Prison de Domenjod : la création d'une unité dédiée aux détenus souffrant de troubles psychiatriques, une nécessité sanitaire

  • Publié le 5 novembre 2026 à 14:30
prisons Domenjod

Le mardi 27 octobre 2026 à la prison de Domenjod à Saint-Denis, un surveillant pénitentiaire a été victime d'une tentative d’étranglement par un détenu connu pour des troubles psychiatriques. Face à des attaques répétées et à la suite de revendications de syndicats de surveillants pénitentiaires de La Réunion pour la création d'une unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA), les députés Émeline K/Bidi et Frédéric Maillot ont interpellé le ministre de la Justice (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

"Les événements survenus ces derniers jours à La Réunion viennent une nouvelle fois mettre en lumière une situation particulièrement préoccupante : l'absence de structures adaptées à la prise en charge des personnes détenues souffrant de troubles psychiatriques graves, qui met aujourd'hui en danger tant les patients eux-mêmes que les personnels pénitentiaires et les autres détenus", rappellent les députés.

Le 28 octobre 2026, un surveillant pénitentiaire de la maison d'arrêt de Domenjod a été agressé par un détenu présentant des troubles psychiatriques. Le surveillant a été victime d'une tentative d’étranglement alors que le prisonnier souhaitait changer de cellule.

"Quelques jours auparavant, le tribunal judiciaire de Saint-Denis était confronté à deux autres situations particulièrement révélatrices des carences de notre système de prise en charge. À chaque fois, malgré des troubles psychiatriques avérés, les personnes ont été envoyées en détention ordinaire, sans prise en charge adaptée", indiquent Émeline K/Bidi et Frédéric Maillot.

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- Une "défaillance structurelle" dans les prisons de La Réunion -

Selon les députés, "ces affaires sont les symptômes d'une défaillance structurelle qui appelle désormais une réponse urgente de l'État".

À ce jour, La Réunion ne dispose ni d'Unité pour malades difficiles (UMD), ni d'Unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA), "pourtant indispensable pour assurer l'hospitalisation psychiatrique des personnes détenues dont l'état de santé nécessite une prise en charge spécialisée. Cette absence de structure adaptée conduit à maintenir en détention ordinaire des personnes dont les troubles psychiatriques nécessiteraient des soins hospitaliers spécifiques, dans des conditions qui ne permettent pas toujours de garantir la continuité et la qualité de leur prise en charge, poursuivent-ils dans le courrier à destination de Gérald Darmanin.

"Elle expose également les personnels pénitentiaires à des situations particulièrement difficiles, voire dangereuses, alors même qu'ils ne disposent ni de la formation ni des moyens médicaux nécessaires pour répondre à des crises psychiatriques aiguës."

- La création d'une UHSA à La Réunion, une nécessité sanitaire -

"Monsieur le Ministre, cette situation soulève une double exigence : celle de la protection des personnels pénitentiaires, dont la sécurité doit être pleinement garantie, et celle du respect du droit fondamental à la santé des personnes privées de liberté. La prison ne peut devenir, faute de structures adaptées, le lieu où l'on relègue des personnes souffrant de pathologies psychiatriques graves. La détention ne saurait se substituer aux soins, pas davantage que les surveillants pénitentiaires ne sauraient se substituer aux soignants."

"Il en va également du principe d'égalité entre les territoires de la République. L'éloignement géographique de La Réunion ne saurait justifier que les personnes détenues y disposent de possibilités de prise en charge psychiatrique hospitalière inférieures à celles offertes dans l'Hexagone", indiquent les élus.

La création d'une UHSA "n'est ni une demande de confort ni une revendication accessoire. Elle répond à une nécessité sanitaire, à un impératif de sécurité et à une exigence d'égalité républicaine".

- Plus de 1.000 détenus à la prison de Domenjod -

Le centre pénitentiaire de Domenjod accueille aujourd'hui près de 1.000 détenus pour une capacité de 575 places, soit un taux d'occupation d'environ 174 %.

Cette surpopulation aggrave considérablement les conditions de détention, accroît les tensions et les risques de violences, et rend plus difficile encore le travail quotidien des personnels pénitentiaires.

"Dans un établissement déjà soumis à une telle pression, l'absence de prise en charge adaptée des troubles psychiatriques constitue un facteur de risque supplémentaire que nous ne pouvons plus ignorer", lancent les députés.

Dans le cadre de l'examen du projet de loi de finances pour 2027, Émeline K/Bidi et Frédéric Maillot ont décidé de déposer un amendement visant à mobiliser les crédits nécessaires à la création d'une Unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) à La Réunion.

Ils demandent désormais au ministre de la Justice de soutenir cette initiative parlementaire et engager, en lien avec le ministère chargé de la Santé, les travaux nécessaires à la programmation et au financement de cet équipement indispensable.

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ma.m/www.imazpress.com/[email protected]

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