Ils risquent une peine de 15 ans de prison

Australie : un couple inculpĂ© pour tentative d'espionnage pour la Russie

  • PubliĂ© le 12 juillet 2024 Ă  10:54
  • ActualisĂ© le 12 juillet 2024 Ă  11:47
Reece Kershaw (d), commissaire de la police fédérale australienne, et Mike Burgess, directeur général des services de renseignements australiens, lors d'une conférence de presse, le 12 juillet 2024 à Canberra

La police australienne a annoncé vendredi avoir inculpé un couple pour tentative d'espionnage, les soupçonnant d'avoir tenté de divulguer des informations sensibles à Moscou.

La femme de 40 ans et son mari de 62 ans, tous deux de nationalité australienne et détenteurs de passeports russes, sont inculpés pour "préparation d'un délit d'espionnage", a déclaré Reece Kershaw, plus haut responsable de la police fédérale, lors d'une conférence de presse.

En Australie, des procureurs de police peuvent inculper des suspects. Ce chef d'inculpation prévoit une peine maximale de 15 ans de prison.

Le couple, qui a vĂ©cu en Australie plus de 10 ans, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© jeudi Ă  son domicile de Brisbane (est).

Les deux suspects ont comparu sĂ©parĂ©ment et briĂšvement vendredi devant un tribunal de la ville, selon des mĂ©dias locaux. Tous deux ont Ă©tĂ© placĂ©s en dĂ©tention dans l'attente d'une audience le 20 septembre, selon la mĂȘme source.

Contactée par l'AFP, l'ambassade de Russie à Canberra n'a pas encore répondu.

La femme, militaire de l'armée australienne, travaillait depuis plusieurs années en tant que "technicienne des systÚmes d'information" dans les forces armées australiennes, a précisé le commissaire de la police fédérale.

Elle a effectué des voyages "non déclarés" en Russie lors d'un congé de longue durée.

Pendant un séjour en Russie, elle aurait expliqué à son mari, un travailleur indépendant, comment se connecter à son compte officiel depuis leur domicile.

"Nous affirmons que son mari aurait accédé aux documents demandés et les aurait envoyé à sa femme en Russie", a indiqué M. Kershaw.

- Membre des "Five Eyes" -

"Nous affirmons qu'ils ont recherchĂ© ces informations avec l'intention de les fournir aux autoritĂ©s russes". "La question de savoir si ces informations ont Ă©tĂ© transmises reste un Ă©lĂ©ment-clĂ© de notre enquĂȘte", a-t-il soulignĂ©.

M. Kershaw a assurĂ© qu'aucune divulgation d'informations importantes n'avait Ă©tĂ© identifiĂ©e pour l'instant, mĂȘme si la police a prĂ©cisĂ© que les documents Ă©taient liĂ©s Ă  la sĂ©curitĂ© nationale.

L'Australie est membre des "Five Eyes", une alliance de services de renseignement avec les États-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada et la Nouvelle-ZĂ©lande, qui partagent des informations sensibles.

Le responsable a indiqué que la femme avait obtenu la nationalité australienne en 2016 et que son mari l'avait obtenue en 2020.

Le Premier ministre Anthony Albanese a indiquĂ© qu'il avait Ă©tĂ© informĂ© de l'affaire de façon dĂ©taillĂ©e. "Les agences de sĂ©curitĂ© australiennes font leur travail et le font bien. Ceux qui interfĂšrent avec nos intĂ©rĂȘts nationaux devront rendre des comptes", a-t-il dĂ©clarĂ©.

- Message aux agents russes -

Mike Burgess, plus haut responsable des services de renseignements australiens, a relevé que les contrÎles de sécurité effectués à l'embauche des forces de sécurité ne représentaient pas une garantie totale contre l'espionnage.

"Tout dĂ©pend de ce que vous dites". "Si vous remplissez les conditions requises pour obtenir une habilitation de sĂ©curitĂ©, vous l'obtiendrez. Mais cela ne signifie pas que le parcours de sĂ©curitĂ© s'arrĂȘte Ă  ce stade", a-t-il dĂ©clarĂ© aux journalistes.

M. Burgess, directeur général de l'agence australienne de renseignements (ASIO), a souligné que les autorités avaient été en mesure "d'intervenir et de contrÎler cette opération".

"Cette affaire reflÚte et démontre une culture de sécurité efficace, et non une culture déficiente", a-t-il affirmé.

Il a lancé un appel aux espions russes pour qu'ils se déclarent aux autorités australiennes.

Il a rappelé la défection en 1954 des espions soviétiques Vladimir et Evdokia Petrov vers l'Australie, qui a permis de révéler des dispositifs du renseignement russe au niveau international.

"Je souhaite m'adresser directement aux agents des services de renseignement russes". "Cette année marque le 70e anniversaire de la défection de Petrov. "Si vous souhaitez partager vos secrets, n'hésitez pas à me contacter. L'ASIO est toujours à l'écoute".

Selon M. Burgess, l'Australie est confrontée à une menace d'espionnage importante de la part de nombreux pays.

"Les services de renseignement Ă©trangers sont compĂ©tents, dĂ©terminĂ©s et patients. Ils jouent un jeu Ă  long terme. Le problĂšme pour eux, c'est que l'ASIO fait de mĂȘme", a mis en garde M. Burgess.

"Si vous vous livrez à de l'espionnage dans ce pays, nous vous détecterons et nous nous occuperons de vous". "Lorsque nous pouvons engager des poursuites, nous le faisons", a-t-il averti.

AFP

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