45 personnes arrivées à Paris

Atterrissage du premier contingent d'exfiltrés de Kaboul par la France

  • PubliĂ© le 17 aoĂ»t 2021 Ă  20:19
  • ActualisĂ© le 17 aoĂ»t 2021 Ă  21:09
Capture d'une vidéo AFP  des premiers Français évacués d'Afghanistan et arrivant à l'aéroport de Roissy le 17 août 2021

Les 45 premiers exfiltrés de Kaboul par la France, mais sans Afghans à ce stade, sont arrivés mardi en avion prÚs de Paris, premiÚre rotation complÚte du pont aérien mis en place par la France aprÚs la chute de la capitale afghane aux mains des talibans.

L'A310 de l'armée française s'est posé aux alentours de 17h30 (15h30 GMT) sur le tarmac de l'aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle, ont constaté des journalistes de l'AFP.

En plus des 45 ressortissants français et étrangers évacués de Kaboul, il transportait une soixantaine de militaires de retour d'opérations extérieures depuis la base d'Abou Dhabi, la capitale des Emirats arabes unis, a précisé une source du ministÚre des Armées.

D'autres rotations sont prévues dans les heures et jours à venir, pour évacuer tous les ressortissants français, ainsi notamment que des Afghans ayant travaillé pour des organisations françaises et qui quittent un pays en proie à la panique.

Aucun détail n'a été communiqué sur les mesures sanitaires prises à l'arrivée pour détecter d'éventuelles contaminations au Covid-19. D'aprÚs le ministÚre, ces premiers exfiltrés sont Français et issus de "pays partenaires". L'évacuation des Afghans qui seront pris en charge par la France n'a en revanche pas encore commencé.

Plus tÎt dans la matinée, la ministre des Armées Florence Parly avait annoncé l'arrivée aux Emirats des premiers exfiltrés. "AprÚs une situation trÚs chaotique en fin de journée hier" à l'aéroport de Kaboul, un premier avion a pu atterrir puis repartir et est "arrivé en fin de nuit" sur une base française émiratie, a-t-elle déclaré à la radio RTL.

Lundi, la situation Ă  l'aĂ©roport de Kaboul, dont les pistes ont Ă©tĂ© envahies, avait empirĂ© au point que tous les vols, civils et militaires, avaient dĂ» ĂȘtre suspendus pendant plusieurs heures. Des vidĂ©os diffusĂ©es sur les rĂ©seaux sociaux montraient des scĂšnes de totale anarchie, comme ces centaines de personnes courant prĂšs d'un avion de transport militaire amĂ©ricain qui roulait pour aller se mettre en position de dĂ©collage, pendant que certaines tentaient follement de s'accrocher Ă  ses flancs ou Ă  ses roues.

Le fulgurant triomphe des insurgés a déclenché des scÚnes de panique monstre. Une marée humaine s'est précipitée vers ce qui est la seule porte de sortie de l'Afghanistan, pour tenter d'échapper au nouveau régime que le mouvement islamiste, de retour au pouvoir aprÚs 20 ans de guerre, promet de mettre en place.

- Les forces spéciales à Kaboul -

Avec ce premier vol, "nous avons posĂ© les bases d'un pont aĂ©rien entre Kaboul et les Émirats arabes unis", oĂč la France dispose d'une base militaire, la Base aĂ©rienne 104 d'Al Dhafra, a prĂ©cisĂ© mardi Mme Parly.

Un premier appareil, un A400 M de transport militaire, parti de France lundi pour les Émirats, a amenĂ© des forces spĂ©ciales Ă  Kaboul pour participer aux opĂ©rations d'Ă©vacuation de plusieurs dizaines de Français ainsi que de certains Afghans. "Nous voyons arriver dĂšs maintenant un dĂ©tachement des forces spĂ©ciales françaises qui vont contribuer Ă  la sĂ©curisation de l'aĂ©roport (...) et permettre les embarquements et les Ă©vacuations des ressortissants français, des ressortissants communautaires et des personnalitĂ©s afghanes que nous projetons de mettre en sĂ©curitĂ© dans les jours qui viennent", a dĂ©clarĂ© Ă  Kaboul Ă  l'AFP David Martinon, ambassadeur de France, avant le dĂ©part de l'appareil.

Ce premier vol embarquait aussi "les Gurkhas de l'ambassade de France, qui sont ces soldats d'élite indiens et népalais, qui rentrent chez eux leur mission achevée", a-t-il précisé.

Les autoritĂ©s refusent d'indiquer Ă  ce stade combien de personnes au total la France va exfiltrer dans le cadre de cette opĂ©ration baptisĂ©e Apagan. Elle mobilise deux avions de l'ArmĂ©e de l'air sur le tronçon Émirats-Kaboul et deux autres pour les vols entre les Émirats et la France.

"L'urgence absolue est de mettre en sécurité nos compatriotes, qui doivent tous quitter le pays, ainsi que les Afghans qui ont travaillé pour la France", a déclaré lundi soir le président Emmanuel Macron.

Mme Parly a aussi Ă©voquĂ© les difficultĂ©s que rencontrent certains Afghans voulant ĂȘtre Ă©vacuĂ©s par la France pour se rendre Ă  l'aĂ©roport en raison des barrages installĂ©s par les talibans.

AFP

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