Des discussions marathon reprennent mercredi matin à Bruxelles pour tenter de trouver un accord avec Londres sur le Brexit que les négociateurs ont jugé "possible" avant le sommet européen de jeudi.
AprĂšs une longue sĂ©quence de nĂ©gociations jusqu'Ă minuit mardi, les pourparlers reprennent ce matin, ont indiquĂ© des sources europĂ©ennes. "Si cela dure, c'est plutĂŽt positif", a estimĂ© le ministre français des Affaires Ă©trangĂšres Jean-Yves le Drian. "Peut-ĂȘtre qu'on peut sortir de l'impasse, ce serait souhaitable".
CĂŽtĂ© Bruxelles, le ton Ă©tait trĂšs prudent sur les chances d'aboutir, les Britanniques Ă©tant plus positifs, comme depuis le dĂ©but des discussions sur le plan du Premier ministre Boris Johnson pour Ă©viter un "no deal". "Le dĂ©nouement n'est plus attendu aujourd'hui", a dit Ă l'AFP une source europĂ©enne. "Les intentions britanniques ont commencĂ© Ă ĂȘtre traduites dans un texte juridique mais ça patine sur le fond", a confiĂ© un diplomate europĂ©en.
Selon un responsable britannique, "les équipes continuent à faire des progrÚs" et les discussions sont "constructives". Le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, doit faire un point en début d'aprÚs-midi devant les ambassadeurs des 27, à la veille du sommet, théoriquement le dernier avant le divorce programmé le 31 octobre.
Les discussions se concentrent sur deux questions épineuses: la maniÚre d'éviter le retour d'une frontiÚre entre l'Irlande, membre de l'UE, et l'Irlande du Nord, partie du Royaume-Uni, tout en établissant des contrÎles douaniers, et le droit de regard accordé aux autorités nord-irlandaises sur l'accord de divorce dont les Européens ne veulent pas.
Dans la proposition de Londres, l'Irlande du Nord reste dans le territoire douanier du Royaume-Uni tout en appliquant les rÚgles européennes pour les produits destinés à l'UE, selon des sources européennes. Pratiquement rien n'a filtré des négociations. "Johnson a modifié sa proposition originale afin qu'il n'y ait pas de frontiÚre douaniÚre" entre les deux Irlande, avait indiqué mardi une source européenne.
Michel Barnier avait jugé mardi "possible" de parvenir à un accord cette semaine. "Des discussions détaillées sont en cours et un accord est encore trÚs possible", avait renchéri son homologue britannique, le ministre pour le Brexit Steve Barclay.
- Un sommet supplémentaire ? -
Ce vent d'optimisme et des rumeurs d'accord avaient dopé la livre sterling, qui avait accru ses gains dans l'aprÚs-midi de mardi face à l'euro et au dollar, gagnant plus de 1%. "Il semblerait que nous fassions des progrÚs et que les négociations aillent dans la bonne direction. Mais savoir si nous pourrons conclure un accord de retrait révisé (...) à temps pour le sommet jeudi, pour l'instant ce n'est pas clair", avait toutefois nuancé le Premier ministre irlandais Leo Varadkar.
Trois options sont dĂ©sormais sur la table: un accord, pas d'accord ou la poursuite des nĂ©gociations aprĂšs le sommet de jeudi-vendredi. "Si l'accord ne peut ĂȘtre conclu aujourd'hui ou demain avant le sommet, les dirigeants europĂ©ens devront alors dĂ©cider du type de mandat qu'ils veulent donner Ă Michel Barnier", avait rappelĂ© le ministre irlandais des Affaires Ă©trangĂšres, Simon Coveney. La rĂšgle est en effet de ne pas nĂ©gocier pendant un sommet.
L'hypothÚse d'un sommet supplémentaire d'ici le 31 octobre circule d'ores et déjà . Plus de trois ans aprÚs le référendum britannique de juin 2016 et alors qu'il n'y a toujours aucun accord, les milieux économiques redoutent les conséquences d'"un no deal".
Opposé à l'accord conclu par Theresa May qui maintenait le Royaume-Uni dans l'Union douaniÚre de l'UE jusqu'à la conclusion d'une nouvelle relation entre les deux parties, Boris Johnson l'a rejeté une fois arrivé au pouvoir et a présenté un nouveau plan.
Quelle que soit l'issue des discussions, les EuropĂ©ens appellent Ă la vigilance sur la future relation commerciale avec Londres. AprĂšs le Brexit, le Royaume-Uni sera "un nouveau concurrent" Ă la porte de l'UE, a ainsi averti mardi la chanceliĂšre Angela Merkel. MĂȘme prĂ©occupation du cĂŽtĂ© nĂ©erlandais et français, inquiets des risques d'une dĂ©ficience des contrĂŽles des marchandises Ă la frontiĂšre irlandaise.
AFP

