Le Pakistan a mené de nouveaux bombardements sur Kaboul et d'autres régions d'Afghanistan qui ont fait quatre morts dans la capitale afghane, ont annoncé les autorités talibanes vendredi, Islamabad confirmant des frappes nocturnes.
"Le régime militaire pakistanais a bombardé une nouvelle fois Kaboul, Kandahar (ville du sud)" et d'autres régions frontalières, "détruisant des maisons civiles par endroits", a écrit sur X le porte-parole du gouvernement, Zabihullah Mujahid.
Sous couvert d'anonymat, une source de sécurité pakistanaise a confirmé à l'AFP des frappes nocturnes, y compris sur Kaboul, affirmant qu'elles visaient "des cibles du TTP", le mouvement des talibans pakistanais, qu'Islamabad accuse d'attaques meurtrières au Pakistan.
A Kaboul, quatre personnes ont été tuées et quinze blessées "par un bombardement du régime pakistanais" qui a touché des "maisons civiles" dans l'est de la ville, dans la zone de Guzar (21e district), a précisé le porte-parole de la police de la capitale afghane Khalid Zadran sur X.
Une équipe de l'AFP a vu une maison complètement détruite et une dizaine d'autres très endommagées par le bombardement avec toits et murs effondrés. Des résidents choqués étaient dans les rues, certains avec des pansements sur leur visage.
"Deux hommes et deux femmes sont morts en martyrs", a déclaré à l'AFP Abdul Rahim Tarakhil, le représentant de ce district de la capitale.
"Il n'y a pas de poste militaire ici, il n'y a que des gens ordinaires pauvres qui ne sont pas impliqués dans la politique", a-t-il affirmé.
- "Dernier souffle" -
Abdul Wahid, 29 ans, a été blessé dans une des maisons touchées. "Il était environ minuit dix, je suis allé faire mes ablutions quand un bruit est venu d'une autre maison, je ne sais pas ce qui s'est passé ensuite, mais toutes les briques sont tombées sur moi, les femmes et les enfants", raconte-t-il à l'AFP.
"Je suis resté comme ça dix minutes, comme si c'était mon dernier souffle, puis mes voisins sont venus et ont enlevé les briques (...) et nous ont emmenés à l'hôpital", ajoute-t-il. Quatre personnes de sa famille ont été blessées.
Il plaide pour que le conflit entre l'Afghanistan et le Pakistan soit résolu par le dialogue alors que l'Aïd-el-Fitr, fête de fin du ramadan approche.
A Kandahar, une ville du sud où réside, reclus, le chef suprême des talibans afghans, Hibatullah Akhundzada, les frappes pakistanaises ont touché le dépôt pétrolier de la compagnie aérienne Kam Air, près de l'aéroport, selon le gouvernement afghan. Un correspondant de l'AFP a vu un gros panache de fumée noire s'élever dans le ciel.
- Multiplication des affrontements -
Dans la province de Nangarhar, dans l'est de l'Afghanistan, des avions pakistanais ont aussi survolé le territoire mais la défense antiaérienne afghane a riposté, selon un porte-parole local de l'armée. Des résidents ont fait état de tirs des deux côtés près du poste-frontière de Torkham (est), selon un correspondant de l'AFP.
Depuis des mois, Islamabad accuse l'Afghanistan d'accueillir des militants du TTP qui ont revendiqué de nombreuses attaques meurtrières au Pakistan, ce que les autorités afghanes démentent.
En octobre 2025, les combats entre les deux pays avaient fait des dizaines de morts, y compris lors de frappes pakistanaises sur Kaboul, et abouti à la fermeture quasi totale de la frontière terrestre. Après diverses médiations, les affrontements avaient diminué sans totalement cesser.
Mais le conflit s'est de nouveau aggravé le 26 février, quand l'Afghanistan a lancé une offensive frontalière en réponse à des frappes aériennes pakistanaises. Le Pakistan a alors déclaré la "guerre ouverte", bombardant Kaboul le 27 février.
Entre mardi et jeudi, sept personnes, dont des femmes et enfants ont été tuées dans l'est de l'Afghanistan par des tirs d'artillerie du Pakistan, selon les autorités afghanes et des sources médicales.
Le centre de transit de l'Organisation internationale des migrations (OIM) qui accueille les afghans renvoyés en masse du Pakistan a été "significativement endommagé au point frontière de Torkham en Afghanistan", a déploré jeudi l'organisation.
"Le Pakistan a mené des opérations ciblées en s'assurant par principe qu'aucun civil ne soit blessé", a soutenu jeudi le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères, Tahir Hussain Andrabi.
Selon un bilan de l'ONU arrêté au 5 mars, 56 civils afghans, dont 24 enfants, ont été tués depuis l'intensification des affrontements le 26 février, et au moins 115.000 personnes ont été déplacées en Afghanistan.
 AFP



Pas de commentaires des "gauchos" bien pensants? C'est vraiment très surprenant? Ben non, c'est un humanisme sélectif. Et oui après tout ,on s'en fout complètement.