Mme May ne dispose que d'une courte majorité

Brexit : Trump savonne la planche de Theresa May, qui riposte

  • PubliĂ© le 27 novembre 2018 Ă  18:34
  • ActualisĂ© le 27 novembre 2018 Ă  19:17
La PremiĂšre ministre britannique Theresa May le 27 novembre 2018 Ă  Powys au Pays de Galles

Donald Trump a critiquĂ© lundi l'accord de Brexit comme Ă©tant un obstacle au commerce avec les Etats-Unis, une claque pour la PremiĂšre ministre Theresa May, qui a ripostĂ© dĂšs mardi alors mĂȘme qu'elle s'Ă©chine Ă  convaincre son pays. Le prĂ©sident amĂ©ricain a prĂ©venu que l'accord tel qu'il a Ă©tĂ© conclu dimanche entre le Royaume-Uni et l'UE pourrait nuire aux Ă©changes commerciaux entre Washington et Londres, qui mise beaucoup sur un accord de libre-Ă©change avec son alliĂ© amĂ©ricain. "Cela semble ĂȘtre un trĂšs bon accord pour l'UE", a-t-il confiĂ© lundi Ă  des journalistes depuis la Maison Blanche. "Nous devons sĂ©rieusement regarder si le Royaume-Uni est autorisĂ© ou non Ă  faire du commerce". "Si vous regardez l'accord, ils pourraient ne pas ĂȘtre autorisĂ©s Ă  faire du commerce avec nous et ça ne serait pas une bonne chose", a-t-il insistĂ©.

La PremiĂšre ministre britannique a balayĂ© ces commentaires lors d'une visite au Pays de Galles mardi, premiĂšre Ă©tape d'une tournĂ©e du Royaume-Uni pour faire le service aprĂšs-vente de l'accord, menacĂ© d'ĂȘtre retoquĂ© par des dĂ©putĂ©s trĂšs sceptiques lors d'un vote le 11 dĂ©cembre.
"La déclaration politique" sur la future relation avec l'UE, jointe à l'accord de retrait, "établit clairement que nous aurons une politique commerciale indépendante et que nous pourrons négocier des accords commerciaux avec des pays dans le reste du monde", a-t-elle assuré.

En ce qui concerne les Etats-Unis, un groupe de travail "qui marche trÚs bien" a été mis en place et des discussions sont en cours également avec d'autres pays, asiatiques notamment, selon elle.

- Débat télévisé -

Donald Trump n'en est pas à son coup d'essai : il a déjà plusieurs fois vanté les mérites d'un Brexit dur par le passé et, selon des diplomates, il ne manque pas une occasion, en privé, de pourfendre l'UE, symbole d'un monde multilatéral qu'il dénonce.

Ses propos, qui ont fait baisser la livre mardi, tombent au plus mauvais moment pour Theresa May, engagĂ©e dans une offensive Ă  marche forcĂ©e destinĂ©e Ă  convaincre que l'accord de divorce est le "meilleur possible" pour son pays. Ils compliquent encore plus son travail de persuasion, tant des Brexiters craignant un amarrage illimitĂ© du Royaume-Uni avec l'UE que des europhiles, qui voient peu d'intĂ©rĂȘt Ă  rendre la carte de membre du club europĂ©en.

Le compromis, conclu aprÚs 17 mois de négociations laborieuses, prévoit une période de transition initiale de 21 mois aprÚs le Brexit, au cours de laquelle quasiment rien ne changera entre les deux partenaires. Ensuite, le Royaume-Uni restera dans une union douaniÚre avec l'UE si une nouvelle relation commerciale n'est pas mise en place.

Mme May s'est dite prĂȘte aussi Ă  affronter le leader de l'opposition travailliste lors d'un dĂ©bat tĂ©lĂ©visĂ©, qui pourrait se tenir le 9 dĂ©cembre. "Je suis prĂȘte Ă  dĂ©battre avec Jeremy Corbyn parce que j'ai un plan. Il n'a pas de plan", a-t-elle dit au tabloĂŻd The Sun.
M. Corbyn, pour qui l'accord est un "acte d'automutilation national", est désireux de donner suite à l'invitation, selon un porte-parole du Labour.

- "IntĂ©rĂȘt national" -

Avant sa tournĂ©e, qui doit la mener Ă©galement en Irlande du Nord, Theresa May avait longuement dĂ©fendu le texte lundi devant une chambre des Communes trĂšs remontĂ©e. "Il est important que les dĂ©putĂ©s pensent Ă  l'intĂ©rĂȘt national quand ils voteront", a rĂ©pĂ©tĂ© la dirigeante conservatrice mardi.

Mme May ne dispose que d'une courte majorité d'une dizaine de voix. Or, son allié nord-irlandais, le parti unioniste DUP, s'oppose à l'accord, comme quelque 80 députés conservateurs favorables à un Brexit dur, les travaillistes, les députés écossais indépendantistes et les europhiles du petit parti des Libéraux-démocrates.

Signe de ses difficultés, l'un de ses fidÚles, l'ancien ministre de la Défense Michael Fallon, a dit mardi sur la BBC qu'il voterait contre cet accord "voué à l'échec".
Reflétant les divisions du pays sur le Brexit, plus de 150 jeunes manifestants se sont regroupés dans l'entrée de la chambre des Communes mardi pour réclamer un second référendum sur le Brexit, tandis que le groupe pro-Brexit "Leave Means Leave" a présenté une nouvelle campagne d'affichage dénonçant "le pire accord de l'histoire".

- © 2018 AFP

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