Trois partis politiques ont annoncé vouloir présenter mercredi aprÚs-midi un accord en vue de former un gouvernement dirigé par le centre-gauche en Allemagne et ouvrir ainsi une nouvelle Úre aprÚs 16 années d'Angela Merkel.
PrĂšs de deux mois aprĂšs les Ă©lections lĂ©gislatives marquĂ©es par une dĂ©bĂącle historique pour le camp conservateur de la chanceliĂšre, les sociaux-dĂ©mocrates du SPD s'apprĂȘtent Ă prendre les rĂȘnes du pouvoir dans une alliance inĂ©dite avec les Verts et le parti libĂ©ral du FDP.
Ces trois formations vont présenter leur "contrat" de gouvernement - détaillant leur programme et négocié depuis plusieurs semaines - à 15H00 locales (14H00 GMT) à Berlin, ont-ils annoncé dans un communiqué.
Les portes de la chancellerie sont dĂ©sormais grandes ouvertes pour le social-dĂ©mocrate Olaf Scholz, 63 ans, qui devrait ĂȘtre investi chancelier dĂ©but dĂ©cembre par les dĂ©putĂ©s du Bundestag. L'Allemagne tournera alors dĂ©finitivement la page des annĂ©es Merkel, celle-ci n'assurant plus que la gestion des affaires courantes depuis un mois.
L'accord de coalition sur un programme gouvernemental a Ă©tĂ© ficelĂ© Ă l'issue de nĂ©gociations menĂ©es tambour battant. Sa conclusion rapide devrait rassurer les autres pays europĂ©ens, inquiets suite aux LĂ©gislatives de voir l'Allemagne sans rĂ©el capitaine Ă bord au moment oĂč la pandĂ©mie de Covid-19 reprend de plus belle.
L'UE affronte en outre une nouvelle crise majeure à ses portes avec l'afflux orchestré par le Bélarus de milliers de Syriens et d'Irakiens à la frontiÚre avec la Pologne.
- Premiers pas -
Olaf Scholz, rompu aux arcanes de la négociation, a déjà fait ses premiers pas sur la scÚne internationale en accompagnant Angela Merkel au sommet du G20 le mois dernier à Rome et en participant informellement aux principaux entretiens bilatéraux notamment avec le président américain Joe Biden.
Pour la premiĂšre fois depuis 16 ans, le SPD, arrivĂ© en tĂȘte avec 25,7% des voix lors du scrutin lĂ©gislatif de septembre, va de nouveau diriger le gouvernement de la principale Ă©conomique europĂ©enne.
L'Union chrétienne-démocrate (CDU) et son alliée bavaroise CSU entament quant elles une cure d'opposition avec pour objectif de se reconstruire aprÚs une cuisante défaite aux élections et un score historiquement bas de 18,9%.
ConcrÚtement, les dirigeants des trois partis en passe de gouverner doivent publier une feuille de route détaillée pour ces quatre prochaines années.
Fruit d'un compromis, ce contrat de coalition doit dĂ©finir toutes les rĂ©formes Ă©conomiques, environnementales, sociĂ©tales que le prochain gouvernement, dont la composition devrait ĂȘtre annoncĂ©e sous peu, mettra en oeuvre. Il fera la part belle Ă la lutte contre le rĂ©chauffement climatique, au premier plan des dĂ©bats durant la campagne Ă©lectorale, alors que l'Allemagne, en raison de son poids industriel, figure parmi les des plus gros pollueurs de la planĂšte.
Il a été mis au point en un temps record : aprÚs des discussions exploratoires, sociaux-démocrates, Verts et libéraux étaient entrés dans le vif du sujet le 21 octobre seulement avec la constitution de plus d'une vingtaine de groupes de travail.
Le soir mĂȘme des Ă©lections, tous avaient manifestĂ© leur volontĂ© d'aller vite pour ne pas rĂ©pĂ©ter le scĂ©nario de 2017 quand Angela Merkel avait mis plus de cinq mois Ă constituer son gouvernement, paralysant l'Europe Ă un moment important.
- Une femme Ă la diplomatie -
Les trois formations doivent encore distribuer les portefeuilles ministériels. Fruit d'un savant dosage, cette répartition devrait notamment se traduire par la nomination pour la premiÚre fois d'une femme au ministÚre des Affaires étrangÚres.
Candidate malheureuse des Ă©cologistes Ă la chancellerie aprĂšs une campagne ratĂ©e, Annalena Baerbock, 40 ans, devrait prendre la tĂȘte de la diplomatie allemande dans un gouvernement Ă paritĂ© hommes-femmes, selon les mĂ©dias.
Le trÚs important et prestigieux maroquin des Finances devrait quant à lui échoir au chef du parti libéral FDP, Christian Lindner, tenant d'une ligne orthodoxe sur les déficits publics.
Le populaire co-président des Verts, Robert Habeck devrait lui s'installer dans un "super ministÚre" de l'Economie, de l'Environnement et de l'Energie.
AFP



