Tensions

Biden demande aux Américains de quitter l'Ukraine "maintenant" face aux risques de guerre

  • PubliĂ© le 11 fĂ©vrier 2022 Ă  05:30
  • ActualisĂ© le 11 fĂ©vrier 2022 Ă  06:28
Un blindé américain est chargé sur un camion en vue de son déploiement en Roumanie, le 9 février 2022 sur la base américaine de Vilseck, en Allemagne

Le président américain Joe Biden a appelé jeudi les citoyens américains à quitter l'Ukraine "maintenant" en raison du risque accru d'une invasion russe, en avertissant que la situation pouvait "vite s'emballer"malgré les efforts diplomatiques des derniÚres semaines.

"Les choses pourraient vite s'emballer", a mis en garde le prĂ©sident amĂ©ricain dans une interview Ă  la chaĂźne NBC. Il a rĂ©pĂ©tĂ© qu'il n'enverrait pas de soldats sur le terrain en Ukraine, mĂȘme pour Ă©vacuer des AmĂ©ricains dans l'hypothĂšse d'une invasion russe, car cela pourrait dĂ©clencher "une guerre mondiale".

"Quand les Américains et les Russes commencent à se tirer dessus, nous sommes dans un monde trÚs différent", a-t-il affirmé. "Les citoyens américains devraient partir, ils devraient partir maintenant. Nous avons affaire à l'une des plus grandes armées du monde", a plaidé le président en référence à l'armée russe.

Le Kremlin est accusé de préparer une nouvelle opération militaire contre l'Ukraine, aprÚs l'annexion de la Crimée en 2014. Des accusations rejetées par la Russie qui affirme vouloir juste assurer sa sécurité face à l'hostilité de Kiev et de l'Otan.

Quelques heures avant les déclarations de Joe Biden, l'ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, a enjoint la Chine "d'encourager les Russes" à faire les bons choix dans la crise ukrainienne.

"Les Chinois ont exprimĂ© une forte prĂ©occupation au Conseil de sĂ©curitĂ© (le 31 janvier) pour la protection de l'intĂ©gritĂ© des frontiĂšres et de la souverainetĂ© des États. C'est exactement ce que font les Russes – ils menacent l'intĂ©gritĂ© d'une frontiĂšre", a assĂ©nĂ© la diplomate. "Il serait donc extrĂȘmement important que la Chine transmette ce message" et "j'encourage mon homologue chinois Ă  New York Ă  le relayer", a-t-elle prĂ©cisĂ©. Sur Twitter, son homologue chinois Zhang Jun a immĂ©diatement rĂ©agi: "ArrĂȘtez d'attiser la tension".

- Bombardiers stratégiques -

Des bombardiers stratégiques américains B-52 sont arrivés jeudi au Royaume-Uni pour participer à un exercice, "prévu de longue date" avec les alliés de l'Otan, assure l'US Air Force.

L'US Navy a indiqué jeudi que quatre destroyers américains avaient quitté les Etats-Unis le mois dernier pour participer à un exercice naval dans la zone de la SixiÚme Flotte, qui couvre notamment la Méditerranée.

"Ils vont participer Ă  une sĂ©rie d'activitĂ©s navales avec la SixiĂšme Flotte et nos alliĂ©s de l'Otan", assure l'armĂ©e amĂ©ricaine. Ces annonces interviennent au moment oĂč, en plus des quelque 100.000 hommes massĂ©s Ă  la frontiĂšre ukrainienne, les armĂ©es russe et bĂ©larusse mĂšnent de grandes manoeuvres au BĂ©larus, ex-rĂ©publique soviĂ©tique frontaliĂšre de l'Ukraine, qui est elle restĂ©e un alliĂ© de Moscou.

Le nombre des soldats et des équipements participant à ces exercices n'a pas été officiellement fourni, mais les Occidentaux affirment que 30.000 militaires russes ont été déployés au Bélarus dans ce cadre.

La Russie a en outre annoncé jeudi l'arrivée en Crimée de six navires de guerre en vue de prochaines manoeuvres en mer Noire, qui borde le sud de l'Ukraine.

Le déploiement de ces soldats a été immédiatement qualifié par la présidence ukrainienne de moyen de "pression psychologique" employée par Moscou.

Sur fond de guerre des nerfs et d'intensification des efforts diplomatiques ces derniÚres semaines, le chancelier allemand Olaf Scholz a de son cÎté averti la Russie qu'elle ne devait pas sous-estimer "l'unité" et "la détermination" des Européens.

Affirmant vouloir Ă©viter que ne se produisent des "incidents malencontreux" au moment oĂč commençaient ces exercices militaires, le chef d'Ă©tat-major amĂ©ricain, le gĂ©nĂ©ral Mark Milley, a eu un entretien tĂ©lĂ©phonique avec son homologue bĂ©larusse, le gĂ©nĂ©ral Viktor Goulevitch.

L'annexion de la Crimée par la Russie avait été suivie par le déclenchement d'un conflit dans l'est de l'Ukraine entre les forces de Kiev et des séparatistes soutenus par Moscou, une guerre qui a fait plus de 14.000 morts en huit ans, selon un dernier bilan de l'ONU.

AFP

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