Royaume-Uni

Audition délicate pour Boris Johnson au Parlement sur fond de scandale de lobbying

  • PubliĂ© le 17 novembre 2021 Ă  08:55
  • ActualisĂ© le 17 novembre 2021 Ă  09:07
Le Premier ministre britannique Boris Johnson, Ă  Londres le 16 novembre 2021

EmpĂȘtrĂ© depuis deux semaines dans un scandale de lobbying qui a nourri des accusations de corruption contre son camp, le Premier ministre britannique Boris Johnson s'apprĂȘte Ă  passer mercredi sous les fourches caudines du Parlement.

Le chef du gouvernement conservateur doit répondre dans l'aprÚs-midi aux questions des chefs des principales commissions parlementaires, lors d'un rendez-vous régulier --trois fois par an-- qui s'annonce particuliÚrement délicat.

Egalement au menu des questions auxquelles Boris Johnson sera soumis, la COP26, la lutte contre la violence envers les femmes aprĂšs plusieurs affaires retentissantes au Royaume-Uni, et le budget.

Boris Johnson, affaibli dans les sondages, a proposĂ© Ă  la veille de cette audition de rĂ©former le code de conduite parlementaire pour interdire aux dĂ©putĂ©s d'ĂȘtre payĂ©s comme consultants ou lobbyistes.

EspĂ©rant couper l'herbe sous le pied de l'opposition, le Premier ministre a publiĂ© sa proposition sur Twitter au moment mĂȘme oĂč le chef du parti travailliste Keir Starmer s'exprimait sur le sujet, mettant Boris Johnson au dĂ©fi d'ordonner une "enquĂȘte indĂ©pendante" s'il veut vĂ©ritablement "dĂ©raciner la corruption".

Boris Johnson a appelé à un soutien transpartisan pour sa proposition de réforme, à la veille d'un vote à la Chambre des Communes à l'initiative du parti travailliste visant aussi à interdire les postes rémunérés d'administrateurs et les rÎles de consultants.

- Démission -

En venant le 3 novembre Ă  la rescousse d'un dĂ©putĂ© de son parti conservateur menacĂ© de sanctions pour ses activitĂ©s de lobbying, Boris Johnson a dĂ©clenchĂ© une tempĂȘte politique.

A l'origine de cette affaire, une enquĂȘte parlementaire concluant que l'Ă©lu conservateur Owen Paterson avait fait pression Ă  plusieurs reprises auprĂšs de membres du gouvernement pour dĂ©fendre deux entreprises pour lesquelles il agissait en tant que consultant rĂ©munĂ©rĂ©.

Estimant qu'il s'agissait d'une violation "flagrante" des rÚgles encadrant le lobbying, la commission avait recommandé sa suspension pendant trente jours.

Owen Paterson a finalement dĂ©missionnĂ© de son mandat de dĂ©putĂ©. Boris Johnson est lui-mĂȘme confrontĂ© Ă  des questions concernant de luxueuses vacances Ă  l'Ă©tranger ou la rĂ©novation coĂ»teuse de son appartement de fonction.

Une semaine aprÚs le début de l'affaire, il s'est trouvé contraint de s'expliquer sur le sujet lors d'une conférence de presse à la COP26 sur le climat à Glasgow (Ecosse), au point d'avoir à déclarer que le Royaume-Uni n'était "pas un pays corrompu".
De son cÎté, la presse a épluché les activités des députés et multiplié les révélations.

Ainsi, Geoffrey Cox, ancien attorney general, chargé de conseiller juridiquement le gouvernement, s'est trouvé mis en cause pour ses lucratives activités de conseil dans un paradis fiscal, les Iles vierges britanniques.

Selon le journal à grand tirage Daily Mail, il a travaillé prÚs d'un mois à 6.000 kilomÚtres de sa circonscription et votant à distance au Parlement. Lui s'est défendu d'avoir enfreint les rÚgles. Le quotidien The Guardian a affirmé que ces activités lui avaient rapporté plus de 6 millions de livres (7 millions d'euros) depuis son élection en 2005.

AFP

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