Football

Bordeaux: Henry, un non qui en dit long

  • PubliĂ© le 28 aoĂ»t 2018 Ă  14:01
  • ActualisĂ© le 28 aoĂ»t 2018 Ă  14:27
Thierry Henry, alors entraßneur adjoint de la Belgique lors du Mondial russe, le 10 juillet 2018 à Saint-Pétersbourg

La fin des négociations entre Bordeaux et Thierry Henry, confirmée mardi par le président girondin Stéphane Martin, pose désormais la question du projet porté par le fonds d'investissements américain GACP, appelé à devenir propriétaire fin septembre.

DÚs dimanche, il y avait eu des fuites sur ce mariage annoncé tournant vinaigre. C'est Paris Match, peu réputé pour sa couverture de l'information sportive, qui a dégainé le premier avant que Canal+, avec ses consultants pour certains proches de l'ancien +Gunner+, n'embraye.

Lundi soir, Sky Sports, dont l'ancien "Gunner" a été consultant pendant quatre ans, a abondé, avant que le président des Girondins, Stéphane Martin, ne corrobore mardi matin auprÚs de l'AFP: "Oui, nous confirmons la fin des négociations". C'est la fin d'un suspense qui s'était déjà dilué, mais pas des interrogations, nombreuses. Dans les jours ou semaines à venir, on en saura davantage sur les vraies raisons ou motivations qui ont poussé Henry à décliner le poste, un homme certes dépourvu d'expérience mais ambitieux, avec des exigences élevées aux niveaux financier, logistique (pour sa famille notamment) et sportif (il voulait 3 joueurs d'ici la fin du mercato).

Celles qui ont poussé GACP à ne pas s'entendre avec l'idole d'Arsenal, et par ricochet, faire des Girondins les victimes d'une farce médiatico-sportive dont le Chùteau du Haillan se serait bien passée.

A un mois de la vente aux Américains, estimée entre 70 et 100 millions d'euros et qui ne sera effective qu'aprÚs un vote du conseil de Bordeaux Métropole concernant le loyer du stade (3,85 millions d'euros par an jusqu'en 2041), acter l'arrivée de ce champion du monde aurait été un signal fort envoyé au monde du football français et permis à M6, l'actionnaire majoritaire depuis 20 ans, de réussir sa sortie.

- Guerre des ego -

Mieux, tel un baromÚtre, il aurait fiabilisé le projet de GACP dont on ne sait finalement pas grand-chose hormis qu'il "veut injecter 80 millions d'euros en trois ans" dixit M6, à l'aval obligatoire pour la désignation du successeur de l'Uruguayen Gustavo Poyet, détonateur de ce chaos aprÚs sa sortie corrosive contre sa direction le soir du match européen contre Mariupol.

Dans ce feuilleton digne de l'arrivĂ©e avortĂ©e de ZinĂ©dine Zidane dans ces mĂȘmes lieux il y a quatre ans, la premiĂšre vĂ©ritable surprise est venue de l'intĂ©rĂȘt portĂ© par Henry au projet girondin.

Les modalitĂ©s d'un rapprochement Ă©tant entendues dĂšs mardi entre Henry et M6, il fallait attendre la validation des repreneurs amĂ©ricains que le meilleur buteur de l'histoire des Bleus a rencontrĂ©s vendredi dernier Ă  New York. D'un projet prĂ©sentĂ© Ă  un autre dĂ©voilĂ©, les versions diffĂšrent sur ces 72 heures de discussions pas vraiment claires oĂč une guerre des ego s'est fait jour, avec l'apparition d'intermĂ©diaires, de jeu d'agents, de rĂ©seaux et de commissions, selon plusieurs sources.

- Plan B, entraßneur par défaut -

Henry a dit stop, tout comme GACP, peu enclin Ă  confier son futur bĂ©bĂ© Ă  un dĂ©butant Ă  Ă  forte personnalitĂ© qu'il n'a surtout pas choisi. De lĂ  Ă  remettre aussi en cause le processus de vente du club ? Rien ne peut ĂȘtre exclu dĂ©sormais.

Quoi qu'il advienne, Bordeaux, qui joue son avenir européen jeudi contre La Gantoise, avec une victoire impérative pour atteindre la phase de groupes de l'Europe League (une qualification aux tirs au but peut également suffire aprÚs le 0-0 de l'aller), se voit contraint d'enclencher son plan B, qui sera un choix par défaut.

Avec deux options possibles: soit il trouve rapidement cet entraĂźneur idoine, qui convient aussi aux AmĂ©ricains, soit il prĂ©fĂšre gagner du temps en profitant de la trĂȘve internationale prĂ©vue en fin de semaine pour creuser le maximum de pistes.

Dans ce cas, l'intĂ©rim d'Éric Bedouet se poursuivrait jeudi contre La Gantoise et dimanche Ă  Rennes en L1. Autre possibilitĂ© devant ce flou artistique, GACP peut trĂšs bien dĂ©cider de placer son propre technicien.

Depuis dimanche soir, trois techniciens chevronnés ont été approchés d'aprÚs la presse spécialisée: le Brésilien Ricardo, ancien de la maison (2005-2007), l'Italien Claudio Ranieri, ancien de la L1 (Monaco puis Nantes) et son compatriote Antonio Conte, aux émoluments a priori hors de portée.
Lundi, des pistes plus françaises menant à Hervé Renard et Vahid Halilhodzic - le Bosnien possÚde la double nationalité - circulaient également. Pas de quoi faire grimper au rideau les supporteurs girondins soucieux et surtout inquiets pour l'avenir de leur club.

AFP

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