Apple a Ă©copĂ© d'une amende transactionnelle de 25 millions d'euros, a annoncĂ© vendredi l'autoritĂ© de la concurrence (DGCCRF) au terme d'une enquĂȘte qui a conclu Ă des "pratiques commerciales trompeuses par omission" du gĂ©ant amĂ©ricain de la technologie.
"A la suite d'une enquĂȘte de la direction gĂ©nĂ©rale de la concurrence, de la consommation et de la rĂ©pression des fraudes (DGCCRF) et aprĂšs accord du procureur de la RĂ©publique de Paris, le groupe Apple a acceptĂ© de payer une amende de 25 millions d'euros dans le cadre d'une transaction pĂ©nale", se fĂ©licite l'instance dans un communiquĂ©.
Le parquet avait ouvert le 5 janvier 2018 une enquĂȘte prĂ©liminaire pour "obsolescence programmĂ©e" (finalement non retenue au terme des investigations) Ă la demande de l'association Halte Ă l'obsolescence programmĂ©e (Hop), qui accusait Apple de ralentir volontairement ses anciens modĂšles de smartphones pour accĂ©lĂ©rer leur remplacement.
L'enquĂȘte, qui a Ă©tĂ© confiĂ©e Ă la DGCCRF, a "montrĂ© que des dĂ©tenteurs d'iPhone n'avaient pas Ă©tĂ© informĂ©s que les mises Ă jour du systĂšme d'exploitation iOS (10.2.1 et 11.2) qu'ils installaient Ă©taient susceptibles de conduire Ă un ralentissement du fonctionnement de leur appareil", prĂ©cise le communiquĂ©.
"Nous sommes heureux de cette issue avec la DGCCRF", a réagi Apple dans un communiqué. "Notre objectif a toujours été de créer des produits sûrs qui sont appréciés par nos clients et faire que les iPhone durent aussi longtemps que possible en est une part importante".
Le 21 décembre 2017, le groupe américain, qui commercialise chaque année un nouveau modÚle de son téléphone vedette, avait reconnu qu'il bridait volontairement les performances du téléphone aprÚs un certain temps dans le but "de prolonger la durée de vie" de celui-ci.
Une décision prise, selon lui, en raison de l'utilisation de batteries au lithium-ion qui ont davantage de difficultés à répondre à d'importantes sollicitations par l'utilisateur du téléphone lorsqu'elles vieillissent.
"C'est une premiĂšre victoire historique contre des pratiques scandaleuses du prĂȘt-Ă -jeter, tant pour les consommateurs que pour l'environnement", ont rĂ©agi Ă leur tour dans un communiquĂ© Laetitia Vasseur et Samuel Sauvage, les cofondateurs de l'association Hop, qui s'est appuyĂ©e sur prĂšs de 15.000 tĂ©moignages pour lancer son recours.
L'association n'a toutefois pas été suivie sur l'obsolescence programmée, la justice ayant simplement retenu des "pratiques commerciales trompeuses par omission". Hop déplore également le recours à cette transaction pénale qui "prive les consommateurs d'un procÚs public sur l'obsolescence programmée".
L'association indique Ă©galement qu'elle envisage de formuler une demande de dommages et intĂ©rĂȘts pour les clients lĂ©sĂ©s.
AFP
