Royaume-Uni

Brexit: reprise de discussions marathon avant le sommet de jeudi

  • PubliĂ© le 16 octobre 2019 Ă  11:29
  • ActualisĂ© le 16 octobre 2019 Ă  13:56
Le négociateur du Brexit pour l'Union Européenne, Michel Barnier, le 15 octobre 2019 à Luxembourg

Des discussions marathon reprennent mercredi matin à Bruxelles pour tenter de trouver un accord avec Londres sur le Brexit que les négociateurs ont jugé "possible" avant le sommet européen de jeudi.

AprĂšs une longue sĂ©quence de nĂ©gociations jusqu'Ă  minuit mardi, les pourparlers reprennent ce matin, ont indiquĂ© des sources europĂ©ennes. "Si cela dure, c'est plutĂŽt positif", a estimĂ© le ministre français des Affaires Ă©trangĂšres Jean-Yves le Drian. "Peut-ĂȘtre qu'on peut sortir de l'impasse, ce serait souhaitable".

CĂŽtĂ© Bruxelles, le ton Ă©tait trĂšs prudent sur les chances d'aboutir, les Britanniques Ă©tant plus positifs, comme depuis le dĂ©but des discussions sur le plan du Premier ministre Boris Johnson pour Ă©viter un "no deal". "Le dĂ©nouement n'est plus attendu aujourd'hui", a dit Ă  l'AFP une source europĂ©enne. "Les intentions britanniques ont commencĂ© Ă  ĂȘtre traduites dans un texte juridique mais ça patine sur le fond", a confiĂ© un diplomate europĂ©en.

Selon un responsable britannique, "les équipes continuent à faire des progrÚs" et les discussions sont "constructives". Le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, doit faire un point en début d'aprÚs-midi devant les ambassadeurs des 27, à la veille du sommet, théoriquement le dernier avant le divorce programmé le 31 octobre.

Les discussions se concentrent sur deux questions épineuses: la maniÚre d'éviter le retour d'une frontiÚre entre l'Irlande, membre de l'UE, et l'Irlande du Nord, partie du Royaume-Uni, tout en établissant des contrÎles douaniers, et le droit de regard accordé aux autorités nord-irlandaises sur l'accord de divorce dont les Européens ne veulent pas.

Dans la proposition de Londres, l'Irlande du Nord reste dans le territoire douanier du Royaume-Uni tout en appliquant les rÚgles européennes pour les produits destinés à l'UE, selon des sources européennes. Pratiquement rien n'a filtré des négociations. "Johnson a modifié sa proposition originale afin qu'il n'y ait pas de frontiÚre douaniÚre" entre les deux Irlande, avait indiqué mardi une source européenne.

Michel Barnier avait jugé mardi "possible" de parvenir à un accord cette semaine. "Des discussions détaillées sont en cours et un accord est encore trÚs possible", avait renchéri son homologue britannique, le ministre pour le Brexit Steve Barclay.

- Un sommet supplémentaire ? -

Ce vent d'optimisme et des rumeurs d'accord avaient dopé la livre sterling, qui avait accru ses gains dans l'aprÚs-midi de mardi face à l'euro et au dollar, gagnant plus de 1%. "Il semblerait que nous fassions des progrÚs et que les négociations aillent dans la bonne direction. Mais savoir si nous pourrons conclure un accord de retrait révisé (...) à temps pour le sommet jeudi, pour l'instant ce n'est pas clair", avait toutefois nuancé le Premier ministre irlandais Leo Varadkar.

Trois options sont dĂ©sormais sur la table: un accord, pas d'accord ou la poursuite des nĂ©gociations aprĂšs le sommet de jeudi-vendredi. "Si l'accord ne peut ĂȘtre conclu aujourd'hui ou demain avant le sommet, les dirigeants europĂ©ens devront alors dĂ©cider du type de mandat qu'ils veulent donner Ă  Michel Barnier", avait rappelĂ© le ministre irlandais des Affaires Ă©trangĂšres, Simon Coveney. La rĂšgle est en effet de ne pas nĂ©gocier pendant un sommet.

L'hypothÚse d'un sommet supplémentaire d'ici le 31 octobre circule d'ores et déjà. Plus de trois ans aprÚs le référendum britannique de juin 2016 et alors qu'il n'y a toujours aucun accord, les milieux économiques redoutent les conséquences d'"un no deal".
Opposé à l'accord conclu par Theresa May qui maintenait le Royaume-Uni dans l'Union douaniÚre de l'UE jusqu'à la conclusion d'une nouvelle relation entre les deux parties, Boris Johnson l'a rejeté une fois arrivé au pouvoir et a présenté un nouveau plan.

Quelle que soit l'issue des discussions, les EuropĂ©ens appellent Ă  la vigilance sur la future relation commerciale avec Londres. AprĂšs le Brexit, le Royaume-Uni sera "un nouveau concurrent" Ă  la porte de l'UE, a ainsi averti mardi la chanceliĂšre Angela Merkel. MĂȘme prĂ©occupation du cĂŽtĂ© nĂ©erlandais et français, inquiets des risques d'une dĂ©ficience des contrĂŽles des marchandises Ă  la frontiĂšre irlandaise.

AFP

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