L'intersyndicale qui a lancĂ© les blocages lundi en Martinique envisage de durcir le ton au moment oĂč les autoritĂ©s ouvrent le dialogue, dans cette Ăźle secouĂ©e comme sa voisine la Guadeloupe par une contestation du vaccin anti-Covid obligatoire, qui tourne Ă la violence dans certains quartiers.
"Nous avons reçu une invitation Ă une rencontre jeudi matin Ă 10H00 (15H00 Ă Paris, NDLR) avec le prĂ©fet et le prĂ©sident du conseil exĂ©cutif (de la CollectivitĂ© territoriale de Martinique Serge Letchimy) Ă la prĂ©fecture", a annoncĂ© Ă la presse Ăric Bellemare, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de Force ouvriĂšre Martinique mercredi aprĂšs-midi lors d'un point presse.
Une invitation arrivée alors que les membres de l'intersyndicale menaçaient "de prendre d'autres dispositions" face au "mépris affiché par la préfecture" avait lancé le représentant syndical.
Les leaders des 17 organisations syndicales, qui ont lancé un appel à la mobilisation en Martinique depuis lundi, vont désormais se tourner vers leurs bases respectives pour décider des actions à venir.
Les syndicats ont tout de mĂȘme prĂ©venu qu'ils ne comptaient pas baisser la garde. "Si jusqu'Ă prĂ©sent l'Ătat a fait de petits pas, c'est grĂące au rapport de force", a observĂ© Gabriel Jean-Marie, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la CGTM. Les barrages pourraient donc persister.
- Nouveaux heurts -
Des violences ont de nouveau eu lieu en Martinique et en Guadeloupe dans la nuit de mardi à mercredi, faisant des blessés parmi les forces de l'ordre, tandis que les barrages ont continué de paralyser l'activité sur ces deux ßles en proie à une crise sociale d'ampleur.
La préfecture de Guadeloupe, qui a prolongé le couvre-feu jusqu'à samedi, a annoncé que deux gendarmes avaient "été légÚrement blessés" et six interpellations réalisées, durant la nuit.
Le ministre des Outre-mer SĂ©bastien Lecornu a assurĂ© qu'en Guadeloupe, "la rĂ©ponse pĂ©nale est en cours: pratiquement une centaine d'interpellations au moment oĂč je vous parle".
- Interpellations -
En Martinique, la prĂ©fecture a indiquĂ© que "des Ă©vĂšnements trĂšs violents sont survenus dans l'agglomĂ©ration de Fort-de-France dans la nuit". "Sept policiers et cinq gendarmes ont Ă©tĂ© lĂ©gĂšrement blessĂ©s mais ils n'ont pas Ă©tĂ© hospitalisĂ©s", selon la mĂȘme source.
"Cinq personnes ont été interpellées et se trouvent toujours en garde à vue pour tentatives d'homicide et violences aggravées sur personnes dépositaires de l'autorité publique, dégradations par incendie, port et détention d'armes, participation à des attroupements armés. Ils ont tous été déjà condamnés", a-t-elle ajouté.
Depuis Paris, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a dénoncé une "minorité récalcitrante" et "violente" qui prend "toute une ßle en otage".
"La santĂ© publique ne peut pas ĂȘtre instrumentalisĂ©e Ă des fins politiques", a-t-il insistĂ© Ă l'issue du Conseil des ministres lors duquel le prĂ©sident Emmanuel Macron a "rappelĂ© que notre objectif, notre cap, c'est de protĂ©ger les GuadeloupĂ©ens".
- "L'Ătat laisse pourrir la situation" -
Pour calmer la situation, le Premier ministre Jean Castex avait notamment annoncé lundi la création d'une "instance de dialogue" afin de "convaincre et d'accompagner individuellement, humainement", les professionnels concernés par l'obligation vaccinale.
Le ministre de la Santé Olivier Véran a également "décidé de mettre en place une structure qui va permettre de trouver une solution à chacune des 1.400 personnes suspendues parce qu'elle ne sont pas en conformité avec cette obligation vaccinale", a expliqué Sébastien Lecornu.
Le ministre des outre-mer réunira jeudi en visio-conférence "l'ensemble des élus de la Guadeloupe" pour aborder les mesures sanitaires mais aussi de la question de la jeunesse "qui se retrouve sur les barrages".
Des solutions qui n'ont pas convaincu en Guadeloupe. "Il y en a ras le bol. L'Ătat laisse pourrir la situation. Au lieu de rĂ©pondre, ils nous envoient le GIGN. Tant qu'il n'y pas de nĂ©gociation, on est lĂ , on attend", a dĂ©clarĂ© Ă l'AFP, Colette, qui refuse de donner son nom, participant Ă un rassemblement au niveau d'un barrage, sur la commune Les Abymes.
Cette technicienne administrative dans un centre de dialyse dépendant du CHU, est contre l'obligation vaccinale qu'elle assimile à "un viol". Opposée au vaccin principalement par "manque de recul", elle a "reçu sa mise en demeure préalable à sa suspension".
AFP








