien homme d'affaires de 74 ans continue à prédire une "vague" républicaine malgré des vents défavorables.

"Nous allons gagner quatre ans de plus dans notre magnifique Maison Blanche!", a lancĂ© dimanche celui qui redoute d'ĂȘtre le premier prĂ©sident Ă  ne pas ĂȘtre réélu pour un second mandat depuis plus d'un quart de siĂšcle.
Au programme de son dernier jour de campagne: cinq meetings, dans quatre Etats - Caroline du Nord, Pennsylvanie, Michigan, Wisconsin - avec un dernier acte Ă  Grand Rapids (Michigan), comme en 2016 oĂč il avait, dans la derniĂšre ligne droite, créé une surprise qui avait sidĂ©rĂ© le monde.

Joe Biden, 77 ans, se concentre lui sur la Pennsylvanie, qu'il espÚre faire basculer pour s'ouvrir enfin - à sa troisiÚme tentative - les portes de la Maison Blanche. "Encore deux jours! Dans deux jours, nous mettrons fin à cette présidence qui a divisé notre pays", a-t-il lancé dimanche depuis Philadelphie.

"La derniÚre fois (en 2016), Donald Trump a gagné la Pennsylvanie avec une avance de seulement 44.000 voix (sur un total de plus de 6 millions de voix), a-t-il rappelé. "Chaque vote compte!".

- Tensions dans le pays -

Un mois aprÚs son infection au Covid-19 et d'innombrables meetings de campagne, le président américain ne montre aucun signe de fatigue, bien au contraire. Il sillonne le pays depuis plus d'une semaine, passant, de fait, trÚs peu de temps à Washington.

Signe de la tension qui rÚgne à l'issue d'une campagne d'une agressivité inouïe, des commerces de plusieurs villes américaines, dont New York et la capitale Washington, se barricadaient par crainte de manifestations violentes.

Interrogé sur les spéculations dans les médias concernant la possibilité qu'il se déclare vainqueur mardi soir si les résultats sont indécis, Donald Trump a catégoriquement démenti. "Non, non, c'est une fausse information", a-t-il affirmé à sa descente d'Air Force One en Caroline du Nord.

"DĂšs que l'Ă©lection sera terminĂ©e, nos avocats seront prĂȘts", a-t-il cependant pris soin d'ajouter, laissant entrevoir la possibilitĂ© d'une longue bataille judiciaire.

"Ma réponse est que le président ne va pas voler cette élection", a de son cÎté affirmé Joe Biden.
Selon le New York Times, Donald Trump a l'intention d'organiser une soirée élections dans les salons de la Maison Blanche et envisagerait d'accueillir jusqu'à 400 invités.

Joe Biden s'adressera lui à la nation depuis son fief de Wilmington, dans le Delaware. Les sondages donnent l'avantage au démocrate.
Une enquĂȘte d'opinion du New York Times et du Siena College publiĂ©e dimanche le place devant Donald Trump dans quatre Etats dĂ©cisifs, tous remportĂ©s par le rĂ©publicain en 2016: Pennsylvanie, Arizona, Floride et Wisconsin. Mais les observateurs rĂ©pĂštent leurs appels Ă  la prudence, pointant pour exemple le scrutin de 2016, oĂč Donald Trump avait créé l'une des plus grandes surprises de l'histoire politique amĂ©ricaine, en battant Hillary Clinton.

L'atmosphĂšre de la soirĂ©e Ă©lectorale dĂ©pendra largement de l'ordre dans lequel les Etats-clĂ©s basculeront d'un cĂŽtĂ© ou de l'autre. Une victoire de Joe Biden en Floride, oĂč les rĂ©sultats pourraient ĂȘtre annoncĂ©s assez tĂŽt, pourrait mettre rapidement fin au suspense de la soirĂ©e Ă©lectorale. Les deux candidats septuagĂ©naires sont au coude-Ă -coude dans ce grand Etat du Sud-Est.

Singularité du systÚme américain: ce sont les grands électeurs, et non le vote populaire, qui font l'élection. En 2016, Donald Trump avait recueilli prÚs de trois millions de voix de moins qu'Hillary Clinton, mais avait remporté la majorité des 538 grands électeurs.

Plus de 93 millions d'Américains ont déjà voté à la présidentielle, laissant présager d'une participation record. L'ancien président Barack Obama, trÚs présent dans cette derniÚre ligne droite, se rendra lundi à Atlanta, en Géorgie, et à Miami, en Floride, pour faire soutenir la candidature de celui qui fut son vice-président pendant huit ans.

Depuis deux semaines, il appelle ne pas répéter les erreurs de 2016. "Beaucoup de gens sont restés chez eux, ont été flemmards et complaisants. Pas cette fois! Pas lors de cette élection!".

AFP

guest
0 Commentaires