Attaque amĂ©ricaine contre le Venezuela : ce que l'on sait

  • PubliĂ© le 3 janvier 2026 Ă  13:09
  • ActualisĂ© le 5 janvier 2026 Ă  05:21
Des avions de combat américains sur le tarmac de l'aéroport José Aponte de la Torre à Ceiba, sur l'ßle de Porto Rico, le 3 janvier 2026

Les États-Unis ont menĂ© dans la nuit de vendredi Ă  samedi une sĂ©rie d'attaques aĂ©riennes sur le Venezuela, et le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump a affirmĂ© que ses forces avaient capturĂ© et exfiltrĂ© son homologue vĂ©nĂ©zuĂ©lien, Nicolas Maduro.

De premiÚres puissantes explosions ont été entendues peu avant 02H00 du matin (06H00 GMT) à Caracas et dans les environs de la capitale, jusqu'à 03H15 (07H15 GMT), a constaté l'AFP.

Des images sur les réseaux sociaux ont montré des missiles fendant le ciel puis s'abattant sur leur cible. Des hélicoptÚres ont également été vus dans le ciel de Caracas.

Peu avant 11H00 GMT, un sĂ©nateur amĂ©ricain a affirmĂ© que les États-Unis avaient achevĂ© leur action militaire.

- Qu'ont visé ces attaques ? -

Des explosions suivies de panaches de fumĂ©e et d'incendies ont visĂ© le Fuerte Tiuna, le complexe militaire le plus important du Venezuela, qui abrite le ministĂšre de la DĂ©fense et l'AcadĂ©mie militaire. De trĂšs vaste Ă©tendue, il abrite non seulement des structures militaires, mais aussi des espaces urbains de logement de troupes oĂč vivent des milliers de familles.

A une des portes d'entrée - toujours gardée -, un petit blindé et un camion portaient des impacts visibles de balles, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des habitants fuyaient la zone au petit matin avec valises et sacs. Ils ont refusĂ© d'ĂȘtre interviewĂ©s, mais une habitante a lancĂ© qu'elle partait "parce qu'ils ont failli nous tuer".

D'autres explosions ont retenti prÚs du complexe aéronautique de La Carlota, aéroport militaire et de vols privés, dans l'est de Caracas. Un petit blindé brûlant et un bus calciné étaient visibles, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des explosions ont Ă©galement Ă©tĂ© rapportĂ©es dans l'ouest du pays, Ă  la Guaira (aĂ©roport international et port de Caracas), Ă  Maracay, capitale de l’État d'Aragua (100 km au sud-ouest de Caracas), et Ă  Higuerote (100 km Ă  l'est de Caracas) dans l’État de Miranda, sur la cĂŽte CaraĂŻbe.

À lire aussi : VĂ©nĂ©zuela : l'AmĂ©rique attaque le pays, capture et exfiltre le prĂ©sident Maduro, annonce Donald Trump

- Quel bilan de victimes ? -

Le ministre de la Défense, le général Vladimir Padrino Lopez, a accusé l'armée américaine d'avoir frappé "au moyen de missiles et de roquettes tirés depuis leurs hélicoptÚres de combat des zones résidentielles de population civile".

Aucun bilan humain n'Ă©tait disponible, M. Padrino disant ĂȘtre "en train de recueillir les informations relatives aux blessĂ©s et aux morts".

- Le prĂ©sident Maduro arrĂȘtĂ© et exfiltrĂ© ? -

"Le président Nicolas Maduro avec son épouse (Cilia Flores) a été capturé et exfiltré du pays", a écrit M. Trump sur son réseau Truth Social.

On ne sait pas comment le prĂ©sident Maduro a pu ĂȘtre capturĂ©. Des hĂ©licoptĂšres amĂ©ricains ont Ă©tĂ© vus dans le ciel de Caracas.

Personne ne savait exactement oĂč rĂ©sidait le prĂ©sident vĂ©nĂ©zuĂ©lien, auquel on prĂȘtait de changer souvent de rĂ©sidence ces derniers mois. Jeudi, la tĂ©lĂ©vision avait diffusĂ© une interview de M. Maduro dans laquelle il circulait en voiture dans Caracas.

La vice-présidente du Venezuela, Delcy Rodriguez, a exigé une "preuve de vie" du couple présidentiel. La Russie a demandé "des éclaircissements immédiats" sur la situation de M. Maduro.

- Quelles réactions internationales ? -

La Russie, allié principal du Venezuela, a condamné "un acte d'agression armée", rejetant "les prétextes utilisés pour justifier de telles actions" et regrettant que "l'hostilité idéologique ait triomphé du pragmatisme d'usage".

Autre soutien du Venezuela, l'Iran a pointĂ© une "violation flagrante de la souverainetĂ© nationale et de l'intĂ©gritĂ© territoriale du pays", fustigeant "l'agression illĂ©gale des États-Unis", ennemi de la RĂ©publique islamique.

En Europe, la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas, a appelé à la "retenue" et au respect des "principes du droit international et de la Charte des Nations unies". L'Espagne s'est proposée pour jouer les intermédiaires, se disant "disposée à offrir ses bons offices pour parvenir à une solution pacifique et négociée à la crise actuelle".

Le Venezuela a demandĂ© samedi une rĂ©union d’urgence du Conseil de sĂ©curitĂ©.

AFP

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