Rassemblement

Appel à l'unité des Français avant la grande marche contre l'antisémitisme

  • Publié le 12 novembre 2023 à 06:50
  • Actualisé le 12 novembre 2023 à 07:12

"Une France où nos concitoyens juifs ont peur n'est pas la France". Même s'il n'y participera pas, Emmanuel Macron a donné le ton de la grande marche civique contre l'antisémitisme qui se déroule dimanche après-midi à Paris.

Organisée à l'appel des présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher, elle se veut une réponse à l'explosion du nombre d'actes hostiles aux Juifs depuis les massacres du Hamas en Israël le 7 octobre et la riposte militaire qui a suivi.

"Pour la République, contre l'antisémitisme": c'est derrière cette banderole que les présidents des deux chambres mèneront le cortège parisien, qui reliera le palais Bourbon et celui du Luxembourg, à partir de 15H00, au départ de l'esplanade des Invalides.

Des rassemblements et des défilés sont également prévus en province, notamment à l'appel de l'Association des maires de France.

Le carré de tête à Paris réunira des personnalités "incarnant" la République, mais "pas de chefs de parti", avec au premier rang la Première ministre Elisabeth Borne, dont le père de confession juive a été déporté, les ex-présidents

François Hollande et Nicolas Sarkozy et d'anciens chefs de gouvernement.

Environ 25 ministres devraient marcher dimanche à Paris et une dizaine en province, selon Matignon.

Le président Emmanuel Macron s'est adressé aux Français samedi soir, par le biais d'une lettre publiée par le journal Le Parisien. Il y a déploré "l'insupportable résurgence d'un antisémitisme débridé".

"Qu'il soit religieux, social, identitaire ou racial, l'antisémitisme est toujours tel que le présentait Émile Zola : odieux", a-t-il écrit, en lançant un appel à l'unité de la France "derrière ses valeurs, son universalisme".

"Cette lutte contre l'antisémitisme ne doit jamais nous diviser ni jamais conduire à opposer certains de nos compatriotes à d'autres", a-t-il insisté.

Mais cette marche parisienne et les manifestations organisées en province sont loin de refléter une union nationale.

Leur préparation a donné lieu à une féroce bataille politique sur la présence dans le défilé du Rassemblement national (RN) et de l'autre parti d'extrême droite Reconquête.

La participation du RN de Marine Le Pen, "un parti politique créé par les héritiers de Vichy", ce n'est "pas de l'unité mais de l'indécence", a ainsi jugé le porte-parole du gouvernement Olivier Véran dans Le Parisien.

La cheffe de file des députés RN, Marine Le Pen, considère pour sa part que la marche devrait "rassembler" les Français autour du rejet à la fois de l'antisémitisme et du "fondamentalisme islamiste qui est une idéologie totalitaire".

-"Fauteurs de haine"-

La France insoumise (gauche radicale) de Jean-Luc Mélenchon, accusé d'ambiguïtés sur l'antisémitisme, boycotte de son côté la manifestation du fait de la présence du RN, même si des Insoumis devraient se ranger derrière d'autres initiatives dimanche, à Paris ou en province.

Le président des Républicains (droite) Eric Ciotti a de son côté demandé à Emmanuel Macron de "clarifier les motifs" qui l'ont conduit à ne pas venir dimanche, estimant que le "+en-même-temps+ n'est définitivement plus praticable".

Un important dispositif de sécurité sera déployé avec "plus de 3.000 policiers et gendarmes" ainsi que "des unités d'élite mobilisées", selon le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Les partis de gauche Europe Ecologie-Les verts, PS et PCF ainsi que des associations de défense des droits humains et des organisations de jeunesse défileront derrière une banderole commune "contre l'antisémitisme et tous les fauteurs de haine et de racisme" dans une démarche de "cordon républicain" face à l'extrême droite. Ils entendent ainsi séparer physiquement l'extrême droite du reste de la manifestation.

Celle-ci devrait être silencieuse. Aucune prise de parole n'est prévue dans le cortège.

De nombreux représentants des cultes seront aussi présents mais les musulmans devraient être peu nombreux, plusieurs organisations déplorant l'absence de l'islamophobie dans l'appel à manifester.

AFP

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1 Commentaires
Missouk
Missouk
2 semaines

Si cette marche avait été organisée contre l'antisémitisme et le racisme, elle aurait bien plein de succès, aurait fait couler bien moins d'encre, et écarté de facto le RN... Mais en France on adore les polémiques!