Actualités du monde

A Petit-Palais-et-Cornemps, les habitants tentent de faire face "ensemble"

  • PubliĂ© le 24 octobre 2015 Ă  16:45
Un homme passe devant la salle des fĂȘtes oĂč une marche est annoncĂ©e, le 24 octobre 2015 Ă  Petit-Palais-et-Cornemps

"On n'a pas de mot pour le dire": Ă  Petit-Palais-et-Cornemps (Gironde), un village bouleversĂ© par le chagrin et oĂč la vie semble s'ĂȘtre arrĂȘtĂ©e, les habitants, aidĂ©s de psychologues, tentaient "ensemble" samedi de faire face Ă  la tragĂ©die.


Au lendemain de l'accident qui a tuĂ© au moins 43 personnes Ă  7 km de lĂ , quelques habitants se sont rĂ©unis comme la veille, dans l'Ă©motion, sur la place du village, prĂšs des voitures de certains disparus, oĂč de nombreux journalistes Ă©taient prĂ©sents. Les voix sont graves, les visages parfois marquĂ©s par une nuit sans sommeil.
"Les gens ont besoin de parler, de se vider la tĂȘte", estime JĂ©rĂ©mie Bessard, conseiller municipal et viticulteur. "J'ai mes petites habitudes, je bois un petit cafĂ© le matin au restaurant. On est tous une seule et mĂȘme famille, on chasse ensemble, on pĂȘche ensemble. Il y a des absences", ajoute-t-il.
A l'entrĂ©e de la salle des fĂȘtes, oĂč 43 bougies ont Ă©tĂ© allumĂ©es en hommage aux victimes, une marche est annoncĂ©e, dimanche Ă  15H00, en lettres noires sur un grand panneau blanc.
"On a besoin de se sentir tous ensemble, de se dire qu'on n'est pas tout seul", explique M. Bessard.
Depuis 09H00, une cellule médico-psychologique a été mise en place dans ce village qui est l'un des plus touchés par l'accident, afin de "recevoir les familles qui le souhaitent".
Lors de tels drames, "c'est souvent important de réunir les gens en groupe, car ils partagent un récit commun de ce qui s'est passé et cela peut les aider à faire face au deuil", a expliqué à l'AFP le Dr François Castandet, du PÎle psychiatrie de l'HÎpital de Libourne.
"On est surtout là pour aider les amis qui sont là, les amis qui restent", confie Gérard Garem, 70 ans, qui a perdu "beaucoup" de proches dans l'accident. La tragédie, "on n'a pas de mot pour le dire", glisse-t-il.
Dans la petite chapelle oĂč s'est tenue vendredi une cĂ©rĂ©monie suivie d'une veillĂ©e, quelques habitants se recueillaient devant des bougies et des bouquets de fleurs, alors qu'en face, dans le restaurant, d'autres discutaient des circonstances du drame.
Dans cette petite commune rurale de 756 habitants, la vie semble s'ĂȘtre arrĂȘtĂ©e. Sur les grilles du cimetiĂšre, un arrĂȘtĂ© municipal indique que la chasse est interdite dimanche "suite Ă  la catastrophe routiĂšre".
"On avait un match demain, on l'a annulé", indiquent à l'AFP Eric et Vincent, du club de foot local. Venus en soutien aux familles, ils racontent qu'ils collaboraient souvent avec le club du 3e ùge qui avait organisé l'excursion devant mener les retraités dans le Béarn.
"Il va falloir faire son deuil, mais ça va ĂȘtre long", soupire Jean-Pierre Tillard, un habitant de la commune venu proposer son aide.
"On est impuissants, à part venir soutenir un peu les familles", confie Fernando Padrao, venu de Lussac, qui a passé la journée d'hier et "une partie de la nuit" dans la chapelle.
"Je suis un peu abasourdi par ce drame. Ce sont des gens avec qui j'ai joué de la musique, passé ma jeunesse", se désole Claude Vergnaud, trÚs ému, qui dit qu'il avait "besoin" de venir. "Le soutien des familles sera surtout important pour +la suite+, ajoute-t-il. Le temps atténue les choses, mais on ne peut pas oublier".



Par Angus MACKINNON - © 2015 AFP
guest
0 Commentaires