Le gouvernement intĂ©rimaire du Bangladesh, dirigĂ© par le Nobel de la Paix Muhammad Yunus, s'est engagĂ© dimanche Ă mettre fin aux attaques contre des minoritĂ©s religieuses, tandis qu'un nouveau prĂ©sident de la Cour suprĂȘme a prĂȘtĂ© serment dans la foulĂ©e de la chute de la PremiĂšre ministre Sheikh Hasina.
AprÚs la fuite lundi de cette derniÚre à l'étranger, qui a mis fin à 15 ans d'un rÚgne autocratique, de nombreuses informations ont fait état de violences contre des foyers, des temples et des entreprises de la communauté hindoue. Cette minorité religieuse, la plus importante dans ce pays d'Asie du Sud de 170 millions d'habitants en majorité musulmans, est en effet considérée comme apportant un appui indéfectible à la Ligue Awami, le parti de Mme Hasina.
"Les attaques contre des minorités religieuses en certains endroits ont été constatées avec une vive inquiétude", a affirmé dans son premier communiqué officiel le gouvernement intérimaire formé jeudi et chargé de piloter les réformes démocratiques au Bangladesh.
- Nombreuses priorités -
Il a ajouté que ses membres, qui ont chacun le titre de "conseiller", se réuniraient pour "trouver des moyens de mettre un terme à ces attaques odieuses".
Le texte diffusé dimanche énumÚre de nombreuses autres priorités urgentes.
Le gouvernement a ainsi ordonné d'accorder un "soutien" aux familles des manifestants tués au cours des semaines d'actions de protestation qui ont abouti au départ de la PremiÚre ministre.
De plus, des fonds publics devront ĂȘtre consacrĂ©s au paiement des soins des personnes blessĂ©es au cours des troubles qui ont commencĂ© dĂ©but juillet et ont fait plus de 450 morts.
Le gouvernement a en outre promis qu'il ferait rouvrir le métro de la capitale Dacca d'ici la fin de la semaine.
- Purge dans les institutions -
Il a par ailleurs annoncé qu'il nommerait bientÎt un nouveau gouverneur de la banque centrale, en remplacement de celui loyal à Mme Hasina.
Plus tĂŽt dans la journĂ©e, un nouveau prĂ©sident de la Cour suprĂȘme, Syed Refaat Ahmed, a quant Ă lui prĂȘtĂ© serment au lendemain de la dĂ©mission de son prĂ©dĂ©cesseur, un autre alliĂ© de la cheffe du gouvernement dĂ©chue.
Celui-ci, Obaidul Hassan, avait quitté samedi ses fonctions, estimant qu'il ne lui était "plus possible" de les exercer, aprÚs un ultimatum de manifestants dont certains s'étaient rassemblés devant le bùtiment abritant de cette juridiction.
Le chef de la police a aussi été évincé.
- "La loi de la foule" -
Jeudi, l'économiste Muhammad Yunus, 84 ans, avait succédé à Sheikh Hasina, 76 ans, qui s'était enfuie en hélicoptÚre pour se rendre en Inde.
Les manifestations au Bangladesh avaient été déclenchées par la réintroduction d'un régime réservant prÚs d'un tiers des emplois dans la fonction publique aux descendants d'anciens combattants de la guerre d'indépendance.
L'ancien pouvoir avait été accusé par les organisations de défense des droits humains de mettre à son service les institutions pour asseoir son emprise et éradiquer toute dissidence.
Le fils de Mme Hasina a pour sa part mis en garde contre un possible "chaos" si des élections n'étaient pas rapidement organisées, dans un entretien avec l'AFP.
"En ce moment au Bangladesh, c'est la loi de la foule", a dit de Washington, oĂč il vit, Sajeeb Wazed Joy, 53 ans, ancien conseiller de sa mĂšre, jugeant le gouvernement intĂ©rimaire "sans aucun pouvoir".
AFP



