La mère d’élève qui avait menacé, à l’aide d’une arme, lundi la directrice et une enseignante d’une école maternelle de Nice a été mise en examen notamment pour tentative de meurtre et écrouée mercredi, a annoncé le parquet.
Cette femme de 36 ans en situation irrégulière avait été assignée à domicile et avait fait l’objet d’un suivi pour radicalisation islamiste mais les motifs de son attaque avec un couteau et une arme à feu restent inconnus.
Déférée mercredi à la mi-journée devant un juge d’instruction, elle a été mise en examen pour tentative de meurtre sur un enseignant, séquestration, port d’arme ou encore détention frauduleuse de documents administratifs.
Pendant ses deux jours de garde à vue, elle a contesté les violences de lundi mais reconnu avoir actionné plusieurs fois son arme, en précisant qu’elle savait qu’elle était vide, et exprimé des regrets.
Née en Tunisie, elle est mère de quatre enfants, et séparée du père des deux plus jeunes, qui a été mis en examen pour tentative d’homicide et violences habituelles sur conjoint dans une affaire où elle est partie civile.
Elle avait été reconduite en Tunisie en 2019 mais avait de nouveau été interpellée en France en 2023 et pointait depuis régulièrement au commissariat, sous le coup d’une IAT (interdiction administrative de territoire).
Lundi matin, après avoir confié ses deux plus jeunes enfants à une connaissance, elle s’était présentée à l’école Clément Roassal, située dans un quartier à forte mixité culturelle près du centre de Nice, en demandant à parler à la directrice.
- Pistolet automatique -
Armée d’un couteau et d’une arme à feu qu’elle a déclaré avoir achetée deux jours plus tôt, elle est restée une heure dans le bureau de la directrice, filmant sur son téléphone une partie de leurs échanges.
Elle a évoqué des accusations « d’agressions sexuelles dont un de ses enfants aurait été victime », avait expliqué mardi M. Martinelli, tout en relevant qu’aucune plainte ou signalement n’avait été enregistré. Il n’a pas fait état de propos en lien avec l’islam.
La femme a frappé la directrice et a actionné son arme pointée sur elle, sans qu’aucun coup ne parte. Une enseignante croisée à la sortie du bureau a subi elle aussi une gifle et une menace avec l’arme.
Repartie de l’école, la femme a été suivie grâce aux caméras de surveillance et interpellée peu après à son domicile dans une rue proche.
Lors d’une perquisition, au cours de laquelle la femme a brièvement tenté de s’échapper, les enquêteurs ont retrouvé un couteau Laguiole ainsi que plusieurs passeports, dont certains pourraient être faux.
L’arme à feu n’a pas été retrouvée, mais si le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a évoqué mardi devant les députés une arme "heureusement factice", elle apparaît sur la vidéo de la femme comme "un pistolet automatique" et la directrice a témoigné "avoir perçu qu’elle était en métal", selon le procureur.
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé qu’il se rendrait à Nice "en fin de semaine", assurant que les victimes recevraient "dans la durée, la protection et l’accompagnement dont elles ont besoin".
AFP
