Craintes politiques

Biden en visite historique en Amazonie, un symbole pour le climat avant le retour de Trump

  • PubliĂ© le 17 novembre 2024 Ă  07:29
  • ActualisĂ© le 17 novembre 2024 Ă  07:56
Le président américain Joe Biden arrive au centre des congrÚs de Lima, le 16 novembre 2024

Joe Biden va devenir dimanche le premier président américain en exercice à se rendre en Amazonie, une visite historique assombrie par les craintes pour la politique environnementale des Etats-Unis que crée le retour prochain de Donald Trump à la Maison blanche.

Biden se rend dans la ville de Manaus, au BrĂ©sil, au coeur de la plus grande forĂȘt tropicale de la planĂšte, dans le cadre d'une tournĂ©e en AmĂ©rique du Sud - probablement le dernier grand voyage Ă  l'Ă©tranger de son mandat.

Le prĂ©sident de 81 ans doit survoler la forĂȘt et visiter un musĂ©e avant de parler aux mĂ©dias, a indiquĂ© la Maison Blanche. Il rencontrera Ă©galement des indigĂšnes et des responsables locaux qui travaillent Ă  protĂ©ger l'Amazonie.

Cette étape, entre un sommet Asie-Pacifique à Lima et une réunion des dirigeants du G20 à Rio de Janeiro, souligne l'engagement du démocrate "à lutter contre le changement climatique, dans son pays et à l'étranger", a expliqué le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan.

"C'est, à l'évidence, l'une des causes qui définissent la présidence du président Biden", a insisté M. Sullivan lors d'un briefing mercredi. "Ce sera la premiÚre visite d'un président américain en exercice en Amazonie."

La visite est d'autant plus symbolique que le monde se prépare au retour au pouvoir le 20 janvier de Donald Trump, qui suscite des inquiétudes quant aux engagements pour le climat des Etats-Unis, deuxiÚme émetteur mondial de gaz à effet de serre aprÚs la Chine.

Trump a retirĂ© les Etats-Unis de l'Accord de Paris sur le climat lors de son premier mandat, et a averti vouloir faire de mĂȘme lors du second.

- Incendies et déforestation -

La forĂȘt amazonienne, qui s'Ă©tend Ă  travers neuf pays, joue un rĂŽle crucial dans la lutte contre le changement climatique grĂące Ă  sa capacitĂ© d'absorption du dioxyde de carbone, un gaz Ă  effet de serre. C'est aussi l'une des zones les plus vulnĂ©rables au changement climatique et Ă  la dĂ©gradation de l'environnement.

L'Amazonie est d'ordinaire l'une des régions les plus humides au monde. Mais avec la grave sécheresse qui frappe toute l'Amérique du Sud, elle a été ravagée cette année par ses pires incendies depuis deux décennies, d'aprÚs l'observatoire européen Copernicus.

La déforestation lui a par ailleurs fait perdre en quatre décennies une superficie équivalant à peu prÚs à celle combinée de l'Allemagne et de la France, évaluait une étude récente du Réseau amazonien d'information socio-environnementale et géographique (RAISG), un collectif de chercheurs et d'ONG.

M. Biden rencontrera la semaine prochaine Ă  Rio le prĂ©sident brĂ©silien Luiz Inacio Lula da Silva, qui a fait de la protection de la forĂȘt l'une de ses prioritĂ©s et s'est notamment engagĂ© Ă  rĂ©duire Ă  zĂ©ro la dĂ©forestation illĂ©gale de l'Amazonie au BrĂ©sil d'ici 2030.

Une rencontre bilatérale doit se tenir en marge du sommet des dirigeants du G20 organisé lundi et mardi dans la ville brésilienne, sur lequel planera l'ombre de Donald Trump.

Beaucoup d'experts ont prévenu que le deuxiÚme mandat de Trump risquait de freiner la transition vers les énergies renouvelables engagée par l'administration Biden et de miner les espoirs d'atteindre de cruciaux objectifs climatiques de long terme.

Pendant sa campagne, le républicain a promis de "forer à tout va" et d'augmenter l'extraction d'énergies fossiles. Il a également mis ouvertement en doute la réalité du changement climatique.

Un retrait des Etats-Unis des négociations climatiques pourrait miner les efforts mondiaux pour réduire la dépendance aux énergies fossiles, en donnant à de gros pollueurs comme la Chine et l'Inde une excuse pour revoir leurs propres ambitions à la baisse.

AFP

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