Cherif Chekatt est toujours en fuite

Attentat de Strasbourg: la chasse Ă  l'homme se poursuit

  • PubliĂ© le 13 dĂ©cembre 2018 Ă  13:33
  • ActualisĂ© le 13 dĂ©cembre 2018 Ă  13:40
Une photo de Cherif Chekatt, l'auteur présumé de l'attentat du marché de Noël de Strasbourg, qui a fait au moins deux morts, obtenue par l'AFP le 12 décembre 2018

Il a un nom, un visage, mais il court toujours: la chasse Ă  l'homme se poursuit jeudi pour arrĂȘter Cherif Chekatt, le suspect numĂ©ro 1 de l'attentat du marchĂ© de NoĂ«l de Strasbourg, qui reste fermĂ©.

La police nationale a lancé mercredi soir un appel à témoins pour retrouver l'homme le plus recherché de France, aprÚs une attaque qui a fait deux morts et douze blessés dont un en état de mort cérébrale.

"Attention, individu dangereux, surtout n'intervenez pas vous-mĂȘme", a mis en garde la police, dĂ©crivant un individu de 1,80 m, "peau mate", "corpulence normale" et "marque sur le front". Toute personne en possession "d'informations permettant de le localiser" est appelĂ©e Ă  composer le 197.

Le marché de Noël, qui attire chaque année deux millions de touristes, a été fermé mercredi et l'est encore jeudi: toutes les illuminations de la ville ont été éteintes et le grand sapin de 30 m de haut qui domine la place Kléber n'est plus éclairé. Avec Cherif Chekatt en fuite, le préfet du Bas-Rhin, Jean-Luc Marx, estime que les conditions de sécurité ne sont pas suffisantes pour une réouverture.

Le préfet a tenté de rassurer, en rappelant que la ville reste quadrillée par les forces de l'ordre. Et il a souligné n'avoir "pas relevé de faille dans le dispositif" de sécurité en place autour du marché de Noël mardi, jour de l'attaque. "Le mieux est de pouvoir en tout cas l'intercepter (Cherif Chekatt) le plus rapidement possible et de mettre un terme à cette traque parce que c'est important de l'attraper", a déclaré sur CNews le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux.

- Blessé au bras-

Si peu de personnes étaient dans les rues mercredi, les Strasbourgeois reprenaient leurs habitudes jeudi matin. Les écoles, médiathÚques, piscines, gymnases etc. ont rouvert. En revanche, les animations et événements prévus dans l'espace public ont été annulés et les marchés en extérieur fermés.

Un temps de priÚre oecuménique est prévu à 18H00 à la cathédrale.

Sur la place KlĂ©ber et Ă  plusieurs endroits oĂč a eu lieu l'attaque, des passants ont commencĂ© Ă  rendre hommage aux victimes par des inscriptions "Je suis Strasbourg", des bougies et pĂ©tales de roses.

NĂ© Ă  Strasbourg et fichĂ© "S" ("sĂ»retĂ© de l'État") pour sa radicalisation islamiste, Cherif Chekatt, 29 ans, a un passĂ© judiciaire trĂšs lourd avec pas moins de 27 condamnations. Il est soupçonnĂ© d'avoir ouvert le feu mardi peu avant 20H00 dans des rues commerçantes du centre historique de Strasbourg, alors que le marchĂ© de NoĂ«l allait fermer.

L'assaillant, équipé d'une arme de poing et d'un couteau, a ensuite échangé des tirs avec les forces de l'ordre, qui l'ont blessé au bras.
Dans des circonstances encore floues, l'assaillant a rĂ©ussi Ă  prendre un taxi pour se rendre dans le quartier du Neudorf, oĂč a eu lieu un nouvel Ă©change de tirs avec la police, avant qu'il ne disparaisse. Au total, 720 membres des forces de l'ordre sont Ă  sa recherche.

Des témoins ont entendu Cherif Chekatt crier "Allah Akbar", et la section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie des faits.
Selon la radio allemande Inforadio-RBB, citant des sources proches de l'enquĂȘte, il aurait reçu, juste avant l'attaque, un appel en provenance d'Allemagne, auquel il n'aurait pas rĂ©pondu.

- Allemagne, Suisse en alerte -

L'assaillant compte 67 antécédents judiciaires, dont 27 condamnations en France, Allemagne et Suisse pour des faits de droit commun.
"Il a déjà été incarcéré à de multiples reprises et était connu de l'administration pénitentiaire pour sa radicalisation et son attitude prosélyte en 2015", a rappelé le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz. L'assaillant était inscrit au Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractÚre terroriste (FSPRT) et faisait "l'objet d'un suivi de la DGSI", a-t-il ajouté.

Mardi matin, jour de l'attentat, il devait ĂȘtre interpellĂ© par les gendarmes dans le cadre d'une enquĂȘte de droit commun, mais a Ă©chappĂ© Ă  cette arrestation.

PrĂšs de 40 heures aprĂšs les faits, il n'est pas sĂ»r que Cherif Chekatt soit encore en France. Les enquĂȘteurs ont pensĂ© un moment qu'il pouvait avoir passĂ© la frontiĂšre et s'ĂȘtre rĂ©fugiĂ© Ă  Kehl, juste de l'autre cĂŽtĂ© du Rhin. Une intervention des polices française et allemande n'a pas permis de retrouver sa trace mercredi matin.

Les autorités françaises "sont bien entendu en lien avec les autorités allemandes", a dit le préfet Marx.

La Suisse, à 130 km au sud de Strasbourg, a aussi renforcé ses mesures de sécurité à la frontiÚre. Mardi soir, les autorités ont déclenché sur toute la France le niveau "urgence attentat", le plus haut niveau du plan Vigipirate, permettant "la mobilisation exceptionnelle de moyens" le temps de la recherche d'un assaillant.

En décembre 2016, l'auteur de l'attentat contre le marché de Noël de Berlin, qui avait fait 12 morts et 48 blessés avec un camion bélier, avait été tué quelques jours plus tard bien loin du lieu de son forfait, lors d'un contrÎle de police à Milan, dans le nord de l'Italie.

AFP

guest
0 Commentaires